PASSION
^- Des passions ardentes nous passons aux passions frileuses:.
Montaigne.
,— De toutes les passions violentes, celle qui sied le moins mal aux femmes, c'est Tamour. La Rochefoucauld.
— Quand on a le cœur encore agité par les restes d'une passion, on est plus près d'en prendre une nouvelle, que quand on est entièrement guéri. La Rochefoucauld.
— Les grandes et les véritables passions sont celles que nous ignorons souvent nous-mêmes au fond de notre cœur : le temps, Tabsence ou les engagements de Tobjet que nous aimons, nous les découvrent. Rochebrune.
— Le plaisir de Tamour est d'aimer; et l'on est plus heureux par la passion que Ton a, que par celle que Ton donne.
La Rocuefoccauld.
— Jucundissimumest in rébus humants amari, sed non miniis amare. Pline le jeune.
— La passion fait souvent un fou du plus habile homme, et rend habiles les plus sols. La Rochefoucauld.
— Quand on se rend le jouet d'une passion, on le devient de ceux qui l'inspirent. M*"** de Staël.
— Rien ne contribue tant à augmenter une nouvelle passion, que les louanges que l'on entend donner à celle qui la cause.
M"* D8 Sartobt.
— Dans les premières passions^ les femmes aiment l'amant; dans les autres elles aiment Tamour ou plutôt ses plaisirs.
La Rochefoucauld.
— Il n'y a de passions que celles qui nous frappent d'abord et qui nous surprennent; les autres ne sont que des liaisons où nous portons volontairement notre cœur. Les véritables inclinations nous l'arrachent malgré nous. M"* de Lafayette.
— Les distractions d'une vie occupée et contenlieuse rompent nos passions. La femme couve les siennes : c'est un point fixe sur lequel $on oisiveté ou la frivolité de ses fonctions tient son regard sans cesse attaché. Ce point s'étend sans mesure; et pour devenir folle, il ne manquerait à la femme passionnée que l'entière solitude qu'elle recherche. Didebot.
— Il4trrive quelquefois qu'une femme cache à un homme toute la passion qu'elle sent pour lui, pendant que de son côté il feint pour elle tout ce qu'il ne sent pas. La Bruyère.
— Il y a des femmes perdues qui n'auraient jamais eu qu'une pisaioD, si elles l'eussent ressentie pour un honnête homme*
— AiA —
«Après avoir été trahies, elles sont déchirées de remords, oa «Iles les perdent à force de mériter d'en avoir. Dcclos.
— Toutes les passions nous font faire des fautes; mais ramoar nous en fait faire de plus ridicules. La RocHEFOuauLo.
— Un pauvre poëte à qui Tamour tournait la tète, répoDdit à sa maîtresse qui lui reprochait un jour toutes ses gaucheries :
Églé, vous vous plaignez que je n*ai point d'esprit
A vous parler de mon martyre ; Hélas ! ignorez-vous qu'un mal que Ton peut dire
N'est jamais si grand qu'on le dit?
Un amant dit assez quand il est interdit, Quand il languit, quand il soupire;
Mais apprenez, Églé, qu'un mal que Ton peut dire N'est jamais si grand qu'on le dit.
— L'amour est de toutes les passions la plus forte, parce <iu*elle attaque à la fois, la tète, le cœur et le corps.
Voltaire.
— Le grand, le cruel caractère des passions, c'est d'impriifner leur mouvement à toute la vie, et leur bonheur à pca ^*instants. M"* de Staël.
— Il n'y a point de passion qui nous fasse une si forte iilasion que l'amour. Ou prend sa violence pour un signe de si durée ; le coeur surchargé d^un sentiment si doux, l'étend, pour 4iinsi dire, sur Tavenir ; et tant que cet amour dure, on croit <]u'il ne finira point. Mais au contraire c'est son ardeur mémo <iui le consunie; il s'use avec la jeunesse, il s'efTace avec la l>eauté, il s'éteint sous les glaces de l'âge ; et depuis que le monde existe, on n'a jamais vu deux amants en cheveux blancs soupirer l'un pour l'autre. J.-J. Roussead.
— L'amour n'est pas une seule passion ; il éveille et réunit toutes les autres. M*"* de Souza.
