NON
— En amour, oui et non sont bien courts à dire, mais avant 3 les prononcer, il faut y réfléchir longtemps. Adrien Duput»
— Les menaces d*amour ressemblent aux promesses.
Et ses châliments aux caresses. Chaque non est un oui, chaque larme un areu;
Et pour exaucer sa prière, Il faut rinterpréter souvent en sens contraire ; Car ce qu'il craint le plus est toujours ce qu'il veut.
— Beaucoup de femmes se plaignent d'être mal mariées, et ms leur infortune, elles en accusent leurs parents. Mais elle» it tort, en vérité, car enfin, dit le poëte :
— On ne peut pas traîner les filles à Pautel, Et leur faire épouser de force tel ou tel ; Elles ont bien assez d'intelligence, en somme.
Pour savoir dire un non, ne voulant pas d'un homme,
Et lorsque d^un monsieur impertinent ou laid
Elles font leur mari, c'est que cela leur plaît. Ponsard,
— En amour, la femme vertueuse dit Non; la passionnée ai ; la capricieuse Oui et Non ; la coquette ni Oui ni Non.
Charles de Bernard.
-- La femme qui veut réellement refuser se cofatente deire Non ; celle qui s'explique veut être convaincue.
Alfred de Musset.
-*- J'étais amoureux comme cent ;
Nice me parut belle ; Au récit de mon feu naissant,
Nice fit la cruelle.
De mépris elle sut armer
Ses yeux, son maintien même.
En faut-il plus pour alarmer
Le premier jour qu'on aime?
i*osai m'écrier cependant :
— Nice, daignez m^enteodre.
— Non, reprit-elle en minaudant;
Non, cessez d'y prétendre.
J'en conviens, ce trait inouY
Me mit hors de moi-même; Sait-on que Non veut dire Oui,
Le premier jour qu*on aime?
NOTAiaE.
— La robe d'un notaire est pour les amours, ce que sont pont les oiseaux ces épouvantails de haillons noirs et rouges, placés de distance en distance au milieu des champs couverts de fraits murs, ou de grains prêts à être récoltés. Sylvain Maréchal.
— Un poëte du xviii* siècle donnait ce conseil aux amoureux de son temps .
Fais-nous brûler de tes flammes.
Amour ! c'est Tunique bien
Qui doit unir nos Âmes !
Mais pour former ce lien.
Tendres amants, pour notaire,
Ne prenez que le Plaisir,
Pour témoin, que le Mystère,
Pour prêtre que le Désir. Saurin.
UrOUVEAUTÉ.
— La nouveauté n'est souvent que l'oubli du passé. Bacon. <» La grâce de la nouveauté est à Tamour ce que la fleur
«st sur les fruits : elle donne un lustre qui s'efface aisément €t qui ne revient jamais. La Rochefoucauld.
— La nouveauté a de si grands charmes en amour, qu'il n'y 41 guère de cœurs qui lui puissent résister. Ce qui est beau et •nouveau est doublement beau, comment ne serait-il pas doublement aimable. M*"* de Sartory.
— Presque toujours l'amour meurt quand la nouveauté s'en va, car alors il n'y a plus rien : la nouveauté n*est plus, et l'habitude n'est pas encore. Balzac.
miDiTi.
— Quand il est nu, l'amour est plus armé. Florus.
— Vénus a toujours aimé la nudité depuis qu'elle lui fit gagner la pomme. Le P. Du Bosc.
— Les vètemeDts qui accusent le nu y détruisent le charme î la modestie. M"* du Deffand.
— Une fille perdue qui se met nue aux yeux des hommes, ^shabille à leurs yeux toutes les femmes honnêtes. En se outrant sans voiles, elle montre sans voiles toutes les autres.
J. JOUBERT
— Plus wie femme est nue, plus elle est habillée.
Alphonsb Karr.
— Les femmes ont un penchant naturel et irrésistible à ire une parure de la nudité. Achille Poimcelot.
— Pour vaincre les scrupules de sa maîtresse, un amant pagnol lui disait un soir :
— Dans un objet aimé qu'est-ce donc que l'on aime?
Est-ce du taffetas ou du papier gommé?
Est-ce un bracelet d'or, un peigne parfumé ?
Non. Ce qu'on aime en vous, madame, c'est vous-même.
La parure est une arme, et le bonheur suprême
Après qu'on a vaincu, c'est d'avoir désarmé.
Alfred de Musset