OUI
— Ce seul mot qui cimente tous les mariages, n'est peutêtre si court que parce qu'on craint la reflexion.
Adrien Du put.
— Trois lettres ! une seule syllabe ! moins encore, un simple mouvement de tète ! et tout est dit : on est à tout jamais marié !!! Je ne connais point de casse-cou pareil à celui-là.
Adolphe Ricard.
— Les deux mots les plus courts h prononcer, oui et non, sont assurément ceux qui demandent le plus sérieux examen.
Pythagure.
— En amour, oui est un mot que les femmes ne prononcent jamais, car il leur fait peur; mais à défaut de la bouche les yeux le disent, et ce sont eux qu'il faut interroger. C'est un article de foi parmi les dames de se laisser deviner sans se compromettre. Adolphe Ricard.
— La pÂleur divinise la beauté des femmes et ennoblit la Jeunesse des hommes. George Sand.
— La teinte du marbre sied seule aux belles statues vivantet comme aux statues mortes. Il faut sentir l'âme, la passion ou la douleur à travers la peau. L'âme, la passion, la piété, Teothousiasme et la douleur sont pâles* Lamartims.
— Aoe —
— Si Ton pouvait prolonger le bonliear de l'amour dans le mariage, on aurait le paradis sur la terre. J.-J. Rousseau.
— Un enfant disait à son père :
*- Les femmes ne vont donc Jamais en paradis?
— D'où vient, dit le père surpris.
Cette demande singulière ?
— C*est, répliqua Tenfant, que Je ne vois Jamais Malgré leurs flgures gentilles.
De petits anges qui soient faits Gomme sont les petites fllles.
— Le paradis est toujours là où habite Tamour.
Jeâm-Paul Rkbtei.
— Un viel ainoureux que sa belle Repoussait par ses cheveux gris, Lui dit, un matin : — Ma cruelle, J*ai rêvé le vrai paradis ;
Je vous tenais déshabillée,
Et baisais ce sein qui m'est cher...
— Tout beau ! dit la belle effrayée, Votre paradis c'est Tenfer.
PARDOBT.
— Une femme pardonne tout, excepté qu*on ne veuille pas d'elle. J.-J. RoossEAD.
— On pardonne tant que Ton aime. Les torts ne nous paraissent inexcusables que lorsque nous n'aimons plus.
M"* d'Abconville.
— Jamais les hommes ne deviennent plus tendres que lorsqu'on leur a pardonné une infidélité de passage.
Ninon db Lbnclos.
— Un de nos poètes met ces beaux vers dans la boucha d'une amante éplorée :
Ah ! si Je voyais le cruel qui m'outrage, Disais-je, il connaîtrait ce qu'il a dédaigné.
Pour calmer mon cœur indigné, Sans doute il emploierait son perfide langage; Mais rhonneur offensé soutiendrait mon courage Il supplierait en vain : l'amour Ta condamné..
Eh bien ! J'ai revu le volage, U n'a rien dit, et J*ai tout pardonné !
— Les femmes se pardonoeat rarement Tavantage de la
%)eauté. FONTEKBLLE.
— Une femme est bien près de sa chute quand elle a par- 4)onné souvent. Saint-Prosper.
— Avoir beaucoup aimé : il y a un pardon attaché à cette faute, et le pardon est consacré. J. Joubert.
— Ce qui fait qu'on peut pardonner à beaucoup de femmes de n'avoir pas le sens commun, c'est que, chez elles, c*est le cœur qui est le fou de la maison. Stabl.
— Une femme ne pardonne aisément aux autres femmes que les péchés qu'elle peut encore commettre : il est prudent de se montrer indulgent pour les autres, quand on court le risque d'avoir soi-même besoin de leur pardon. Adolphe Ricard.
— Les femmes guérissent de leur paresse par la vanité ou par Tamour. La paresse au contraire, dans les femmes vivea, €8t le. présage de Tamour. La Bruyère.
— L'amour est un réveil-matin,
Qui, de ce doux péché, que l'on nomme paresse, En moins de deux leçons corrige la Jeunesse.
— Un poëte nous a laissé ces sages conseils :
Il faut que Thomme se repose; Il en travaille doublement :
On voit régner sur toute chose Le repos et le mouvement.
Que le travail plein de mesure Ne force jamais la nature ; On ne peut pas toujours marcher :
La paresse est de la sagesse.