— La passion, en échauffant notre cœur, nous embellit. €*est en songeant au pouvoir créateur des passions, qu'une -femme à qui l'on témoignait de la surprise de Tamant qu'elle avait choisi, dit pour toute réponse : Vous a-t-il aimé?
Meuhah.
— La femme contrefaite que son mari trouve droite, la tK)itease qu'un homme ne veut pas autrement, ou la femme igée qui parait jeune, ne sont-elles pas les plus heureuses créatures du monde féminin ? — I^ passion ne saurait aller au •delà... — La gloire de la femme n'est-elle pas de faire adorer -ce qui parait un défaut en elle? Ralzac.
— Les femmes croient souvent aimer, encore qu'elles n'»*
nt pas : roccupation d'une intrigue, rémotion d'esprit qtm ine la galanterie, la penle naturelle au plaisir d'être aimées, la peine de refuser, leur persuadent qu'elles ont de la pasa, lorsqu'elles n'ont que de la coquetterie.
La Rochefoucauld.
— Les grandes passions font plus l'éloge de ceux qui les sentent, qu'elles ne prouvent en faveur de ceux qui les pirent. Limgué.
— Dans sa première passion, la femme aime son amant; is toutes les autres, elle n*aime plus que l'amour ; l'amour lent pour elle comme un vêtement qu'elle ne peut plus ndonner, et qui lui va toujours bien, comme un gant souple. *ouvez-Ie, vous verrez que je dis vrai : un seul homme bord peut toucher son cœur; elle préfère ensuite Thomme pluriel, Dc trouvant pas que les additions la gênent beaup. Btbon.
— Une passion secrète défend mieux le cœur d'une femme I sa propre vertu. Rétif de la Bretonne.
— Paraître instruit de la passion de sa femme est d'un sot, 18 feindre d'ignorer tout est d'un homme d'esprit, et il n'y a re que ce parti à prendre. Aussi dit-on qu'en France tout monde est spirituel. Balzac.
PATIEUrCX.
-« La patience est nécessaire aux amoureux. Avec le temps le la patience on vient à bout même des Pénélopes. OvmK. ~ Rien ne fait autant d'honneur à une femme que sa ience, et rien ne lui en fait si peu que la patience de son i. J. Joubert.
- Femme qui natt belle n'est pas tout à fait pauvre.
Proverbe.
- Les richesses alimentent l'amour, mais la pauvreté n*a les moyens de le nourrir. Ovu>b.
L'amour! Il fuit les malheureux ;
Il aime la fortune, et n'est pas plus fidèle; On ne l'a que trop vu s'envoler avec elle. Et ne laisser à ceux qu*il avait enflammés Que l'affreux désespoir de s'être trop aimés.
- L'amour n'est fait ni j)our les rois ni pour lei peuples {
les rois OQt trop de devoirs, le peuple a trop de besoios.
Bbbhis.
4. Rien n'use tant l'ardeur de ce noeud qui nous lie, Que les fâcheux besoins des choses de la vie ; Et Ton en vient souvent à s^accuser tous deux De tous les noirs chagrins qui suivent de tels feux.
— La femme, dans les ménages pauvres, c*est réconomie, l'ordre, la providence. Toute influence qu'elle gagne est qr progrès dans la moralité. Michelet.
— « Germain, qui donc se marie parmi les gens de II ferme? ♦> demandait un jour M. M***, en voyant un jeune paysan et sa fiancée, tous deux fort pauvrement vêtus, sortir en cérémonie de l'égiisc de leur village. — Monsieur, répondit eCTroulément le valet du tripoteur enrichi, c'est la faim qai épouse la soif. A. R.
— Quand le pauvre donne il demande, dit Euripide. N'en est-il pas ainsi de l'amour? P. Rochpèdbe.
— Un jeune homme qui s'était violemment épris de sa jolie cousine, la suppliait un jour, à genoux et les mains jointes, de lui faire la charité d'un seul baiser. — Je ne puis rien pour vous, monsieur, lui dit-elle en s'esquivant, absolument rien... j'ai mes pauvres. A. R.
