D. CARMEN, DAME BARBARA, GABRIEL
DAME UARBARA.
D(tna Carmen, voici notre honoré seigneur...
IG
i;\MOL'l{ KT SON TUA!N.
GABRIEL
Giihi iel lie l.incuil, pour vous servir, incsdamcs.
(a pan.)
Qu’elle est charmante!... un ange égaré chez les femmes!
(lljut A Carmen.)
Vous avez eu pitié, n’est-ce pas, senora?
D. CARMEN
Non ; mais j’ai pris conseil de Dame Barbara,
Qoi, soigneuse, veilla sur mon enfance amère.
M’aima tout orpheline et me rendit ma mère;
[l>ame Barliara compose sa physionomie el prend un air sérieux el maternel.)
Kilo a voulu permettre, et c’est elle...
GABRIEL
Merci.
Bien ne m’était plus cher, et vous avez ainsi.
Offrant à ma tristesse une main bienfaisante.
Chassé loin mes regrets de la patrie absente.
DAME BARBARA, avec nue ohséquiosile' drAlc.
Seigneur!...
D. CARMEN, passant au milieu.
Ce doux pays, pourquoi l’avoir quitté?
GABRIEL
Où l’attend son destin tout homme est emporté. l/Espagne m’a souri toujours; je l’ai choisie.
C’est le sol généreux où toute poésie
(ierme et se plaît : l’honneur, la beauté, le soleil !
Un soir, à l’horizon moins sombre que vermeil.
Du coté de l’Espagne, une étoile inconnue Se montra calme et pure, et brilla sous la nue.
J’étais avec ma sœur : « Frère, regarde bien.
Dit-elle; l’astre d’or qui se lève est le tien. »
.Moi, j’embrassai ma sœur, et j’acceptai l’augure.
Le hasard quelquefois vient de Dieu, je vous jure.
Aussi, comme on le dit des pasteurs d’Orierit,
Pour une étoile au ciel, crédule et souriant.
Je suis parti. J’ai vu l’Espagne et chaque ville.
De Figuière à Cadix," de Leon à Séville,
Vainement j’ai cherché. — Sur l’Alhambra détruit,
Uieii... hormis le croissant pille et triste qui fuit.
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