‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 131 sur 228 · MUSIQUE · texte numérisé non relu

MUSIQUE

— Les dieux ont donné la musique aux hommes pour câliner leurs passions. Platon.

— L'amour a inventé la musique ; il l'enseigne même aai minimaux. Plus les oiseaux sont amoureux, plus ils font entendre leur doux ramage ; et les mâles, séparés de leon femelles, meurent quelquefois au milieu de leurs chants

•4l'amour. Viret.

— L'habitude de la musique et de sa rêverie prédispose À l'amour; et c'est par l'hahitude de nourrir son Âme de rèT^ •cies touchantes, et par son horreur pour le vulgaire, qa'on

^rand artiste est si près de l'amour. Stendhal

— L'amour est la plus mélodieuse de toutes les harmonies; : flous en avons le sentiment inné. La femme est un délicieux

instrument de plaisir, mais il faut en connaître les frémissantes • cordes, en étudier la pose, le clavier timide, le doigté changeant «t capricieux. . . Que d'hommes se marient sans savoir ce qu'est «loe femme! En amour, toute âme mise à part, la fenmieest comme une lyre, qui ne livre ses secrets qu'à celui qui en sait t)ieo jouer. Balzac.

— C'est en apprenant la musique, que beaucoup de jennes '<œurs apprennent l'amour. Adolphe Ricard.

— Plus l'amour est mystérieux, plus il a de force; plus il est secret, plus il augmente ; et plus on le cache, plus il se ^auontre. M*"* de Sartoit.

Quand un ami tendre et sincère Prévient et comble nos souhaits.

Il faut divulguer ses bienfaits ; C'est être ingrat que de se taire. t En amour, c'est une autre affaire; Il faut savoir dissimuler :

Les faveurs veulent du mystère ; <^'est être ingrat que de parler.

— L^Âmour n'est Jamais plus content que lorsqu'il fait ses^ 1rs à la sourdine. ***

— Si te mystère fait le charme de Tamour, il en fait aussi' danger le plus graud, Chabanon.

naïveté.

— On disait un soir dans un salon de Versailles, que le jonr du Midi de la France était insupportable à cause de la lantité de moustiques qui votis harcelaient à chaque instant. ■Oh! j'en sais quelque chose, moi, s'écria la jeune marquise ! P***, dont la naïveté était connue de tout le monde , je ens de passer six semaines à Toulouse, et chaque nuit, mesunes, il m'a fallu coucher avec des mousquetaires!!! A. R.

— Une grisette du quartier latin se rendait en grande toitte d'été au bal de la Closerie des Lilas, lorsqu'elle fut surise par une effroyable averse au milieu du Luiembourg. — omd'un petit bonhomme! s'écria-t~elle en courant se mettre l'abri sous les grands marronniers du jardin, il m'eût plus la qu'il plût plus tôt. — Cette naïve exclamation nous rappelle^ i gourmand érudit à qui l'on demandait un jour ce qu'il s'était it servir à son dernier repas, et qui répondit en riant : J'ai tné comme Didoo, qui dîna, dit-on, du dos d'un dodu dindon.

— Ce gourmand était aussi facétieux dans son langage que ce oahomme de mari qui, se rendant de grand matin auprè» e sa jeune femme, lui disait en bégayant : — Eh bien ! bobonne^ on thé t;a-t-il ôté ta toux? A. R.

HTATURE.

^ La nature est avant tous les devoirs qui ne consistent^lu'à la combattre Duclos.

~ Si on laissait faire la nature sans la contrarier sans cesse^ les femmes vaudraient autant que nous, à la différence près qu'elles seraient plus délicates et plus gentilles. Galiani.

^ L'amour est comme la médecine, seulement Tart d*aider s la nature. D' Lallem and.

— De tous les corps graves de la nature, le plus pesant est Plaide la femme qu'on a cessé d'aimer. Lemontet.

— Une jeune femme dont le mari était absent depuis quinze- ^ois, pleurait à chaudes larmes devant Diderot, sur les signes- ^éji visibles d'une grossesse compromettante. — Que voulez- ^OQs, ma pauvre amie, lui dit le philosophe en l'embrassant,. ^ nature est une traîtresse qui mêle toujours un peu de chico—

tin aux bonbons qu'elle ooas donne. In venere semper certat dolor et gaudium, A. R.

— Si les mystères de Tamour trouvent partout tant d'adeptes et de croyants, c'est que l'amour est une religion doot ie grand pontife est la nature. Adolphe Ricard.

— Tout aime dans la nature ;

Il n'est point d'animal qui n'aime tendrement :

Le singe, la guenon; le cheval, la jument;

Le coq aime la poule et l'âne son ànesse;

Le gros taureau soupire et mugit de tendresse ;

La chaste tourterelle aime son tourtereau,

Et la belle perdrix brûle pour son perdreau;

Le lion plein de feu, rugit pour sa lionne,

Et le goujon frétille auprès de sa goujonne ;

La chatte en miaulant appelle son matou,

Et la sombre chouette est folle du hibou. J. Duflot.

— On n'oblige jamais la nature à des avances, qu'elle n'en Casse payer les intérêts très cher. Ddclos.

•^ La nature ayant à créer un être qui convint à l'homine par ses proportions physiques, et à l'enfant par son moral, résolut le problème, en faisant de la femme un grand enfaat.

RiVAHOL.

^— Il n'est pas dans la nature qu'un homme n'épousera qu'une femme. Diderot.

— L'amour d'un homme qui aime bien, jouit ou frémit de tout ce qu'il imagine, et il n'y a rien dans la nature qui ne lui parle de ce qu'il aime. Stendhal.

NOCZ.