Et si l'Amour tirait sans cesse En serait-il meilleur archer?
PARIS
— On ne fait rien dans Paris que par les femmes : ce sont comme des courbes dont les sages sont les asymptotes; ils s'en appprochent sans cesse, mais n'y touchent Jamais.
J.-J. Rousseau. .
— Un jour la fée Bleue descendit sur la terre dans l'intention courtoise de distribuer à toutes ses filles les habitantes des divers pays, les trésors des faveurs qu'elle portait avec elle.
Son nain Amarante sonna dn cor, et anssitAt une jeune femme de chaque nation se présenta au pied du trône de la fée Bleue. Toutes ces unités finirent, on Timagine, par former une foule assez considérable. Ceci se passait longtemps avant la révolution de juillet 1830.
.La bonne fée Bleue dit à toutes ses amies : « Je désire qu'aucune de vous n'ait à se plaindre du don que je vais lui faire. Il n'est pas en mon pouvoir de vous donner à chacune la même chose ; mais une telle uniformité dans mes largesses n'en ôteterait-elle pas tout le mérite? » Comme le temps est précieux aui fées, elles parlent peu. La fée Bleue borna là son discours, et commença la distribution de ses présents. Personne n'en parut fâché.
Elle donna à la jeune femme qui représentait toutes les Castilles des cheveux si noirs et si longs qu'elle pouvait s'en faire une mantille.
A l'Italienne, elle donna des yeux vifs et ardents comme une éruption du Vésuve au milieu de la nuit.
A la Turque, un embonpoint rond comme la lune et.doui comme la plume de l'eider.
A l'Anglaise, une aurore boréale pour se teindre les joues, les lèvres et les épaules.
A une Allemande, des dents comme elle en avait elle-même, et ce qui ne vaut pas mieux que de belles dents, mais qui a son prix, un cœur sensible et profondément disposé à aimer.
A une Russe, la distinction d'une reine. .
Puis, passant aux détails, elle mit la gaieté sur les lèvres d'une Napolitaine, Tesprit dans la tète d'une Irlandaise, du bon sens dans le cœur d'une Flamande, et quand il ne lui resta plus rien à donner, elle se leva pour reprendre son vol.
— «f Et moi? lui dit la Parisienne en la retenant parles bords flottants de sa tunique bleue.
— Je vous avais oubliée?
— Entièrement oubliée, Madame.
— Vous étiez trop près de moi, et je ne vous ai pas vue. Mais que puis-je maintenant? le sac aux largesses est épuisé. »
La fée réfléchit un instant, puis rappelant d'un signe toutes ses charmantes obligées, elle leur dit : « Vous êtes bonnes, puisque vou»étes belles; il vous appartient de réparer un tort très grave de ma part : dans ma distribution, j'ai oublié votre sœur de Paris. Que chacune de vous, je l'en prie, détache une partie du présent que je lui ai fait et en gratifie notre Pari- «ienne. Vous perdrez peu et vous réparerez beaucoup. »
Comment refuser a une fée. et surtout à la fée Bleue?
Avet la grâce qu*ODl toujours leâ gens heureux, ces daines s^approchèrent tour à tour de la Parisienne, et lui jetèrent en passant Tune un peu de ses beaux cheveux noirs» l'autre un peu des roses de son teint, celle-ci quelques rayons de sa gaieté, celle là ce qu'elle put de sa sensibilité; et il se fit ainsi que la Parisienne, d'abord fort pauvre, fort obscure, très effacée, se trouva en un instant, par cet acte de partage, beaucoup plus riche et mieux dotée qu'aucune de ses compagnes.
LÉON GOZLAlf.
— En voyant un cavalier que sa monture venait de jeter à terre, une jeune paysanne des environs de Paris se mit à rire aux éclats. — Petite sotte! lui dit le cavalier qui reprenait avec humeur le chemin de la capitale, vous feriez beaucoup mieux de rougir plutôt que de vous moquer ainsi de moi, car je vous le dis sans plus de façons, mon cheval n'en fait autant que lorsqu'il aperçoit une catin. — Ohiben alors M'sieur ! vous feriez ben de n'pas entrer dans Paris, lui répondit la paysanne en riant de plus belle, car avant qu'y soit une heure, foi de Jeanne ton, vous aurez ben certainement le cou rompu. A. R.
— Un amant est toujours bavard ; il n*y en a point, quelque grand parleur qu'il soit, qui pense en dire assez dans rintérét de soD amour. Plautb.
