A MA MAITRESSE
Rosette, pour un peu d'absence,
Votre cœur vous avez changé ;
Et moi sachant cette inconstance, i
Le mien autre part j*ai rangé.
Jamais plus, beauté si légère,
Sur moi tant de pouvoir n'aura.
Nous verrons, volage bergère.
Qui premier s'en repentira.
Tandis qu'en pleurs je me consume, Maudissant cet éloignement,
Vous qui D*aimez que par coatume.
Caressez un nouvel amant.
Jamais légère girouette Au vent sitôt ne se vira :
Nous verrons, bergère Rosette, Qui premier s'en repentira. Où sont tant de promesses saintes.
Tant de pleurs versés en partant ?
Est-il vrai que ces tristes plaintes Sortissent d'un cœur inconstant !
Dicui ! que vous êtes mensongère !
Maudit soit qui plus vous croira!
Nous verrons, volage bergère.
Qui premier s*en repentira.
Celui qui a gagné ma place
Ne vous peut aimer tant que moi :
Et celle que j^aime vous passe.
De beauté, d'amour et de loi.
Gardez bien votre amitié neuve,
La mienne plus ne variera :
Et puis nous verrons à l'épreuve,
Qui premier s'en repentira. Philippe Desportes.
— Le sage ne se repent pas, il se corrige. Le peuple ne se corrige pas, il se repent. Les femmes se jettent dans la ipénitence sans se corriger et même sans se repentir. La péniteDceest le dernier plaisir des femmes. Lemontet.
— Il est rare qu'une femme se repente d'avoir été aimée par un homme digne d'elle, mais elle regrettera de l'avoir aimé. La femme n'a souci que de ce qu'elle donne, et non de ce qu'elle reçoit ou de ce qu'on lui impose. Xavier Etxa.
— Les femmes appellent repentir le doux souvenir de leurs fautes et l'amer regret de ne pouvoir recommencer.
Beauhanoih.
— Il y a quelque chose d'amoureui au repentir d'une passion amoureuse; et cette passion est en nous si naturelle, qu'on ne se repent point sans amour d'avoir aimé.
SAINT-ÉyREMOlIT.
— Il y a presque toujours dans le repentir d'une femme égarée par l'amour, moins de chagrin de sa faute que de regret que ce soit une faute. LatAna.
— <c Ne mets pas le doigt sur un scorpion si tu crains d'en être piqué, » disait le poëte Saadi. — Jeunes Glles, ne jouez pas^ avec l'amour si vous ne voulez Das que l'amour vous blesse.
— âG7 —
ttre la bouche et le baiser il y a toujours place pour un re« Qtir; et comme il n*y a point de belles roses sans épines, les is doux plaisirs sont rarement exempts de regrets.
ÂDO(.PHE RkJâbd.
— Les reproches, en fournissant de nouveaux prétexte^ à iconstance, achèvent d*éteindre Tamour dans le cœur prêt à anger. P. Roghpèdre.
RÉPUTATIOBT.
— 11 n'y a rien plus tendre et douillet qu*est le renom et mtation des femmes, ou qui soit plus subject à recevoir ure, tellement qu'on pourroit dire qu'elle pend à un fil iraignée. Vives.
— Pour une femme dont la réputation est bien établie, la *tu , ou ce qui lui ressemble , devient la sauvegarde du lisir. DuGLOS.
— La jeune Églé, quoique très peu cruelle, D'honnêteté veut avoir le renom.
Prudes, pédants vont travailler chez elle A réparer sa réputation.
Là, tout le jour le cercle misanthrope. Avec Eglé médit, fronde Tamour.
Hélas! Eglé, semblable à Pénélope, Défait la nuit tout l'ouvrage du jour.
— Il est plus facile à une femme de défendre sa vertu 3tre les hommes que sa réputation contre les femmes.
ROCHEBBUNE.
— - La réputation des femmes dépend plus de la prudence leurs maris que de la discrétion de leurs amants.
CUAMPFORT.
— Les femmes qui ont la réputation d'être honnêtes, chastes vertueuses, ne la méritent, pour la plupart, que parce qu*on leur a rien demandé, ou que l'on s'y est mal pris.
Crébillon fils).
— II est un moyen de devenir et de rester longtemps une nmc à la mode; ce moyen n'a jamais manqué son effet, st d'être sage avec une mauvaise réputation.
