GABRIEL, I). PEPA, D. INES, D. CARMEN
(d. Carmen a sur le bras une ëcliarpe & demi déployée. Les trois femmes t'u'aui ont gravciiieul et sur une seule ligne.)
D. INES.
Seigneur Français, voti'e âme inconstante et rusée A trépasser sur l’heui-e est-elle disposée?
GABRIEL
A vos ordres toujours, ma très-belle!... Ordonnez.
D. PEPA
Les plus affreux tourments...
GABRIEL
Vous me les destinez...
C’est fort bien ! Mais enfin si je voulais, mesdames.
Me défendre?...
(il met I I main à la gaiiU* de sou ' i rc.'
L AMOUll ET SON TRAIN.
VO
D. INES.
Fi donc ! contre de faibles femmes...
Oh ! je n’en ferai rien, et je m’offre au poignard ; Voici mon sein : — frappez !
S’il nous plaît
I>. CARMEN
Nous frapperons plus tard.
D. PEPA
Nous voulons essayer la torture.
GABRIEL
Sans doute! appliquez-moi toute la procédure.
Mais moi, malgré l’usage, en ce dernier moment.
Je chéris mes bourreaux, et même mon tourment. Ordonnez, je suis prêt.
(inet et Pe|ia font ;i^’nc gravement h Gabriel de t’awcoir sur un raiiteiiil à droil>>, qiio Carmen a avaned. Carmen est derrière. Gabriel ne comprend pas, liétite loiiglcinp.s, puis va t'asseoir.)
ü. CARMEN, elle roule l'écbsrpe en bandeau.
Levez un peu la tête !
Là ! vos yeux maintenant.
(Elle lui attache le bandeau sur les yeux, et fait un double nœud. Inet et Pepa s'éloignent do Gabriel. Carmen gagne la gauche et Inet remonte un peu & droite.)
GABRIEL , les yeux bandés.
Très-bien ! la chose est faite !
Je ne vois plus du tout; mais ces longs plis soyeux.
Qui me pressent le front et me ferment les yeux.
Un soir, Dona Carmen, au Prado, sous les saules. Flottaient, je m’en souviens, sur vos blanches épaules... Vous étiez si charmante... et Dame Cardoval...
D. PEPA
Vous parai belle aussi?
GABRIEL
Senoi'ita, c’est mal.
Vous êtes très- moqueuse.
(Avec Irndrcsvc.)
Kt cependant...