— Les femmes, malgré le système oppressif qui pèse sur elles, ont obtenu le seul privilège qui devrait leur être refusé: celui de faire accepter à l'époux un enfant qui n'est pas le sien, et sur le front de qui la nature a écrit le nom du véritable père- Charles Fouribb.
— Un négociant en denrées coloniales qui possédait une Jolie femme et une grande fortune, vint un jour trouver Michel de Bourges, et lui demanda ce qu'il devait faire pour récuser la paternité d'un enfant dont sa femme venait d'accoacbcr.
— Pourquoi donc, Monsieur, n'acceptez-vous pas cet enfant? lui dit le célèbre avocat. — Parce qu'il n'est pas de moi, répondit le négociant. — Mais vous êtes marié, ce me sembl^
— Oui, certes. — Légitimement? — Sans doute. — Eh bien alors, cet enfant vous appartient. — Mais, Monsieur... — H n'y a pas de mais, la loi est formelle : IspalerestquemjiisUB nupiiœ demonsirant. — Qu'est-ce que cela veut dire? demanda le négociant qui ne savait pas le latin. — Cela veut dire, répliqua le jurisconsulte, que le véritable père est celui qui est désigné comme tel par le mariage. — Mais, Monsieur, le mariage ne
t rien dans cette afTaire... — Pardon, pardon, interrompit cbel de Bourges. — Quoi ! s'écria le négociant en s'échaufit un peu, quoi! je suis blanc, ma femme est blanche, elle U)uche d'un enfant mulâtre, et cet enfant est de moi!!! — rtainement. — Ah! pour le coup, c'est trop fort. — C'est nme cela. — Mais enfin, Monsieur, dites-moi pourquoi? fit
négociant qui s'obstinait à vouloir connaître la raison des Dses. — Eh ! ne le devinez-vous pas? répondit l'avocat imtlenté. — Mais non. Dites-le moi, je vous en supplie. — Vous xigez. Monsieur? — Assurément. — Eh bien, reprit froide- ?nt Michel de Bourges, c'est parce que vous êtes ce que fut gar. — Et qu'était César, Monsieur?... — 11 était... marié»
vous déplaise. A. R.
— Ainsi que ses chagrins, l'hymen a ses plaisirs : Quelle joie en effet, quelle douceur extrême De se voir caressé d'une épouse qu'on aime. De s^entendre appeler Petit cœur ou Mon bon, De voir autour de soi croître dans sa maison, Sous les paisibles lois d'une agréable mère. De petits citoyens dont on croit être père !
— Dans un théâtre de vaudeville, au foyer des artistes, on lusait du jour de l'an et de ses conséquences. — C'était le
lir du 1*' janvier. Mademoiselle V avise le petit garçon
une de ses amies. Le marmot croquait des bonbons à pleine )uche. — Dis donc, Jules, tu as eu bien des élrennes, n'est-ce is? — Oh! oui, répond l'enfant, j'ai vu tous mes papas ce latin. H. Villemessant.
— La paternité n'est et ne saurait jamais être qu'un acte e confiance ; paternité et doute sont deux termes insépaibles ; maternité et certitude sont deux termes équivalents.
Emile de Girardin.
— L'amour est le péché de tous les hommes : Vitium cornnunê omnium est ; et ce qu'il y a de désolant, c'est que loin le s'en repentir, la plupart le commettent avec autant de ;>lai8ir que le poisson boit l'eau. Le R. P. du Bosc.
— L'amour a-t-il donc tant de charmes pour les âmes bien nées, que depuis qu'on a bu dans la coupe des pécheurs, on ne [Hiisse prendre qu'à regret le calice des saints ? Hêloïse.
— Il n'est point d'homme si saint et si vertueux qui ne se tente quelquefois chatouillé par les attraits du péché.
OXEMSTIBRN.
— Un soir de cet hiver, Madame la marquisede C***s*ama' sait à passer ses jolis doigts dans la blonde chevelure d*aocharonant petit garçon, de dix ans, qu'çlle tenait sur ses genoax, lorsqu'une de ses amies vint à parler de la gentillesse de cetaimable enfant : — Ah ! Madame, s'écria la marquise en embrassant vingt fois le petit chérubin, quel dommage que ce ne soit pas un péché ! A. R.