— L'amour est accoutumé de faire des muets de ceux qui parlent le mieux. M"* de Scudérl
— L'amitié et l'amour sont des choses bien différentes»- L'amitié peut être muette, et le doit être presque toujours. L'amour, au contraire, doit être éloquent; l'exagération lui est naturelle; et l'on ne peut jamais trop dire qu'on aime. C'est un crime, en amour, de parler d'autre chose que de sa passion, dès qu'on est seul avec la personne aimée. M*"* de Sartort.
— Les paroles sont la clef du cœur. *♦*
— Les jeunes femmes qui ne veulent point paraître coquettes, et les hommes d'un âge avancé qui ne veulent pas être ridicules, ne doivent jamais parler de l'amour comme d'une chose où ils puissent avoir part. La Rochefoucauld.
— Les femmes parlent sans dire un seul mot, et se donnent en refusant d'accorder. Lope de Véga.
— Le serpent, après avoir séduit la femme, lui prêta sa langue. ***
— Les femmes sont faites de langue, comme les renards de queue.
— La langue des femmes est leur épée. PROYERBBft*
— ao —
— . . • Quand une femme a le don de se taire^
Elle a des qualités an -dessus du vulgaire.
€*est un effort du ciel qu*on a peine à trouver :
Sans un petit miracle il ne peut l'achever;
Et la nature souffre extrême violence
Lorsqu'il en fait d'humeur à garder le silence. Destodches.
— Les femmes peuvent toujours parler; c'est une bien sage 4lisposition que la coutume qui leur assigne en partage dei occupations compatibles avec celle-là. Adri£n Doput.
— Telle nuaùce qu'on imagine entre les femmes, depuis la ceine Jusqu'à la grisette, dans la plus bète comme dans la plas ■^spirituelle, on reconnaîtra toujours les femmes quand on voo- 4lra : on n'a qu'à les faire parler sur d'autres femmes.
ROCHEBRUNE
— On aime encore à parler de ce qu*on a bien aimé, long- 'temps après qu'on n'aime plus. Râtif de la BsBroinfE.
— La femme qui parle toujours de son amant est indiscrète; <x\\e qui n'en parle jamais est maladroite. Lixgrée.
— Dans le commerce de l'amour, les hommes ont l'habitade •<les grands discours, les femmes des demi-mots. Cela tient à ce •que les hommes veulent persuader; les femmes, au contraire, «refuser. Saint Piosper.
— Aucune femme ne parle des femmes sans penser un peu rà elle; aucune ne pense à elle sans penser beaucoup à d'autres.
SOABO.
— Tant qu'on aime une femme, on lui parle beanconp ^'elle ; quand on ne l'aime plus, on lui parle beaucoup de soi.
Beadchêmb.
— Une femme avec laquelle on parle d'amour, s'attend tonjours à quelque chose. Achille Poimcelot.
— Le moyen le plus neuf et le plus original de parler des /emmes, c'est toujours d'en dire du bien. Le vême.
— Quand on parle des femmes, il faut opter : de mentir on •de leur déplaire. 11 n'y a pas d'autre milieu dans cette alter- -oative, que de n'en rien dire. BocBEBROifE.
— Plusieurs jeunes filles, pensionnaires dans un couvent des environs de la capitale, ayant appris que le jardinier de la «liaison s'était marié le matin , s'avisèrent de le séparer de sa femme la première nuit de ses noces. Elles y réussirent si l>ien, que le pauvre diable, malgré toutes ses recherches, dut «e résigner à s'aller coucher seul. II regagnait donc triste^ ment son logis, lorsqu'en traversant' un corridor, il aperçOi une nonette de dix-sept ans qui dormait sans défense dans si cellule entr*ouverte. Tenté par l'occasion , ce diable qui noiri
— Ail -
te toujours , notre homme se mit à eàié d'elle. Mais par heur cela se sut, et la religieuse fut sévèrement repriidée. — <c Pourquoi donc, petite libertine, n*avez-vous pas ;sé le démon? » lui dit la supérieure. — Biais ma mère, cela n*a pas été possible, j*étais toute seule.— Eh bien ! il fallait îler, crier, demander du secours. — Oui, mais je ne le devais it. — Et pourquoi donc, s'il vous platt, Blademoiselle ? — iment pourquoi? mais, ma mère, répondit la petite friponne, ve que vous nous avez expressément défendu de parler après iplies. A. R.
