SIS
— Une femme laide ne peut réparer ce qui lui manque da côté de la figure, qu*en ornant son esprit, si elle en a. Si elle en manque, il faut qu'elle renonce aux plaisirs; ils ne sont point faits pour elle. 11 n'y a que Dieu qui puisse donner quelque consolation aui femmes laides; c'est du reste ce qu'elles comprennent elles-mêmes par une sorte d'instinct qui leur est propre, car elles sont ordinairement dévotes^ ainsi que les vieilles femmes. M"* de Riedx.
— La laideur fait quelquefois présumer la vertu où elle n'est pis; et la beauté a cela de funeste, qu'on croit les belles per> soDoes capables de toutes les faiblesses qu'elles causent.
ROCBEBRUNB.
— La laideur d'un mari est un surcroît de beauté pour l'amant.
— Un homme d'un grand mérite n'est jamais laid ; dè» qo'oo le nomme, on oublie son corps : la pensée passe à traite», pour y saisir une âme. Ch. Bomainville.
— Ce qu*il y a d'injuste dans la laideur, c'est qu'elle éteint et ensevelit le mérite des femmes. M'°* de Lambert.
— Si une laide se fait aimer, ce ne peut être qu'éperdument ; car il faut que ce soit ou par une étrange faiblesse d& MO amant, ou par de plus secrets et de plus invincible» chames que ceux de la beauté. La Bruyère.
— Les qualités de l'esprit et de l'âme nous font des amis^ mais la beauté nous fait des amants. Les hommes ne deviennent point amoureux d'une femme laide, quoiqu'elle ait de l'esprit.. Elle peut se faire aimer beaucoup, mais on se trompe certaineoient sur la nature des sentiments qu'on ressent pour elle, l'amour n'est autre chose que le désir ardent de s'unir à 1» personne aimée ; la laideur ne peut exciter ce désir.
M"* DE Rieux.
— Puisque jamais on ne sollicite celles qui sont laides, leur résistance ne peut faire juger de leur force. Elles sont plus eD< peine de se défendre des mépris que des poursuites, et la rési*^ gnation est la vertu dont elles ont le plus affaire.
Le B. P. DU BosG.
— La laideur et la beauté dépendent du caprice et de l'ima* gination des hommes. Nicole.
— Une femme qui n'est pas belle est plus laide qu'un bomme qui n'est pas beau. Théupbile Gautier.
•^ De toutes les laideurs, la plus hideuse est celle du vice.
Adolphe Ricard.
— Les laides p^^.nsent plus à elles que les jolies femmes,,
— 31A — fiârce que tout le monde ne «^occupe que des deraU
ROCHEBBUIII.
— Je demandais un Jour à un homme aimable qui y( d^épouser une femme fort laide, pourquoi il s'était marié sottement. — Madame, me répondit-il, c^est afin qae la fe 4|ue j'ai prise me sache gré d'avoir bien voulu d'elle, loi personne n'en voulait. J'en aurais bien pris une dont toiil{ jnonde eût voulu, ajouta-t-il, mais elle m'aurait trouvé (heureux de l'avoir : avec celle que je viens d'épouser, je a*) rien de semblable à craindre. — Monsieur, lui répliquai-jeel riant, prendre une femme laide à faire peur, a6n de se mettrei couvert de Torgueil d'une jolie femme, c'est croire que celle-d voudra bien se rendre justice, ce qui ne me parait pas biei rsâr. W DE Risox.
— Une femme laide peut être méchante, elle n'est jamaii Coûta fait béte. Il en est, au contraire, un grand nombre qii •ont beaucoup d'esprit. Il n'en est pas cependant qui eo aieat assez pour prendre leur parti de leur laideur ; et ancaoe M refuserait de troquer tout son esprit, c*est>à-dire un avantifi durable, contre quelques années de beauté éphémère et saoi «sprit. Stahl.
— Une laide impérieuse et qui veut plaire, est un pauvret commande qu'on lui fasse la charité. Ci
— Une belle femme veut qu'on l'aime, une laide cherche i et faire aimer.