— La plupart des femmes caressent le péché avant d'embrasser la pénitence. Fontenelle.
— L'amour absout toutes les femmes ; Madeleine fit sa pénitence en aimant. Laurent Pichat.
— Le cardinal Le Camus prAcbant un jour sur le dixième commandement de Téglise, disait à ses auditeurs : — Oui, mes chers frères, le péché de la chair est le plus abominable de tocs les péchés ; et ce que je vous dis est si vrai, ajouta-t-if avec véhémence, c'est que j'aimerais mieux, quant à moi, tuer, voleret blasphémer que de le commettre. — Oh ! oh ! vous allez bien loin. Monseigneur, s'écria l'un des assistants. — Non, Moosienr, non, je ne vais pas trop loin, répliqua le cardinal ens'adressantà son interrupteur, car ce crime est si bien le plus grand de tons les crimes, qu'il faut être deux pour le commettre! A. R»
-— Molière fait dire à ce bon M. Tartufe :
«r . . .Le mal n'est jamais que dans l'éclat qu'on fait. Le scandale du monde est ce qui fait l'offense, Et ce n'est pas pécher que pécher en silence. »
Les femmes sont assez généralement de cet avis ; et telle qui se montre d'une excessive sévérité pour les petits péchés qui se disent, est d'une indulgence sans bornes pour les gros péchés qui se cachent. Adolphe Rigabd.
— Une Picarde, avec un gros vicaire, Secrètement, faisait bonne amitié.
Et, par ses soins devint quatre fois mère ; Si bien qu'un soir, l'époux contrarié Se prit à dire à sa chaste moitié :
— Que de bambins! tout ceci me déroute. D'où viennent-ils? Ma chère femme écoute : Tu sais pourtant si j'ai toujours triché?
— Oui, mon ami; mais c'est le ciel sans dont«
Qui veut punir cet infâme péché. Bkavxanou*
— ff Pour Dieu! Monsieur, laissez>moi donc tranquille/ disait une jeune fille de quatorze ans, à un vieillard liberti»
qui cherchait à Tembrasser. — Oh ! ne vous fâchez pas si fort^. ma mignonne, reprit le vieux céladon ; à mou âge, vous pour* riez sans péché ra'embrasser vous-même. -rSans péché ! Mais,. Monsieur, voilà tout justement pourquoi je ne le veux pas, ré* pliqaa la petite friponne. A. R.
— En amour , il ne faut jamais s*engager au point d'avoir plus de peine que de plaisir. Adrien Duput.
— L'amour ne cause tant de peines, que parce que trop soofcot la personne qui Tinspire n'en est pas digne.
M"* RiCCOBONI.
— Les choses nous sont plus chères qui nous ont plus cotSté,. a dit Montaigne, et de nos jours un poëte s'est écrié :
Ah ! plus amour tu nous causes de peines.
Plus quand tu fuis tu laisses de regrets! A. R.
«^ Les amants trouvent des plaisirs inexprimables dans lea< inquiétudes mêmes qui tourmentent leur esprit ; et on a souvent dit avec raison, en parlant de l'amour, que tous les autres plaisirs ne valent pas ses peines. Boussannelle.
— Les peines que les femmes plaignent le moins sont celle» que Ton souffre pour elles. Châbâmon.
— Une jeune fille qui s'était laissé dire qu^ai mer était ud crime, et que l'Amour c'était le démon, s'étonnait beaucoup d'entendre un de nos poètes célébrer en beaux vers le doux passe-temps des bergers d'Arcadie. — Mais, Monsieur, fit-elle* un jour avec naïveté, on m'a dit que l'amour était la perte da cour, et qu'il ne donnait que des inquiétudes et des chagrins?* — N'écoutez point de pareils blasphèmes, Mademoiselle, lul< répondit le poëte :
Si l'amour ne causait que des peines ,
Les oiseaux amoureux ne chanteraient pas tant. A. R.
— En retraçant les traits de ce qu'il aime, l'amour peint ressemblant. Mirabeau.
