DAME BARBARA, DON A CARMEN
(Dame Barbaia est assise à gaucho et hrode au tambour. Doua Carmen, debout pics de la fenêtre! y cueille une io»e daus un vase.)
D. CARMEN, descendant vers le milieu.
Ce gai bouton d'avril, si frêle et si hâté.
Dès le premier soleil je l’avais adopté.
Et, pendant trois longs jours, dans toutes mes prièies,
J'ai demandé pour lui les brises printanières.
Le rayon le plus duux comme le plus doré.
Si je l’avais perdu, vraiment j’aurais pleuré.
Triste et seule, avec lui j’amusais ma tendresse :
C’était mon amoureux, moi j’étais sa maîtresse !
Mais ce soir, quand j’allais l’oublier, — le chéri A brise sa cloison, et la rose a fleuri.
(A Dame Barbara.)
Mets-la dans mes cheveux nouvelle et parfumée...
(Elle se baisse ; Dame Bmbara lui met la rose dans les cheveux.)
Suppose maintenant que je veuille être aimée ..
Suis-je belle, dis-moi?
DAME BARBARA
Belle comme le jour,
Comme les trois vertus : la Foi, l’Espoir, l’Amour.
Bieti. C’vsl comme cela que je veux être. Écoule !
On dit que plus d’un cœur souffre tout bas et doute.
Et, sans avoir aime, n’espère déjï plus;
Or, sa croyance éteinte et ses rêves perdus,
Qui peut savoir ?
(Baissant la voix.)
l’amour les lui rendrait peut-être.
DAME BARBARA, toujours assise.
Vous avez dit?
D. C ARM EM j s'asseyant près d elle.
J’ai dit que mon tuteur, ton maître.
Est à Séville. 11 doit y rester pour le moins
Vingt jours; et toutes deux nous vivons sans témoins...
Peux femmes !
(a*cc intention.)
M’aimcs-tu, Barbara?
DAME DARUAR A.
Belle et bonne.
Qui ne vous aimerait, senorila ?
D. CARMEN, avec un léger soupir.
Personne,
Excepté toi, vois-tu, ne me Ta dit encor,
Et j’en suis inquiète, oh oui ! — Mais tout d’abord.
Si tu m’aimes, sans rien cacher, je t’en supplie. Réponds-moi : Que fait-on, jeune fille et jolie ?
As-tu dansé beaucoup autrefois ?
DAME BARBARA
Moi? très-peu.
Le jour je travaillais, le soir je priais Dieu.
D. CARMEN
Tous les jours ?
DAME BARBARA
Tous les jours.
D. CARMEN
Le passe-temps, ma chère, Est respectable, hélas l — mais tu n’es pas sincère... Conte-moi le hon temps, ces fandangos légers