— Avec de l'imagination, on arrive à s'occuper d'un ho très laid sanssonger à sa laideur, et même à la longue sa laidttfj devient beauté. Lekain, malgré sa laideur remarquable, 'des passions à foison. Les répugnances diminuent par l'acoif (umance, a dit Nicole. STENniii»
— La laideur est la meilleure gardienne d'une jeune fiUti après sa vertu. M*"* de Genlis.
— Si la beauté faisait le seul mérite des femmes, toutes! laides devraient se pendre.
— Une femme ne doit pas renoncer au plaisir d'être conrt^ «ée et adorée ; et je m'étonne toujours que celles qui ont ans ou la petite vérole ne se jettent pas du haut d'un clochcf en bas. Théophile Gaotieb.
— C'est un tort et un contre-sens d'être laide et vieille dans le monde; et une femme y expie comme un crime laideur et sa vieillesse. Achille Povucuxx^}
— La' laideur est une souffrance qu'rne femme coDserft*^ toute sa vie.
— Il y a un âge où la laideur passe comme le reste. Cl
"emmes qui ont été jolies cessent de l'être, et oh t«été laides commencent à oser dire qu'elles ont ien peu se refusent cette innocente satisfactioD^ uarantaine leur arrive ; semblables en cela aux s'il fallait les en croire, seraient toujours les gcn» ; plus de cheveui. La laideur a encore un autre ' son ennemie la beauté, c'est qu'il est aussi diffi- ;mme laide d'être calomniée qu'à une jolie de ne
Stahl.
nlaidit jamais aux yeui de qui nous aime.
nd on est marié, le naturel secret
it d'un an, dit-on, s'écbappe et reparaît;
à ses défauts librement s'abandonne ; ins on s'est aimé, moins on se les pardonne»^ î le mariage est pesant quelquefois, donc que l'amour en allège le poids, l'on puisse, en cas de mésintelligence,
d'un souvenir qui pousse & l'indulgence
PONSAIID.
nce de Conti était d'une remarquable laideur. Uo il partait pour l'Isle-Adam, il fit appeler sa femme. Tort sérieusement : — Surtout, Madame, n'allear mt mon absence, vous aviser de me faire c... — gnez rien, Monseigneur, lui répondit la princesse,, à ne me prend jamais que quand je vous vois. A. R» i peut consoler les femmes laides de leur laideur^ 'y a si petite chapelle qui n'ait sa fête au moins une et, dit encore le proverbe, point de pot si laid re son couvercle. A. R.
er fort laid l'homme qu'on doit épouser, et s'en 1 temps pour s'accoutumer à sa laideur, c'est ne espérance qui ne sera bientôt qu'une déception, 'a pas su plaire lorsqu'il avait intérêt à se rendre lira bien moins encore quand son amour-propre rien à ménager. Adolphe Ricard.
IiANGUSUa.
mmes n'aiment pas qu'un amant soit très langoo-^ igaeur a ses avantages, mais quand elle est perpé-
ÏSSOUpit. FONTENELLE.
nants languissants qui ne font continuellement queplaindre, ne sont propres qu'à ennuyer celles qu'il»ir être aimé il faut plaire, et pour plaire il faat être-
L*anioar est ud enfant qui veut être amuse. ihiAQd il rit de bon cœur il est toujours aimable; Mais s'il vient k pleurer il est insupportable.
M"' DE Saetobt.
— Larme de femme est assaisonnement de malice.
PUBLIDS StRUS.
— En amour, les larmes valent les discours les plas élo* quents. Par les larmes, vous toucherez un cœur de rocbe. Tâchez donc que votre maltresse vous voie tout en pleurs. Si yoos n'en pouvez répandre, mouillez vos yeux. Ovide.
— Les larmes sont le fort des femmes. Saint-Évremond.
— Les femmes, pour mieui tromper ceux qui les approchent, instruisent leurs yeux à pleurer dans le moment même «ù elles ont le plus envie de rire. Le R. P. Du Bosc.
— L'amour chante victoire quand les larmes d'une jeane lémme deviennent la seule défense de sa vertu.