- L'ajustement est la chose qui réjouit le plus les filles.
MOLIÈBB.
- Toute femme, à reicès,.est folle de parure.
Fabre d'Églimtimb*
- Les femmes s'habillent moins pour être vêtues que pour larer ; et seules devant un miroir, elles songent encore plui
hommes qu'à elles-mêmes. Mirivaux.
- Lorsque les femmes se parent, la plus jolie est toujours la s mal parée. ***
- L'excessive parure d'une femme vieille ou laide, avertit îUe ajoute, soit aux outrages de la laideur, soit aux ravages la vieillesse, les extravagances de la folie. M"* de Sommert.
- Il y a des femmes à qui la parure est nécessaire ; elles t comme ces viandes qui ont besoin d'être fortement assaiaées pour donner de l'appétit. Bochsbrdnb.
- Les femmes ne se parent que pour plaire, quoi qu'elles en •nt; et l'on ne cherche à plaire par sa figure que parce qu'on Q amant on qu'on en cherche. M** d'Arconyillb.
— A quatorze ans quel bohheur d'être fille» Fille et jolie ! Églé l'était, dit-on;
Son grand œil noir, sa mine appétissante» Le tour heureux de son petit menton.
Les doux trésors de sa gorge naissante. Charmaient déjà tous les yeux du canton. Advint qu'un jour, sur ces globes d'albâtre» Point n'étendit cet envieux tissu. Qui les dérobe au regard idolâtre :
Ah! quel bonheur, si Colin l'avait su!
Mais cet oubli par la mère aperçu,
Fit bien gronder la pauvre Églé surprise.
— Que vois-je? 6 ciel ! 6 fille mal apprise!
Quoi! sans fichu? quel coupable deissein Aux yeui lascifs découvre votre sein?
Ah! gardez-vous du paraître ainsi nue; Sous un mouchoir il faut vous enterrer. — Las! j'y consens, dit la fille ingénue, Mais avec quoi pourrai-je me parer?
>— Toute parure nuit à une Jolie femme; tout ce qui la cache la liépare. Laclos.
— Les amants sont bien fous de songer à se bien mettre; on a bien autre chose à faire en voyant ce qu*on aime, que de songer à sa toilette : » On regarde son amant et on ne rexamine pas » a dit Rousseau. Si cet examen a lieu, on a affaire i l'amour goût et non plus à Tamour-passion. L'air briiiaDl de la beauté déplaît presque dans ce qu'on aime ; on n'a que faire de la voir belle, on la voudrait tendre et languissante. La parure n'a d'effet, en amour, que pour les jeunes filles qui, sévèrement gardées dans la maJson paternelle, prennent souvent une passion par les yeux. Stendhal.
— Une femme comme il faut doit éviter par tous les moyens d'attirer l'attention dans la rue; elle doit, par sa volonté, faire ce que font par force les femmes de l'Orient, passer inaperçue. — Une fefimie comme il faut doit avoir dans la rue. une robe simple et de couleur sombre. Il n'appartient qu'aux pauvres créatures qui n'ont pas de salon et ne vont pas dans les salons de se faire un salon de la rue, d'attirer les regards, de chercher des succès de rue, des hommages de rue. — Mais ne nous trompons pas ici. — N'allez pas supposer que je conseille aux femmes de ne plus aimer la parure : — Allons donc! c'est un devoir pour toute femme d'èlre le plus jolie qu'il lui est possible. Mais ne faites pas la confusion que reprochait Apelles à un peintre qui> ayant à représenter Vénus, l'avait chargée de colliers, de bracelets, etc. — o Ne pouvant la faire belle, lui dit Apelles, lu I as laite riche. » — Choisissez toujours les formes et les couleurs qui vous vont le mieux ; préoccupez-vous de votre toilette et de votre beauté, mais respectez vof.re beauté. Il n'7 pas de diamants qui soient aussi beaux que de beaux yeux; il n'y a pas de bijou qui vaille un de vos cheveux. Demandez à la parure un assaisonnement pour votre beauté. Votre beauté est une suave mélodie : la parure doit l'accompagner, la faire va* loir, mais non la couvrir et l'écraser. Alphonse KarR*
— Femme qui trop se pare, gâte la figure de Dieu. Proverbe.
— Dans une rivière de diamants j'ai vu se noyer rhonncnr de bien des femmes. Adolphe d'Houdetoi*