‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 115 sur 228 · I.IT · texte numérisé non relu

I.IT

— Il est beaucoup plus contre la pudeur de se mettre au lit «vec un homme qu'on n'a vu que deux fois, après trois mots latins dits à l'église, que de céder malgré soi à Thomme qu'on <adore depuis deux ans. Stendhal.

— L'amour est un torrent qu'on arrête souvent en lui creusant un lit. COMMERSON.

— Certain flaireur d'amoureuse curée Faisait d'Alix son principal emploi.

Si bien enfin que la mère effarée :

— Pour Dieu, Monsieur, soyez de bonne foî^ Déclarez donc sur quel pied, de ma Glle Vous approchez ; déjà Ton en médit...

— Sur quel pied? lui répliqua le drille, Eb! cadédis, c'est sur le pied du lit.

— Un bomme trouvé dans le lit d'une femme honnête est toujours sou mari. Balzac.

— Un voisin du poète Brébeuf l'entretenait un jour d'une sienne cousine dont il vantait beaucoup le caractère et )a •agesse. — Ab! mon ami, lui dit le poëtc qui savait fort bieo k quoi s'en tenir sur le compte de la jeune femme :

Qu'il fait bon vivre de ménage , Et que c'est un grand héritage D'avoir un peu d'entendement!

J'en prends à témoin ta parente :

Un lit de cent francs seulement Lui vaut six cents écus de rente.

— Un de nos poètes improvisa ces deui jolis couplets après avoir passé la plus délicieuse soirée sur un lit de repos dans la boudoir de sa maîtresse :

Meuble discret, pierre d'attente, Reposoir de la volupté, C'est sur toi qu'Élise tremblante Rêve au bocbeur qu'elle a goûté»

Du sommeil et de la tendresse Tour à tour comblant le désir, Tu fus nommé par la paresse»

Débaptisé par le plaisir.

Dans le lit où l'hymen sommeille Par la distance séparé, Trop rarement on se réveille, Trop souvent on dort ^ son gré ; Mais ta forme avec plus de grâce.

Sert à réveiller tous mes feux ; Lit charmant, ton étroit espace Force d'être un... quand on est deux.

<— Une jeune fille de quinze ans, qui avait fait de Ta Bibl^ sa lecture favorite, entendant le vieux marquis de B***, un des meilleurs amis de son père, se plaindre de ce qu'un refroi' dissement continuel ne lui permettait plus de prendre an aeul instant de repos, lui dit un jour avec une adorable nal-

~ Mais, monsiear le marqais, pourquoi ne faites- vons mme le roi David, pourquoi ne mettez-TOUS pas une jolie ans votre lit? A. B.

Les femmes lisent plus volontiers les livres qui les Dtque ceui qui les instruisent; et d'ordiuaire, elles it avec plus de plaisir à Técole de la volupté qu'à celle agesse. Le R. P. du Bosg.

}aand une femme nous dit d*un ouvrage graveleui : cela peu obscène mais c'est très plaisant; soyez sûr qu^elle ive plaisant, parce qu'il est obscène. ***

Les hommes ont si mauvaise opinion de Pesprit des !S, qu'ils font pour elles des livres à part, des méthodes ilièrcs, comme on fait aui enfants des catéchismes à )rtée. M^ de Riedx.

.es idées les pins estimables sont celles qui flattent nos iDts. Le premier des livres pour Charles XII, c'est la vie andre; pour une femme sensible, c'est le poëte qui 'amour. HELvirins.

In bon livre et une bonne femme corrigent bien des s ; une mauvaise femme et un mauvais livre gâtent bien urs : il y a des hommes qui ne regardent, quand il s'a- Tuo et de l'autre, qu'à la reliure. Ont-ils raison de se re s'ils sont trompés? Ph. de Varenne.

Jq livre et un bal sont, pour une femme, deux représen* publiques ; et il ne lui est pas plus possible de paraître 'un avec le style de son àme, que dans l'autre avec le eson visage. Lemontey.