— - Sous le règne de saint Louis, les nouveaux mariés ne pouvaient coucher ensemble les trois premières nuits de lears noces, sans en avoir acheté la permission des évèques. — C'était bien ces trois nuits-là qu'il fallait taxer, disait Montesquieu, car pour les autres on n'aurait pas donné beaucoop d'argent. A. R.

— M. de la Condamine épousant a quarante-huit ans une jeune fille d'une vingtaine d'années, lui offrit, le lendemain de «on mariage, une botte de bonbons dans laquelle elle troova ces jolis \ers :

D'Aurore .et de Tilon vous connaissez l'histoire : Notre hymen m'en rappelle aujourd'hui la mémoire; Mais de mon sort Titon serait jaloux.

Que ses liens sont diiïéreDts des nôtres ! *Anrore, entre ses bras, vit vieillir son époux.

Et Je riyeunis dans les vôtres. A. R.

Jne jeune mariée trouva sur son lit, le lendemain de set le joli quatrain que voici *

Ci-gtt la pucelle Lisbé.

hantez, Amours ; Grâces, mourez comme elle ; .isbé revit toujours aussi fraîche qu'Hébé ;

Il n'est de mort que la pucelle. A. B.

Un Jour de noce on espère, et tout est beau ; le lende» m se repent, et tout est laid. C*est que :

ouvent, quoique TAmour soit prié de la fête, Il ne Test pas du lendemain. A. R.

Les plus belles choses de la vie ont parfois un lendemain le faut pas voir. P. Rocbpèdre.

Dans ces fêtes données sur une vague espérance de féliiQjugale, les familles sont comparables à un étourdi qui, nant un billet de loterie, donnerait à ses voisins un repas en réjouissance de ce qu'il espère gagner un terne.

Charles Fourrier.

[}uand Tamour n'est pas de la noce, les fleurs dont la B se couronne cachent une blessure qui ne se guérit au le la victime, qu*en se reportant au front de son bour-

Adolphe Ricard.

Une femme chaste, pour les anciens, était celle qui ne ait point à de secondes noces. Ils n'accordaient un cœur ;nt pur, qu'à celles qui refusaient de sortir du lit où elles t laissé leur virginité. Valèrk Maxime.

Un homme d'une cinquantaine d'années, veuf depuis ! mois, voulant se remarier, priait un jour sa vieille amie, ne de Villcdieu, de lui chercher parmi ses connaissances mme qui pût lui convenir par son âge, son caractère et bitudes; et surtout, ajoutait-i! expressément, qui fût aisonnable pour ne demander au mariage que ce que dei qui ne sont plus jeunes peuvent en attendre encore, i-dire des égards et des prévenances. — Rien que cela,

mi! fit madame de Villcdieu, C'est un bien maigre

;, et je doute vraiment de rencontrer une femme qui (s'en contenter. — Comment, Madame, à cinquante ans ! ge n'y fait rien, reprit l'auteur des Annales galantes; il dit le proverbe, pire eau que l'eau qui dort; et puisque rience ne vous a rien appris, sachez donc, mon vieil ami»

— soc —

qae nous ressemblons presque tontes, en détint des années, à ces brasiers que Ton croit éteints sous la centre qui les reconvre: quand on y touche, on se brûle les doigts. A. B.

— Une femme, en se remariant, s'expose au regret de nV voir plus le mari qu'elle avait, ou de o'avoir pas toujoun ca celui qu^elle a. Rochebrune.

— Un homme veuf qui se remarie^ hésiterait peut-être à risquer une seconde fois son bonheur cs; sa liberté, si, comine ce Romain de Thistoire, il se disait avant la' cérémonie : Cest au moins un mauvais présage que de se confier à un navire sur lequel mon prédécesseur a déjà fait luufrage. Alphonse Karr.

— Un homme qui se remarie après avoir été trompé par sa première femme, n'a plus le droit de se plaindre sMl a le malheur d*ètre trompé de nouveau. <c On accuse injustement Neptune quand on fait naufrage pa^r la seconde fois, » a dit Bacon.

Qui repetit thalamum composM uxore jugalem Bis cupit in tumido naufragus esse mari.

AOOLPHB RlCABD.

— Mari qui a pris une femme mérite une couronne de patience ; mari qui en a eo deux, eR mérite deux de folie.

Pboverbb.

NOBK.

-* La vanité unit dans le même écusson les armoiries du mari et celles de la femme : la tendresse ne devrait-elle pas de même unir leurs noms ? Eusèbe Salverte.

•^ Un des signes sensibles €e Tinfériorité de la femme, c'est qu'elle perd son nom, c'est-à-dire sa personnalité, en se msriant. Il y a toute une révélation dans cette coutume. Chez les Romains, la femme conservait son nom de fille. En Suisse et en quelques autres pays, h mari ajoute le nom de sa femme lu sien, composant ainsi un nom double pour rendre sensible eur vie à deux. Daniel Stebn.

— Quand une femme va prononce le nom d'un homme que deux fois par jour, il y a peut-être incertitude sur la nature da sentiment qu'elle lui porte, mais trois?... Oh! oh! Balzac

— Pourquoi laisser aux époux séparés un nom commun qoi les conserve encore solidaires et responsables des faits l'un de l'autre? Une femme n'est pas déshonorée parce qu^elle porte 1^ nom d'un homme qui a des maîtresses, mais il n'est pas com* mode pour un homme de porter le nom d'une femme dont le^ amants se comptent sur les dix doigts. Alhionse Kabb-

— En amour, une femme trouye toujours son nom prononcé^ 'une certaine manière par son amant, le plus éloquent et le lus beau de tous les discours. Charles de Bernard.

— Un mari qui surprend sa femme prononcer en dormant le om d'un Arthur quelconque, est à coup sûr un mari trompé.

Test, le fut ou le doit être. Experto crede Rohetio.

Georges Dandin.

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