M™* DE GlRARDIM.
— Une femme qui aime peu veille à sa réputation et craint la perdre ; celle qui aime beaucoup sacrifie facilement sa
mtation à son amour. Achille Poingelot.
aisISTAVCX.
— Quand on veut qu'un sexe résiste, ou veut qu^H résiste autant qu'il faut pour faire mieui goûter la victoire à celoi qui attaque, mais non pas assez pour la remporter. Ce seie ne doit être ni si faible qu'il se rende tout de suite, ni si fort qu*il ne se rende jamais. C'est là le caractère des femmes.
FONTERELLI.
— La résistance d'une femme n'est pas tocgours une preuve de sa vertu, elle Test plus souvent de son eipérience. Quiconque, parmi nous, voudra parler avec sincérité, vous avoaen que le premier mouvement est de se rendre ; on ne résiste qae par réflexion. La nature nous porte à Tamour, Téducatioa noo» en éloigne, et notre gloire consiste à combattre notre penchant. Il en est de la profession de femme vertueuse comme de toutes les autres : on ne s'y perfectionne que par Thabitade à Texercer. Ninon dis Lenclos.
— La nature u'a donné aux femmes que ce qu'il leur faut de courage pour résister quelque temps ; elles n'en ont jamaii assez pour se vaincre tout à fait, lorsqu'elles chérissent le penchant qu'elles ont à combattre. Dobat.
— Les ruisseaux ont une pente Que leur onde suit toujours.
Une pente plus charmante G)nduit les cœurs aux amours.
A quoi sert notre indifTérence ?
Leur pouvoir en est plus grand ; Et souvent la résistance, D'un ruisseau fait un torrent.
— Madame Dubarry cherchant à ramener dans le parti de la cour le duc de Nivernais qu'elle aflTectionnait beaucoup, lui disait un jour : — A quoi sert la résistance, monsieur le duc; n'avez-vous pas entendu le roi dire qu'il ne changerait jamais? — Certainement, répliqua le poëte en s'inclinant devant la belle comtesse ; mais ce jour- là, madame, il vous regardait.
^ — La résistance d'une femme est presque toujours artificieuse. C'est la ressource de celles qui veulent exciter plus d'amour qu'elles n'en veulent prendre. Ninon de Lenclos.
— Je ne conçois pas trop ces belles résistances mathématiquement graduées, qui abandonnent une main aujourd'hui, demain l'autre; puis le pied, puis la jambe et le genou jusqu'à la jarretière eiclusivement, et ces vertus intraitablesi towjou»
prêtes à se pendre ft U sonnette si Ton dépasse d*ane ligne le terrain qu'elles ont résolu de laisser prendre ce jour-là. ^ Cela me fait rire de voir ces Lucrèces méthodiques qui mar* t^hent.à reculons avec les signes du plus virginal effroi, et jettent de temps en temps un regard furtif par dessus leur épaule pour s'assurer si le sofa où elles doivent tomber est bien directement derrière elles. Thbopbile Gautier.
— Une femme indifférente résiste et s*en souvient à peine. Une femme sensible s'applaudit de ses refus ; en s'en applaudissant elle s'en rappelle l'objet; elle le plaint, s'attendrit et finit par se rendre. Ne pourrait-on pas en conclure que, pour un cœur tendre, trop de réflexion sur la résistance est une préparation k la défaite? Labodisse.
— 11 y a souvent dans la résistance des femmes un terme oà elle diminue les désirs de l'amour, et n'accroît plus que ceni de l'amour-propre. Lingree.
— Un homme est humilié de la longueur du siège; elle fait, au contraire, la gloire d'une femme. Stendhal.
— En amour, c'est un art de savoir résister; mais les femmes n'en apprennent guère les principes qu'à leurs dépens.
Xavier Etma.
— Telle femme eût résisté à l'amour qu'elle éprouve, qui ne résiste pas à l'amour qu'elle inspire. On peut résister au plaisir d'aimer, mais on ne résiste guère à celui d'être aimée ; Tamour que l'on a pour nous, nous fait faire beaucoup plus de themin que celui que nous avons pour un autre.
M"* Cécile Fée.
— Ce qui cause souvent la résistance d'une femme honnête à son second amant, c'est le peu de plaisir que lui a donné son premier. Jules Yiabd.
— 11 n'y a pas de résistance plus furieuse que celle d'une femme qui a le genou mal tourné. Théophile Gautier.