'hacun des livres d'une femme porte l'empreinte de ion qui l'inspira. C'est surtout à propos des ouvrages de s que l'on peut s'écrier avec M. de Buffon : « Le style )mme. » M"* de Girardin.

.aisser une femme libre de lire les livres que la nature esprit la porte à choisir, c'est introduire l'étincelle dans inte -barbe ; c'est pis que cela : c'est apprendre à votre à se passer de vous, à vivre dans un monde imaginaire, Q paradis. Car, que lisent les femmes? Des ouvrages nés, \cs Confessions de Jean- Jacques, des romans, et ces compositions qui agissent le plus puissamment sui Qsibililé. Elles n'aiment ni la raison ni les fruitsiuûrs.

Balzac.

nprimcr, pour une femme de moins de cinquante aai,

c*est mettre son bonheur H la plos terrible des loteries ; li c a un amant, elle commencera par le perdre. Stehdh

— L*abus des livres tue la santé et la modestie des femm

Lemontet.

— Une femme de trente- cinq ans, qui n'avait point enc eu d'enfants depuis qu'elle était en ménage, se querellait jour avec son mari, et celuï ci ne lui ménageait pas les expi sions. — Ab ! Monsieur, pouvez-vous bien me traiter de sorte, moi qui ai fait tant de belles choses ! lui disait-elle pleurant. — Mais qu'avez-yous donc fait, Madame? Yoyc dites-le moi, s'écria le mari dont la patience était à bout. Des livres, répondit-elle avec orgueil. — Peste soit de v( Madame! reprit le mari désappointé, vous eussiez faitbeanc mieux de faire des enfants.... ceux-là, du moins, ne sera pas chez Tépicier. A. I

— Je me soucie assez peu de faire épclcr Valphabet d*ano à de petites niaises. — Je préfère les femmes qui lisent ( ramment, on est plus tôt arrivé à la Gn du chapitre; ê toutes choses, et surtout en amour, ce qu'il faut considé c'est la fln. Théophile Gautiei

— Épouser à soixante ans une belle fille de vingt-cinq, ( imiter ces ignorants qui n'achètent des livres que pour les f

r rà leurs amis. Adolphe Ricard.

XiOnANGE.

— Lorsque quelqu'un vous loae , soyez vous-même v propre juge. Cùmte aliquis laudat, judex tuus esie memenl

Càtoh.

— Celle qui souffre en sa présence Qu'on vante en elle des appas, Ou des vertus qu'elle n'a pas.

N'est qu'une idole qu'on encense :

Une juste louange a de quoi nous charmer; Mais un esprit bien fait doit prendre Bien moins de plaisir à l'entendre Que de peine à la mériter. M*"' DESHOUui

— C'est le mérite de ceux qui fouent, qui fait le prix louanges. M"* de l'Espinassg.

— La femme la mieux louée est celle dont on ne parle p;

M"* DE PUISIEUX

— Louer les absents sur les qualités qui sont dans les | lonnes ^présentes ; louange délicate qui ne réussit pas toujc

nec les hommes, et dont toutes les femmes s'offensent, quand l'éloge est d'une autre femme. Un amant qui veut durer doit réserver tons ses yeux et toutes ses oreilles pour ce qu'il aime. Son règne se passe, si Ton écoute patiemment les éloges qu'i^ fait d'une autre femme. La première marque d'indifférence est ^ ne pas s'en fâcher, et la dernière de ne pas s'en apercevoir.

M"» DE RlEDX.

— Devant une femme jolie, L'éloge de toute autre est un trait d'écolier.

Rochon de CHABAimES.

— L'or peut se partager et non pas la louange ; Le plus grand orateur, quand ce serait un ange, Ne contenterait pas en semblables desseins, Deux femmes, deux héros, deux auteurs, ni deux saints.

Marmontel.

