SCÈNE
’ S’unissent pour fêter la joyeuse saison,
* Et tout chante... Comme eux n’ai-je pas ma tlianson?
" Dieu sourit dans le ciel et bénit toutes choses :
* La nuit sereine envoie au sein des fteurs écloses
* Les sylphes pèlerins se poser et dormir...
* Lui, comme il tarde, hélas! — S’il n’allait pas venir?...
* J’ai peur... au moindre bruit mon cœur troublé palpite...
(r.lle r6»e.)
* Je rêvais autrefois, lorsque j’étais petite,
* De mon ange gardien, un enfant comme moi,
’ Qui me baisait la joue, et disait : « Près de toi
* Je veille; dors, ma sœur! » et voilà, chose étrange!
’ Que dans la nuit d'hier j’ai revu mon bon ange...
’ Non pas comme il était, mais plus gi-and... Devant lui
* Je tressaillis d’abord, puis j’eus crainte, et j’ai fui... - ' Le ciel est clair, et l'ombiv-î aux flèches des églises
’’ Semble un voile qui flotte, agité par les brises.
” J’ai froid... au cœur surtout... — Que je voudrais savoir ” S’il m’aime, et s’il aura du plaisir à me voir!...
De projets d’avenir j’ai la tète remplie...
Si je pouvais, du moins, être la plus jolie !
Mais qu’il tarde, mon Dieu!... N'est-il donc pas pressé?
Ou plutôt mon billet l’aura-t-il offensé?...
J’ai trop vite peut-être... Ah ! folles que nous sommes, Nous nous laissons ravir à des semblants!... Les hommes Ne savent pas aimer. — Je l’accuse... et pourquoi?...
C’est moi qui suis méchante ; ami, pardonnez-moi.
(Se le%aot.)
Mais j’y songe, ô malheur! c’est ce soir, et peut-être Tout à l’heure, qu’lnes et Pepa vont paraitie...
Je l’avais oublié. Comment ferai-je, hélas?
(Passant à ganclic.)
Il faudra qu’il s’en aille... oh oui!... — Je ne veux pas Qu’il soit surpris et vu par ces belles rieuses.
Légères, comme au vent leurs écharpes soyeuses... D’ailleurs,j’ai cent raisons... Maison vient... oh! j’ai peur!