SCÈNE III
’ S’unissent pour fêter la joyeuse saison,
* Et tout chante... Comme eux n'ai- je pas ma chanson?
* Dieu sourit dans le ciel et bénit toutes choses :
* La nuit sereine envoie au sein des fleurs écloses
* Les sylphes pèlerins se poser et dormir..,
* Lui, comme il tarde, hélas! — S’il n'allait pas venir?...
* J’ai peur... au moindre bruit mon coeur troublé palpite...
(Elle r4»e.)
’ Je rêvais autrefois, lorsque j’étais petite ,
* De mon ange gardien, un enfant comme moi,
' Qui me baisait la joue, et disait : « Près de toi
’ Je veille; dors, ma sœur! » et voilà, chose étrange!
’ Que dans la nuit d’hier j’ai revu mon bon ange...
’ Non pas comme il était, mais plus grand... Devant lui ’ Je tressaillis d’abord, puis j’eus crainte, et j’ai fui...
* Le ciel est clair, et l’ombre aux flèches des églises
* Semble un voile qui flotte, agité par les brises.
* J’ai froid... au cœur surtout... — Que je voudrais savoir
* S'il m’aime, et s’il aura du plaisir à me voir!...
De projets d’avenir j’ai la tète remplie...
Si je pouvais, du moins, être la plus jolie!
Mais qu’il tarde, mon Dieu!... N’est-il donc pas pressé?
Ou plutôt mon billet l’aura-t-il offensé?...
J’ai trop vite peut-être... Ah ! folles que nous sommes, Nous nous laissons ravir à des semblants!... Les hommes Ne savent pas aimer. — Je l’accuse... et pourquoi?...
C’est moi qui suis méchante ; ami, pardonnez-moi.
(So le»aot.)
Mais j’v songe, ô malheur! c’est ce soir, et peut-être Tout à l’heure, qu’lnes et Pepa vont paraître...
Je l’avais oublié. Comment ferai-je, hélas?
(passant à gauche.}
Il faudra qu’il s’en aille... oh oui!... — Je ne veux pas Qu’il soit surpris et vu par ces belles rieuses,
Légères, comme au vent leurs écharpes soyeuses... D’ailleurs, j'ai cent raisons... Maison vient... uh 1 j’ai peur!