-|- II n'est pas d'encens qui entête si fort une femme que celniqui ne brûle point pour elle. Rochebrune.

-~ La louange la plus flatteuse pour une femme, est le mal <in'on lui dit des autres femmes. J.-J. Rousseau.

-- Pour plaire à la plupart des femmes, il faut briller perpétuellement devant elles un encens qu'elles ne trouvent presque jamais grossier; leur vanité se nourrit des hommages les moins sincères, et c'est peut-être en flattant leurs ridicules et leurs défauts qu'on les soumet. Bernis.

"^ Une femme est tellement portée à penser qu'un homme * raison quand il la loue, qu'elle a beaucoup de peine à croire Q^'il à tort quand il est amoureux d'elle. Halifax.

^ Prodiguons la louange aux femmes, puisque c'est là le Jrand chemin de leur cœur. Elles nous aveuglent par des ca- ^es, endormons-les par des éloges; et pour leur plaire, ^ployons non -seulement tous les moyens qui nous répugnent, i^ais encore ceux qui nous déplaisent. On n'est jamais vil dans l^s bras de sa maîtresse. Champecenetz.

^ Pour que la louange donnée à une femme soit juste et 'joble, il faut que celui qui la loue n'ait rien à espérer d'elle : l'éloge dans la bouche d'un esclave est toujours suspect.

Catalani.

"^ Certaines femmes n'en louent jamais une autre que sur ^ Qu'elle a de moins parfait : c'est une manière adroite d'y •Ppeler les regards des hommes. Saint-Prosper.

*^ On ne loue jamais bien une femme quand on en loue ^x. Les louanges se détruisent mutuellement ; il n'y a qu'au

f nul moyeD de faire ud bel éloge d'une femme, c'est de dire i>caocoup de mai de sa rivale. M"* de Gourdik.

XiUNE.

— L'amour ressemble à la lune ; quand il ne croit pas, il faut qu'il diminue. Ségdr.

— Le mérite des femmes ne brille jamais plus qu'après U lune de miel. Il faut les épouser pour savoir ce qu'elles valent.

Jean-Paul Richter.

— L'amour est un charmant visiteur que les amaots accueillent tous les jours avec plaisir; mais, pour la plupart des époux, ce n'est plus, hélas ! qu'un pauvre mendiant à qui on fait Taumône toutes les fois que la lune change.

Adolphe Ricabd.

— Une grande dame qui se promenait au bras d'un jeuoe •élégant, rencontra sur son chemin un philosophe de ses amis, et se mit à le railler sur Textrême simplicité de son accoutrement. — Madame, lui dit le sage, sans s'offusquer de ses mo- <]ueries :

Je vois d'illustres cavaliers,

Avec laquais, carrosse et pages;

Mais ils doivent leurs équipages,

Et je ne dois pas mes souliers. A. B.

— A diX'huit ans, les jeunes filles désirent un mari beaucoup plus qu'un amant; mais elles s'habillent aujourd'hui de telle sorte, que le luxe exagéré de leur toilette attire les uds et fait fuir les autres. Adolphe Ricard.

— Que de femmes pourraient dire aujourd'hui, comme le baron de la Crasse :

Je voulus un rabat de ces points de Venise,

La peste ! la n^échante et chère marchandise !

En mettant ce rabat, j'ai mis, c'est être fou.

Trente -deux bons arpents de vignes à mon cou. A. B-

•— Le luxe des femmes est monté à de telles proportioDS» qu'il faut être bien riche, bien amoureux pour en avoir uae V soi. Il n'y a plus moyen d'aimer que les femmes des autres.

Alphonse Karb.

— Hier, je vis entrer un brillant équipage dans la cour de la maison que j'habite. Un cocher très élégamment vêtu coO'

ait les chevaux, tandis qu'un valet de grande maison oùtles portières. C'était uoe voiture de noce... La fille de I portier allait épouser un garçon de magasin. — 11 y a des, I qui se font un plaisir de dépenser jusqu'à leur dernier sou, r faire savoir à tout le monde qu'ils sont des sots.