— Dans la profession de foi d'une femme artiste, l'amant
est un dieu, mais Tapostasie n'est pas un crime On peut
conclure de là que si les arts du dessin ne portent pas le feu dans les sens d'une femme, ils préparent son cœur à ne recevoir impunément aucune étincelle, et que s'ils l'éloignent un peu*
des faiblesses de Tamour, ils la rapprochent beaucoup de ses folies. Lemontet.
— La peinture est uoe émancipation pour les jeunes filles; elle leur donne le droit de regarder les hommes en face et ea détail. L*admiration purifie tout. — Si j'avais une fille, elle peindrait le paysage. M"* Db Girarohi.
^ Les pensées élevées sont aussi nécessaires à Famoar qa'i a vertu. M"* De Staex.
— Les plaisirs de la pensée sont des remèdes contre les blessures du cœur. M*"* De Staël.
— Elles sont cachées bien loin les dernières pensées d'one femme. 1^ plus franche vous eu dérobe encore quelques-unes, et il s'en trouve toujours que la plus simple saura bien empêcher qu*on ne devine. Suard.
. — La pensée d'une femme est un gouffre plus profond que la baie de Portugal, et il est bien difficile de dire ce qu'il y a au fond de son cœur : la soude serait attachée à une corde de cent mille toises de longueur, et on la déviderait jusqu'au bout, qu'elle filerait toujours sans rien rencontrer.
Théophile Gautieb.
— On doit, en parlant aux femmes , se rappeler constamment qu'elles veulent d'abord savoir ce qu'on pense d'elles ea bien, ensuite ce qu'on pense des autres femmes en mal.
Saint-Maurice.
— Plus on pense bien d'une femme, plus on est forcé d'être auprès d'elle coupable de trop de hardiesse. Crébillon fils.
— Si les hommes savaient tout ce que pensent les femmes, Ils seraient vingt fois plus impertinents, et si les femmes savaient ce que pensent les hommes, elles seraient vingt fois plus coquettes. Alphonse Kariu
pxarzcTiON.
— Plus on s'abstient des femmes plus on est parfait.
Saint Éloi.
— Il y a peu de femmes si parfaites qu'elles empêchent OQ mari de se repentir, du moins une fois le jour, d'avoir une femme, ou de trouver heureux celui qui n'en a point.
La Brutère.
— L'amour perfectionne les âmes bien nées.
M*"* DE Lambert.
— La perfection d'une jolie femme n'est peat-étre autre chose que son rapprochement le plus complet de l'enfance.
Lemontet.
— Il suffit de penser à une perfection pour la voir dans ce qu'on aime. Stbndhal.
PERFZDIC.
— La perfidie, si je Tose dire, est un mensonge de toute la personne : c'est dans une femme l'art de placer un mot ou une action qui donne le change, et quelquefois de mettre en œuvre des serments et des promesses qui ne lui coûtent pas plus à faire qu'à violer. Là Bruyère.
Souvent d'un faux espoir un amant est nourri, Le mieux reçu n'est pas toujours le plus chéri ; Et tout ce que d'ardeur font paraître les femmes, Parfois n'est qu'un beau voile à couvrir d'autres flammes.
MOUÈRE.
— On tire ce bien de la perfidie des femmes , qu'elle guérit de la jalousie. La Bruyère.
— Le mot de perfide est, après celui de cruelle, le plus doux à l'oreille d'une femme, et il est moins pénible à mériter.
Laclos.
PERMISSIOUr.
— En amour, ce que Ton permet de prendre a plus de prix que ce que l'on donne. J. Petit-Senn.
— Un épicier qui venait d'épouser, après six mois des plus pressantes sollicitations, une jeune rosière de Palaiseau, lui disait tout joyeux le lendemain de ses noces : — Ah ! que vous avez bien fait, Suzanne, de ne me rien accorder avant notre mariage !. car vraiment, ajoulait-ii, si vous vous étiez laissé prendre à mes cajoleries, foi de Cliquot, je ne vous aurais jamais épousée. — Oh I je le savais bien, Jérôme» répondit la jeune mariée, aussi je n'ai pas été si bète avec vous qu'avec les autres, je ne vous ai rien permis du tout. A. R.
— En amour, lorsque l'occasion se présente, il y a cette différence essentielle entre les jeunes et les vieilles femmes, c'est que celles-ci permettent de très bon cœur ce que les antres ne refusent qu'à regret. Adolphe Ricard.
