INTRODUCTION
Le titre complet de ce livre qui en dirait parfaitement le but , le sens et la portée , serait : L'affranchissement moral par le véritable Amour.
Cette question de TAmour gît, immense et obscure, sous les profondeurs de la vie humaine. Elle en supporte les bases même et les premiers fondements. La Famille s'appuie sur TAmour, et la Société sur la Famille. Donc TAmour précède tout.
Telles les mœurs et telle la Cité. La liberté serait un mot, si Ton gardait des mœurs d'esclaves.
Ici on cherche Fidéal, mais l'idéal qui se peut
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réaliser aujourd'hui, non celui qu'il faut ajourner à une société meilleure. C'est la réforme de TAmour et de la Famille qui doit précéder les autres •et qui les rendra possibles.
Un fait çst incontestable. Au milieu de tant de progrès matériels, intellectuels, le sens moral a baissé. Tout avance et se 'développe; une seule chose diminue, c'est l'âme.
Au moment vraiment solennel où le réseau des fils électriques, répandu sur toute la terre, va centraliser sa pensée et lui permettre d'avoir enfin •conscience 'd'elle-même, quelle âme allons-nous lui •donner? Et que serait-ce si la vieille Europe, dont elle attend tout, ne lui envoyait qu'une âme appauvrie?
L'Europe est vieille, et elle est jeune, en ce sens <iu'elle a, contre sa corruption, les rajeunissements du génie. A elle de changer le monde en se changéant.' Elle seule sait, voit et prévoit. Qu'elle o^arde la volonté, et tout est sauvé encore.
On ne peut se dissimuler que la volonté n'ait subi dans les derniers temps de profondes altéra-
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tiens. Les causes en sont nombreuses. J'en signalerai deux seulement, morales et physiques à la fois, qui, frappant précisément au cerveau et Témoussant, tendent à paralyser toutes nos puissances morales.
Depuis un siècle, Tinvasion progressive des spi-. ritueux et des narcotiques se fait invinciblement, avec des résultats divers selon les populations , — ici obscurcissant Tesprit, le barbarisant sans retour, — là mordant plus profondément dans T existence physique, atteignant la race même, — mais partout isolant Thomme, lui donnant, même au foyer, une déplorable préférenc^e pour les jouissances solilaires .
Nul besoin de société, d'amour, de famille. A la place, les mornes plaisirs d'une vie polygamique, qui, n'imposant nulle charge à Thomme, ne garantissant pas la femme (comme la polygamie de l'Orient), est d'autant plus destructive, indéfinie, sans limite, stimulante et énervante par un continuel changement.
. On se marie de moins en moins (voir les chiffres <ifficiels). Et, ce qui n'est pas moins grave, quand la femme est épousée, ce n'est que très-tard. A Paris, où elle est précoce et nubile de bonne heure, «lie n'arrive au mariage qu'à vingt-cinq ans. Donc, huit ou dix ans d'attente, le plus souvent de misère,