Adolphe Ricard.

- La luxure est un vice abominable qu'il est toujours I aisé de blâmer que d'éviter. Blandum malum est Ittxuria W)d accusare facilius est aliquantà quàm vitare. C'est de • les péchés, celui qui fait le plus d'impénitents. Il n'y en a tt qui plaise davantage. En quelque âge que l'on soit, on le iTe agréable. Les vieillards mêmes n'y sont pas moins ts que les jeunes : s'ils ont moins de vigueur, ils ont souvent i de convoitises. Quand on s'est une fois accoutumé à ce criel plaisir, il faut être bien favorisé de la grâce pour y renonavant la mort. L'action du péché quitte, mais le désir péché ne quitte jamais. Âh ! Messieurs, faut-il que notre te dépende de l'œil d'une fillette ! Faut-il qu'une simple H, étendue sur de la chair, et qui ne recouvre que du sang ies os, ait assez de force sur nos esprits pour nous faire 3Dcer à nos plus grands intérêts et à toutes les espérances paradis! Et cependant cela se voit tous les jours! Oui, tous tque nous sommes, nous ne faisons pas autre chose; Tailon de la volupté nous pique si fort, que nous ne pouvons ^er un célibat incorruptible. La luxure nous harcelle sans •e; elle nous tourmente du soir au matin et du matin au ; et ce démon tentateur est si bien, en fin de compte, le plus iOQe, le plus pernicieux, le plus abominable et surtout le i inévitable de tous les crimes, que Cicéron a pu dire élomment ; que tous les maux ensemble n'égalaient pas celui-là. Unum in locum collata sint omnia mala, cum turpUudinis d non erunt comparanda. Le R. P. Louis de la Fertb. ;^La possession de beaucoup de' femmes ne prévient pas iours les désirs pour celle d'un autre : il en est de la luxure >me de l'avarice : elle augmente la soif par l'acquisition des

ors. MONTESQDIEU.

MAXOREUa.

"^ Deux jeunes gens se disputaient la conquête d'une femme ^ citait partout pour sa maigreur. Comme on parlait de

leur rivalité devant Champfort. — Ce sont, dit-il, deaictii qui se disputent un os. A. R.

— Un mauvais sujet de ma connaissance, ayant ap< dans un bal masqué une jolie pierrette dont la toilette était décolletée, s*approcha d'elle dans Tespérance d*admirer de près tout ce qu*elle laissait voir. Mais ayant été complétée trompé dans son attente, il tira de son portefeuille une c à son adresse, et, sans prononcer un seul mot, la glissa < le corsage entièrement vide de la jeune danseuse. Celle-ci comprenant rien à ce procédé, se récria beaucoup. Mais s'émouyoir aucunement, notre mauvais sujet lui dit : — ' avez tort de vous fâcher. Mademoiselle; ce que j*ai fait est

naturel Quand on rend une visite et qu'on ne trouve

sonne, n'a-t-on pas pour habitude de laisser sa carte? 1

— Une jeune femme très élégamment vêtue sortai réglise Saint-Roch, en compa;;nie de sa femme de chan lorsqu'un faux pas la fit tomber sur Tescalier. — Cette ( a dû se faire bien du mal ! s'écrièrent à la fois plusieurs

/Sonnes, en s*empressant autour d'elle. — Oh ! que Messieurs, leur répondit naïvement la femme de chambre maîtresse est comme toutes les grandes dames, elle a sui plus de coton que d'embonpoint. 1

— Un poëte ayant appris qu'une jeune femme d'une ext maigreur avait pour habitude de faire coucher près d'ell épagneul qu'elle affectionnait beaucoup, lui adressa ce train :

Je ne sais à quoi Zoé songe D'avoir un chien près d^elIe en prenant son repos; Elle doit, n'ayant que les os.

Appréhender qu'il ne la ronge. l

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