— Une belle, alors qu'elle est en larmes, En est plus belle de moitié. La Fontaihe*
«— Les larmes sont quelquefois Textréme sourire de Tamoar.
Stendhal.
— Une larme a son prix ; c'est la sœur d'un sourire. Avec deux yeux bavards parfois j'aime h jaser ; Mais le seul vrai langage, au monde, est un baiser.
Alfred de Mdsset.
— Il y a si peu de différence entre Tamour et la douleor, que Tnn et l'autre s'expriment de même, c*est-i-dire par lei 4armes. Régnier-Detourbbt.
— Un homme vain se plaît à faire couler les pleurs de la tf'cmme qui Taime; un homme délicat en souffre plus que 8*il 4 os versait; ei pourtant un amour passionné paie souvent la •dureté de Tun, et le dédain et la tyrannie, la bonté de l'autre.
Latênà.
— La première larme d'amour qu'on fait verser, paraît un •diamant ; la deuxième, une perle ; et la troisième, une larme.
Achille Poincblot.
— Après le vin, si ce n'est avant, la liqueur que J'aime k mieux h boire est une belle larme bien limpide et bien clain <iui tremble au bout d'un cil brun ou blond. Il y a cependant ties femmes qui ne savent point tirer parti de leur doalear d
retit de façon à se rendre le nez rouge et à se décompola figure comme les mascarons qu'on voit aui fontaines, t un grand écueil. Il faut beaucoup de charmes et d'art r pleurer agréablement; faute de cela, Ton court risque de re pas consolée de longtemps. Théophile Gaotier.
- En amour, rien ne sèche plus vite une larme qu'uQ er. Adolphe Ricard.
— Quelle grâce, quel mystère.
Qu'une larme dans les yeux!
C'est un baume salutaire
Qui pour nous descend des cieux.
Sous les pleurs, l'âme brisée
Se relève par degré,
Comme on voit sous la rosée
Reverdir l'herbe du pré.
De DOS peines si les larmes
Amollissent les rigueurs,
Elles donnent plus de charmes
Aux plaisirs des jeunes cœurs.
D'une main folle et profane
Les plaisirs jettent des fleurs
Dont l'éclat bientôt se fane.
S'il n'est point baigné de pleurs.
Loin des routes infidèles,
Quand deux cœurs se sont élus.
Les paroles que sont-elles?
TJne larme en dira plus.
L'amour tremble et vainqueur même,
On apprend combien l'on s'aime.
Lorsque ensemble on a pleuré. Emile Descbamps.
• Les femmes ont le don des larmes; elles pleurent, dit-.. |uand elles veulent : mais leurs larmes sont vraies; ellea ent seulement la cause qui les fait répandre. i
' La légèreté fut de tout temps l'apanage des femmes. wsis levitas semper arnica fuit. Properce.
• Qu'y a t-il de plus léger qu'une plume? La poussière. Et 08 léger que la poussière? Le vent. Et de plus léger que le ? La femme. Et de plus léger que la femme? Rien. Quid a levius?pulvis. Quid pulvere? ventus, Quid ventof mu-
Quid mulieref nihU.
— La légèreté dans les femmes a des suites d^autant ploi fAcheuses qu'elle fait croire réelles des fautes qui n'existent point. Labouissi.
— Une femme plus que. légère, Ayant perdu son favori, Couchait, contre son ordinaire.
Certain soir, avec son mari.
Celui-ci, surpris de la chance, Se comportait fort vaillamment; Mais il allait avec prudence, De crainte de faire un enfant.
Lors, la belle luxurieuse
Lui dit : — Tricher n'est point de jeu...
— Notre famille est si nombreuse, Il faut y regarder un peu.
— Allez toujours, dit la commère.
Fi donc! n'êtes- vous plus chrétien?
Et d'ailleurs, vous auriez beau faire,
Mon ami, ça ne sert de rien. BEADiAMon.
— Une femme disait h son mari qui lui avait pardonné bien des légèretés, mais qui se fâchait à la fin et assez sévèremeat: — Vous vous fâchez pour une bagatelle, vous m'avez pardonné plus que cela, et encore n'était-ce pas bien criminel. -^ Madame, répliqua le mari, une cruche a beau être grande, elle a toujours un fond. Alphonse Karr.
