IV INTRODUCTION
de désordres même forcés. Le mariage est peu solide et ne garantit pas de l'abandon.
État sauvage où Famour n'est qu'une guerre à la femme, profitant de sa misère, l'avilissant, et, flétrie, la rejetant vers la faim.
Chaque siècle se caractérise par sa grande maladie. Le treizième fut celui de la lèpre ; le quatorzième, de la peste noire; le seizième, de la syphilis; le dix-neuvième est frappé aux deux pôles de la vie nerveuse, dans l'idée et dans Tamour, chez l'homme au cerveau énervé, vacillant, paralytique, chez la femme à la matrice douloureusement ulcérée. Ce siècle sera nommé celui des maladies de la matrice, — autrement dit, de la misère et de l'abandon de la femme, de son désespoir.
La punition est celle-ci : c est que c«tte femme souffrante, de son sein endolori, n'enfantera qu'un malade, qui, s'il vit, cherchera toujours, contre l'énervation native, un secours fatal dans l'énervation alcoolique et narcotique. Supposons que, par malheur, un tel homme se reproduise, il aura d une femme plus souffrante encore un enfant plus énervé. Vienne plutôt la mort pour remède et guérison radicale.
INTRODUCTION. v
On a senti parfaitement dès le commencement du siècle que la (juestion de l'amour était la question essentielle qui se débat sous les bases même de la société. Où il est fixe et puissant, tout est fort, solide et fécond.
Les illustres utopistes qui, sur tant d'autres sujets (sur l'éducation, par exemple), ont jeté de vives lueurs, n'ont pas été si heureux sur le sujet de l'amour. Ils y ont montré, j'ose dire, peu d'indépendance d'esprit. Leurs théories, hardies de forme, n'en sont pas moins pour le fond serves du fait, calquées timidement sur les mœurs du temps. Us trouvaient la polygamie, et ils y ont obéi, en faisant pour l'avenir des utopies polygamiques.
Sans grande recherche morale, ils auraient pu, . pour trouver la vraie loi en cette matière, consulter simplement l'histoire et l'histoire naturelle.
Dans l'histoire, les races d'hommes sont fortes, au physique et au moral, précisément en raison de la vie monogamique.
Dans l'histoire naturelle, les animaux supérieurs tendent à la vie de mariage et l'atteignent au moins pour un temps. Et c'est en grande partie pour cela qu'ils sont supérieurs.
On dit que l'amour chez les animaux est changeant et variable, que la mobilité dans le plaisir est