‹ L'amour et son train comedie en un acte, en versChapitre 4 sur 29 · L’AMOUR ET SON TH AIN · texte numérisé non relu

L’AMOUR ET SON TH AIN

Brûlait dans son regard si vive, que mon âme Y fut prise, et j’aimai je ne sais trop comment. L’homme était un trompette au Royal-Régiment,

Et, certes, le plus beau ! Sous sa moustache noire. Quelles lèvres de pourpre ! et quelles dents d’ivoire ! Quel uniforme rouge avec des galons d’or î Tel est, dans la chanson, le Cid Campeador.

D. CARMEN

Toi, lu jouas Chimène? •

DAME BAHOARA.

Un mois. Bah ! rien ne dure ; Car, avant que l’Église eût lini l’aventure,.

11 me fit ses adieux, sans egard pour mon cœur.

Et tout le régiment partit.

D. CARMEN

L’ingrat vainqueur !

DAME BARBARA

Je le pleurai beaucoup. Toute ma triste vie, Dépareillée, alla camper à Ségovie,

Tête et cœur, tout ensemble.

D. CARMEN

Et ton Cid ?

DAME BARBARA

Trahison !

Avec lui son amour changea de garnison.

D. CARMEN

Mais la tienne, est-ce pas, fut loyale et fidèle? •

DAME BARBARA, licsitanl.

Mon amour... oui, sans doute, elle fut...

n. CARMEN.

Eternelle.

Je t'approuve en cela, ma vieille amie. Eh bien ! Puisque tu m’as tout dit, je ne cacherai rien.

J’aurai bientôt seize ans ; aussi, l’autre dimanche...

— Toi-même as prétendu que ma mantille blanche Fait bien sur mes cheveux, et je la mets pour toi... — Dimanche donc, j’avais ma mantille, et je croi Qu’elle allait à merveille. Au fond de la chapelle, J’ent.ndis qu’on disait à voix basse : Elle est belle !

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