— En écrivant h ce qu'on aime, ce ne sont plus des lettres qae Ton écrit, ce sont des hymnes. J.-J. Roussbad.
— Quelque longue que soit la lettre d'une femme, elle n'| met jamais sa pensée la plus chère qu'à la fin.
Bernardin de Saint-Pierre.
— On est toujours un peu bavard,
Lorsqu'on écrit à ce qu'on aime. Bertiitc
— L'esprit n'est jamais las d'écrire.
Lorsque le cœur est de moitié. LâmiAR»»
— Une lettre, vraiment, remet bien une affaire, Et trois ou quatre mots, en hâte barbouillés, Font souvent embrasser des amants bien brouillés.
BOURSAULT
— Pour qu'une lettre d'amour soit ce qu'elle doit être, i> lut U commencer sans savoir ce qu*on dira, et la finir sansavoir ce qu'on a dit. Horace Raissor.
— Un amant indigne de ce nom, menaçait sa maltresse de «blier tes lettres qu'elle lui avait écrites . — Vous le pouvet^ loDsieur, lui répondit-elle, il n'y que leur adresse qui meuse rougir. A. R.
--Lorsque la marquise de Prie devint la maîtresse du régent^ |Qi était borgne, comme chacun sait. Voltaire s'avisa de lui aire la cour. Jeune, amoureux et plein d'ardeur, il voulut em- «rterla place d'assaut; mais mille obstacles qu'il n'avait p» 'revoir s'opposèrent àjses désirs. Enfin, un jour, fatigué d'alendre l'heure du berger, il fit remettre à la marquise les ver» nivants :
lo, sans avoir l'air de feindre, D'Argus sut tromper tous les yeui :
Noiij} n'en avons qu'un seul à craindre, Pourquoi ne pas nuus rendre heureui? -
(adame de Prie allait répondre à cette question, lorsqu'elle faf. urprise par son royal amant. Celui-ci, se saisissant aussitôt Q billet, le lut avec colère; et dès le lendemain, il envoyait le 'Une poète réfléchir, k la bastille, sur le danger qu'il y a too- )Qn pour les amoureux d'écrire à celles qu'ils aiment. A. R, — 11 n'est pas adroit h un homme qui écrit à une femme, eiiger des réponses catégoriques et précises. On ne peut ^pondre que non^ et cela rappelle nécessairement à la prudence U la raison. • Alphonse K a rr.
— En écrivant à son amant, une jeune fille mettait partout sns l'orthographe de ce mot une s à la place d'un t. Comme De de ses amies lui faisait observer qu'elle se trompait : — w-to vrai, Nonore? — Vraiment oui, ma chère. — Oli! B'c'est drôle I reprit la grisette... Ma foi ! moi Je croyais que le ■ot se prenait toujours comme la chose, au ploriel. A. R
— Ah ! si vous compreniez ce que c'est qu'une lettre! Une lettre d'amour lorsque l'on a quinze ans ! Quelle charmante place elle occupe longtemps! D'abord auprès du cœur, ensuite à la ceinture. La poche vient après, le tiroir vient enfin. Mais comme on la promène, en traîneaux, en voiture^ Comme on la mène au bal ! que de fois en chemin, Dans le fond de la pociFe on la presse, on la serre t Et comme on rit tout bas du bonhomme de père
Qui ne volt jamais rien, de temps immémorial! Quel travail il se fait dans ces petites têtes I
Alfred de Musset.
— Répandre du sable sur une lettre, c'est parfois jeter 11 (erre de i*oubli sur des sentiments morts-nés J. Pëtit-Srm*
— En amour, les lettres sont toujours compromettantes : «r Tôt ou tard, écrit Diderot, le hasard en détournera uae de
«on adresse. Le hasard combine tous les cas possibles ; et il d« lui faut que du temps pour amener la chance fatale. » Et puis» 4|joute une femme poëte :
La faveur d'un écrit laisse aux mains d'un amant Des témoins trop constants île notre attachement.