— En amour, il 11*7 a que la persévérance qui obtienne quelque chose. On se lasse de refuser toujours à une même personne, et il vient un moment où Ton accorde. Ce moment, il faut Tattendre sans se lasser. Je crois même qu'il est bon quelquefois de surprendre ce qu'on n'accorde pas de bonne grâce. Qu'on le doive au caprice ou à Timportunité, qu'est-ce que cela fait, pourvu qu'on obtieooe ce qu'on désire. « L'essentiel est d'être heureux, même en jouant aux quilles, » disait naguère un grand monarque, et je suis assez de cet avis. Dans tous les cas, les amants persévérants me semblent bien redoutables pour la vertu de celles qu'ils poursuivent. M*^ de Riecx.
— La beauté la plus sévère
Prend pitié d'un long tourment ;
Et l'amant qui persévère
Devient un heureux amant.
Tout est doux et rien ne coûte
Pour un cœur qu'on veut toucher ;
L'onde se fraye une route
En s'efforçant d'en chercher ;
L'eau qui tombe goutte à goutte
Perce te plus dur rocher. Quiii ault.
— Long a dies molli saxa peredit aqua, Ovide.
— L'eau parvient à creuser le roc qu'elle amollit.
Gentil-Bernard.
PZBSVA8ZON.
— Avoir le don de plaire, c'est déjà une grande avance pour persuader. Fontenelle.
— Les jolies femmes ont le talent de nous persuader lor» même qu'elles ne nous parlent pas. Adrien Dopot.
— Rarement vous persuaderez une femme, il faut l'amener à vouloir. Laclos.
— Ce n'est pas le sentiment qu'elles inspirent, mais celai qu'on leur inspire qui persuade les femmes. Rochbbruhe*
— L'art de persuader les femmes n'est rien pour elles si on ne les intéresse: c'est à leur cœur qu'il faut parler pour rendre leur esprit attentif. ♦**
— Pour persuader une femme et la diriger, il ne faut que
savoir se servir de la puissance dont elle use si souvent : la sensibilité. Les raisonnements exacts l'irritent et la tuent.
Balzac.
— Ce qui perd les Temmes n*est pas ce qu^elles accordent, c^est le temps qu'elles perdent à le faire attendre.
Crébillom fils.
— Le premier besoin d'une femme perdue n'est pas de se réhabiliter, mais de perdre les autres femmes. d'àrgens.
— La passion la plus violente doit respecter les limites de la probité. Il n'en est pas des fautes que les hommes commettent pour nous, comme de celles que nous faisons pour eux. On dit de nous que nous avons des faiblesses, on dit des hommes qu'ils se perdent. M"* de Rieux.
— Les femmes et les poules se perdent pour trop courir.
Provebbe.
— Ce qui sauve la plupart des femmes, c'est l'impossible, ce dien protecteur des maris. ***
— Une femme ne communique jamais si promptement la perversité de son cœur, qu'à une autre femme. HéloIse.
— Auprès d'une femme véritablement pervertie, le Lovelace le plus fourbe et le plus séduisant ne sera jamais qu'un écolier. M** de Genlis.
— La peur est le défaut des femmes. On ne devrait cependant rien craindre que soi ; nous portons en nous-mêmes de quoi nous faire trembler. M** de Rieux.
— L'amour est comme la peur, il fait croire à tout.
M"* d'Aulnot.
— Les femmes qui aiment ont toujours peur qu'on ne les aime pas; les femmes qui n'aiment pas se flattent toujours qu'on les aime. Louis Desnotebs.
— Un songe, un rien, tout fait peur,
Quand il s'agit de ce qu'on aime. La Fontauii.
— On parlait un soir avec beaucoup d'éloges, dans une maison du quartier Saint-Sulpice, de la femme d'un libraire nommé Grosjean, si sage et si vertueuse, assurait-on, que de son vivant, tous les hommes lui faisaient peur. — Oh ! oh ! fit un
feuilletonniste qui se trouvait là. -:- Eh quoi! monsieur, vous suspecteriei la probité de la défunte?... Une si honnête Temme ! eidama d'un ton plein de colère un marguillier de la paroisse — Moi ! monsieur, ah ! Dieu m'en garde ! reprit rhomme de lettres ; cependant, ajouta-t-il tout bas à l*oreille de soo interlocuteur, cependant je crois savoir :
Que quoique d'une vertu sévère
Armée contre nous jusqu'aux dents.
