‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 153 sur 228 · PRINTEMPS · texte numérisé non relu

PRINTEMPS

— Les femmes peuvent aimer en tout temps, mais non pas plaire; l'amour, comme les fleurs, n'a d'attraits qu*au printemps. ROCHEBRUNE.

— Le printemps qui renaît voit renaître le monde ; Mille chants dans les airs ont fêté son retour. Tout brûle de ses feux, s'anime, se féconde; Le règne du printemps est celui de l'amour. D'un ombrage nouveau la terre se couronne; Les arbres enlacés se courbent en berceaux ; Asiles du plaisir, ils soutiennent son trône. Et l'univers soumis lui doit des jours plus beaux.

— Due cour sans femmes, disait François r% c'est une année sans printemps, c'est un printemps sans roses.

— L'amour est semblable à l'année; sa plus belle saison est ton printemps. Ernest Legouvé.

— Le plus beau privilège des femmes est de protéger et de défendre celui que l'homme poursuit. Un loup même, qa> chercherait asile auprès des femmes, on devrait le laisser vivre pour l'amour d'elles. Grimm.

— Le devoir des femmes est d'être vertueuses ; teurs privilèges semblent les borner à le paraître : plusieurs oublient leur devoir, mais toutes se souviennent de leurs privilèges.

BlGNlCOURT.

— I. — Toute femme seule qui, sans s'inquiéter du soleil, de Tombre, du temps et du chemin, va, légère et sérieuse, droit devant elle, et qui, sans avoir l'air de se hâter et sans paraître voir personne, dépasse tout le monde, est à coup sûr — une femme qui sort.

II. — Semblable aux anges qui traversent les tempêtes sans éteindre leur nimbe de feu, ni mouiller leurs blanches ailes, une femme qui sort a toujours autour d'elle une auréole de beau temps. — Parle plus triste ciel, la pluie s'écarte de son front et le pavé s'avance blanc et sec sous son pied, qui l'effleure à peine. — Quelque temps qu'il fasse, une femme qui sort arrive donc toujours où elle va — parfaitement immaculée. Au retour, il est vrai, l'auréole a disparu; mais ce n'est alors qu'une femme qui revient.

ill. — Une femme se promenant avec son mari n'est jamais une femme qui sort. — Toutefois, si parti dans l'intention d'aller se promener à droite, le mari, ayant changé d'avis, va au contraire à gauche, et rencontre un ami de fraîche date, les casuistes le considèrent comme le mari d'une femme qui sort.

lY. — Une femme peut encore sortir avec un enfant, lorsque cet enfant ne parle pas encore, ou avec une amie, quand cette amie doit la quitter en chemin.

V. — Une femme qui a sa voiture à elle ne commence à sortir que du moment où elle en descend. — Toute femme qui, partie à pied, prend une voilure de place, est une femme qui sort du moment qu'elle y monte.

. VI. — Avant d'arriver où elle ne veut pas être vue, une femme qui sort va toujours où elle veut qu'on la voie.

VII. — Rien ne fait distinguer la toilette d'une femme qui sort à l'instant de son départ. C'est le chapeau du jour, c'est la robe nouvelle, c'est le châle qu'on lui connaît ; mais bientôt le châle s'allonge, le chapeau s'avance, le voile descend, les dentelles disparaissent, les bijoux se cachent, et toute la toilette se referme et s'assombrit comme un papillon qui replie ses splendeurs.

YIII. — Une remme qui sort prend toujours du côté

k celui où elle va.

IX. — Sans jamais retourner la tète ni lever les yeui, aoe femme qui sort est magnétiquement avertie dès qu'elle est suivie ou seulement reconnue. Elle retombe alors subitement de poésie en prose, comme une sylphide de théâtre quand le 61 qui la faisait légère vient à se casser.

X. — Un sot salue une femme qui sort, un fat Tévitc en souriant, un galant homme ne la reconnaît jamais.

La simplicité des axiomes de cedécalogue démontre qu*ilcst aussi facile de reconnaître une femme qui sort qu*il est difGcile de savoir oà elle va. Laubent Jah.

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