'Si donc vous en croyez le poëte et le penseur, mesdames, n'é* «rivez jamais ; et cela d'autant mieui que vous ne savez, pour It qplupart :
Si Tamant de la veille.
Doit être encor celui du lendemaiA. Adolphe BiasD.
— Un des plus nobles effets de Tamour est de produire !• libéralité. M"* de Scudéri.
— Un peu d'esprit, beaucoup de bonne mine»
Et plus encor de libéralité,
C'est en amour une triple machine
Par qui maint fort est bientôt emporté.
Rocher fûl-il ; rochers aussi se prennent.
Qu'on soit bien fait, qu'on ait quelque talent,
Que les cordons de la bourse ne tiennent
Je vous le dis, la place est au galant. La Fontauib.
•» Il sufOt d'aimer pour cesser d'être libre. Nulltis liber erU^ SI quis amare volet. Propercb.
— La liberté est incompatible avec l'amour; un amao^ n'est jamais qu'un esclave. M*"* Sixal-Delaumat»
— Le seie aime à jouir d'un peu de liberté : On le retient fort mal partant d'austérité; Et les soins déûants, les verrous et les grilles. Ne font pas la vertu des femmes ni des filles : C'est l'honneur qui les doit tenir sous le devoir» Non la sévérité que nous leur faisons voir.
Cest une étrange chose, à vous parler sans feinte^
Qu'une femme qui n*est sage que par contrainte;
En vain sur tous ses pas nous prétendons régner,
Je trouve que le cœur est ce qu'il faut gagner;
Et je tiendrais moi, quelque soin qu'on se donne,
Mon honneur guère sûr aux mains d'une personne
A qui, dans les désirs qui pourraient Tassaillir,
Il ne manquerait rien qu'un moyen de faillir. MoLiftns.
— Par le degré de liberté dont jouissent les femmes, se mesure exactement, dans chaque pays, dans chaque siècle, le degré de civilisation que les hommes ont atteint.
Emile de Girardin.
— H'y a des filles qui épousent sans vergogne un mari <|Q'e11es n'aiment pas, pour se donner en toute sécurité h l'homme qu'elles aiment. Aussi folles que ces jeunes écervelés qui se font soldats à dix-huit ans pour se soustraire à la ^rannie de leurs supérieurs, elles s'enchatnent pour être '••^res. Adolphe Ricaid.
UBERTIBrAOE
— 11 en est des libertins comme des hydropiqaes : plus ils l^ivent, plus ils sont altérés. Ovide.
~~ Les libertins ne jouissent pas de la volupté, ils en sont les esclaves. « Le dernier des malheurs, dit Senèqiie, est d'ai- (oergoD malheur, et de trouver non-seulement des plaisirs dans la débauche, mais te s'y plaire. » Ubi turpia non solum delec^ ^*itfSed etiam placent. A. R.
^ L'Amour est un libertin qui se déplaît dans le mariage, parce qu'il y a des liens trop serrés qui l'y attachent.
Le P. DU Bosc.
— Les libertins sont bien venus dans le monde, parce qu'or- ^■oairement ils sont plus aimables que les autres, qu'ils ont plus d'esprit, plus de connaissance des hommes et du cœuk humain. Les femmes les aiment parce qu'elles sont liber- ^jnes. Je ne suis pas bien sûr que les femmes se déplaisenv «•ncèrement avec ceux qui les font rougir. 11 n'y a peut-étrt ^^ une honnête femme qui n'ait eu quelques moments où elle ^'aurait pas été fâchée qu'on la brusquât, surtout après sa ailette. Que lui fallait-il alors? un libertin... A tout hasard, ^^e femme est bien aise dé savoir que, si elle se résout, il y a « ^^ bomme tout prêt qui ménagera sa vanité, son amour-propre, ^ Vertu prétendue, et qui se chargera de toutes les avaoces.
— 32Î — C*e8t trop peu de la violence même qu*on souhaite pour exciue*
DiDEKOT.
— Toute femme a le cœur Ubertlu. Pope.
— C^est un vice de plus dans le libertin que l'apparence de la vertu. M"* d'ârconville.