Elle fit cinq petits enfants
Dont Grosjean ne fut pas le père. A. R.
— Un pied mignon, chez une femme, est l'abrégé de tontes les grâces. Rétif de la Bretoiine.
— En sortant un soir du café Procope, Piron rencontra sur fon chemin une jeune actrice qu'il n*avait pas vue depuis longtemps. — Ah ! ma pauvre enfant ! quel affreui coup de pied! s'écrîa-t-il en la voyant grosse à pleine ceinture. ^- Et dire, répliqua la jolie soubrette en secouant avec colère le bras de l'illustre poëte, dire que je ne connais pas l'animal qui me Ta donné!!! A. R.
— La femme la plus vertueuse est disposée favorablement pour ceux qui sont sensibles à sa beauté, la plus dévote pour ceux qu'elle induit en tentation. Brantôme rapporte à ce sujet, qu'une belle et honnête dame se faisant un jour tirer ses chausses, demanda au valet de chambre qui s'était chargé de cette besogne, s'il n'éprouvait pas quelques désirs. Celui-ci, pensant bien dire pour le respect qu'il devait à sa maîtresse, lui répondit que non. La dame, haussant aussitôt la main, lui donna un grand soufflet : — Allez, lui dit-elle avec colère, allez, vous n'êtes qu'un sot. Meilhan.
— La princesse de *** avait la jambe parfaitement bien faite, et le pied très petit et très élégamment cambré. On assure qu'ayant été quelquefois obligée, pendant l'absence de ses dames, de se faire remettre un soulier par quelqu'un de ses pages, elle lui demandait s'il n'avait pas eu quelque tentation. Le page répondait que oui. La princesse, trop honnête pour profiter de cette avance, leur donnait quelques louis pour les mettre en état d'aller chez quelque fille perdre la tentatiou dont elle était la cause. Champfort.
— Dans ma première jeunesse, j'ai vu des femmes de quarantc ans exciter violemment mes désirs par le charme inexprimable d'un foulier bien fait et d'un pied non déformé. C'est
que rieo ne va mieux aux femmes, rien ne leur donne plus de grâces qu'une chaussure à lalons élevés. Chaussée plat, une femme ordinaire est une laide femme ; avec de hauts talons, aussitôt elle est jolie ; tant il est vrai que Tagrément du sexe se maintient par la chaussure seule. Madame de Beauharnais, déjà belle, fut ravissante lorsqu'elle emprisonna ses pied$ mignons dans des souliers à talons élevés. Avec cette chaussure, une femme âgée est encore, par là, femme à cinquante ans. Rétif de la Bretonne.
PZTZÉ.
— Si une femme ne me cède que par pitié, je préfère ne point vivre que de vivre d'aumônes. Montaigne.
— La pitié dispose le cœur à une autre passion; elle le conduit imperceptiblement de la compassion à l'amitié, et de Tamitié à Tamour, par une pente nécessaire où l'âme ne se peut retenir, et où elle s'abandonne avec joie, au milieu même de la douleur. M*"* de Sartort.
— La compassion, jointe à Tamitié, forme dans certaines femmes un sentiment si vif, qu*il leur fait commettre les mêmes fautes que la passion la plus décidée. M*"* d'Arcomville.
— Défiez-vous d'un tendre soin, 0 vous qu'un amant effarouche :
Sitôt que la pitié nous touche, Le moment d*aimer n'est pas loin.
-^ Rien n'est si près de l'amour que la pitié !
M*** Desbordes Valmore.
— Je canoniserais gratis une femme dont le mari ne se serait jamais plaint. Sixte V
— Comme on n'est jamais en liberté d'aimer ou de cesser d'ai* mer, l'amant ne peut pas se plaindre avec justice de l'incon* ■tance de sa maîtresse, ni elle de la légèreté de son amant.
La Rochefoucauld.