— Les libertins sont de hideuses araignées qui attrapent quelquefois de jolis papillons. Diderot.
— Si la galanterie est le mensonge de Pamour, le libertinage en est la corruption. Bernabdin de Saint-Pierbe.
— Le libertin dépense sa vie comme le prodigue son or.
Roghebbune.
— Le prince de Kaunitz avait été dans sa Jeunesse Famant heureux de Timpératrice Marie-Thérèsç. Un jour qu'il exposait h cette princesse ses plans de réforme militaire, elle lui recommanda tout particulièrement de ne point donner d'avancement aux ofQciers libertins. — Madame, s'écria le diplomate, si Tempereur, votre auguste père, eût pensé de la sorte, je serais encore enseigne. A. R.
— Il n'y a pas de plus mauvaise compagnie pour une femme qu'un mari libertin. M""* de Puisiedx.
— Une petite veuve du faubourg est venue demander à dtoer à ma femme. En dtnant, je disais à cette petite veuve : n Qae faites-vous de votre veuvage ? — Hélas î presque rien. — Est-ce que vous ne vous remariez pas ? — Je n'en sais rien. — Quoi! point d'amoureux? — Oh! pardonnez-moi, j'en ai vraiment deux : l'un est un philosophe de chien qui donne dans le respect très humble à périr; je m'en déferais à ce que je crois; je veux quelque chose qui me fasse plaisir. *— L'autre? — L'autre ! Il n'y a qu'à le laisser aller; il va tout seul. — Et qu'en ferez-vous de celui-ci? — Je le garderai un certain temps, et puis j'en ferai ce qu'on fait de certaines bêtes venimeuses qu'on écrase sur la piqûre qu'elles ont faite, pour en guérir... » Cela est plaisant qu'en dites-vous? Eh bien ! quelle inïpression croyez-vous que ce mot ait faite sur ma dévote de femme? Elle en a ri à gorge déployée, par la raison que l'image du libertinage ne déplaît pas même aux femmes vertueuses.
Diderot.
— 11 faut toujours un temps de libertinage dans un état ou dans l'autre : c'est un mauvais levain qui fermente tôt ou tard.
J.-J. Rousseau.
— « Croyez- vous, mon ami, que M.- de L*** ait madame de F***? demandait à Champfort encore très jeune, le marquis de B***, — Allons donc, il n'en a pas même la prétention, répondit Champfort : M. de L*** se donne pour ce qu'il est»
pour un libertin , pour un homme qui aime les Giles pardessus tout. — Pour un libertin ! s'écria le marquis, jeune homme n'en soyez pas la dupe, c'est avec cela qu'on a des reines.
— La plupart des libertins qui médisent des femmes, loin de leur nuire, font leur éloge. Rochejrune.
— Chez les femmes, le libertinage Tient presque toi\|ours de la dure nécessité ; chez les hommes, il vient toujours d'un penchant vicieux. Mabat.
— Les succès du libertin près des femmes, quelquefois même les plus ennemies de ses mœurs, nous étonnent toujours, et pourtant ce qui les explique de part et d'autre, est facile à trouver. Chez l'homme, c'est son penchant pour lei femmes, une grande expérience de leur faiblesse, une certaine témérité de langage et de manières qui leur impose, un audacieux mépris des obstacles, un inaltérable sang-froid et l'instinct de rà-propos. Chez les femmes, c'est le désir d'être distinguées par un homme brillant et recherché, de savoir par quel bonheur mystérieux il paie les sacriGces qu'on lui fait, de l'enlever à d'autres, de le ûxer peut-être, enfin de satisfaire le plus insurmontable besoin de leur sexe, la curiosité de l'esprit et des sens. Laténa.
— L'amour peut se trouver dans le cœur d'un ascète, jamais dans le cœur d'un libertin. Ernest Legouyé.
XIEBT.
— Il existe un lien secret entre toutes les femmes comme 'entre tous les prêtres d'une même religion. Elles se haïssent, «nais elles se protègent. Diderot.
— Le lien de Tamour s'use si promptement dans le mariage, '^u'on n'en voit bientôt plus que la corde. Sylvain Maréchal.