— Il ne faut pas être trop aimée pour être respectée ; ^amonr et la vénération ne vont point ensemble.
M"* DE RiEUX.
— Un véritable amour inspire plus de respect pour une bergère aimée que la noblesse du sang pour la première princesse du monde. L'abbé Prévost.
>— Un véritable amour est toujours respectueux, et plus un amant désire, moins il ose entreprendre. La maxime est déli"^ cate, mais je ne la crois pas absolument sûre. Duglos.
— Est-il an pouvoir d'une femme d'aimer T homme à qoi elt« u^aceorde rien? Je laisse aux femmes la décision d*uD points! délicat. Je dirai seulement à ce sujet que, me faisant un jour un mérite auprès d'une demoiselle de ce que dix ans aopara-* vaut j'avais respecté sa vertu, par des motifs de délicatesse relatifs à son honneur et à son repos* elle me répondit très sérieusement : — Mon ami, un procédé semblable nous inspire plus d'estime que de reconnaissance. — Ainsi, la faiblesse des femmes justifie et encourage l'audace des hommes qui sacrifient tout à l'honneur d'en triompher. Cbabanor.
— Défiez-vous, mademoiselle, des égards empressés qu'on aura pour vous. Les hommes ne sont prodigues de respect en* vers les femmes que dans le dessein bien arrêté de leur en manquerau plus tôt. M™* de Rieui.
— Le piège le plus dangereux que la passion puisse offrir, c^est ce voile d'honnêteté dont elle s'enveloppe. M"** de DoRis.
— Le respect contraint Tamour ; il peut le cacher, mais il ne l'éteintjamais; souvent il le rei:\.dplus vif: l'amour est comme les liqueurs spiritueuses, moins elles s'exhalent, plus elles acquièrent de force. Duclos.
— Rien n'est si glacé que le respect seul ; c'est le compagnon de l'indifTéreoce et de l'ennui. Demandez aux femmes prudes et laides ce qu'elles en pensent ; mais surtout, avant cette question, exigez d'elles beaucoup de sincérité.
M"' DE RlEUX.
— En amour, la nature veut que l'homme soit Tassaillant et que la femme chérisse le succès qu'elle a le plus disputé. Pourquoi donc vouloir aux femmes plus de bien qu'elles ne s'en veulent elles-mêmes? Le respect ne les flatte que lorsqu'elles sont dans le monde ; quand elles sont seules il les ennuie. Chaba»on.
— Il y a toujours quelque niaiserie à trop respecter les 'emmes. Elles tirent souvent avantage d'une. trop grande déli-
atesse pour exiger des sacrifices dont elles se raillent en secret.
Xavier Etma.
— Le respect près des dames
Ne soulage jamais les amoureuses flammes. Et qui veut en amour tant soit peu s'avancer, Doit entreprendre tout sans crainte d'offenser.
*— Le respect est une bien honnête chose, en aiùour ; mais il a, selon moi, ce double inconvénient^ c'est qu'en faisant douter de nous, il expose les femmes ^à douter d'elles-mêmes.
Adolphe Ricaed.
— Doc goutte d'eau salée qui tombe diosan verre d'eau tat lonnela MveardDsel : nne rivière, en ee Jetsnt dans rOcéoir leiient Océan elle-même ; la Temme en épooMQt ud homme se ïit i son image. Maboo.
— Toute* femmes lont vue qoand la chandelle est éteinte.
PLirtAHOITE,
— Marie-loi aveccelui qui le Teasemble ; ce qai ae se re.v «mble pai se beurte. Martial.
— Plua une femme diDtred'vn homme au physique et au DwaI, plus elle est aimable et plus elle platt. RocBEBKiniE.
— S'efforcer de ressembler oui femmes n'est pas le raoyei». le leur plaire; elles se haïssent trop 1rs unes les autres pour limer ce qui leur ressemble. J.-J. Rodssead.
— Une femme parfaite et un homme parfait ne doivent pas lins se ressembler dame que de visage ; ces vaines imitatious le sexe sont le comble de la déraison : elles font rire le sage et uir les amours. A moins d'avoir cinq pieds et demi de tant, me Toiidebasseet de la barbe au menton, l'on ne doit pas senéter d'être homme. J.-i,. Rousskac.
— En amour, la femme qui s'homasse n'a pas plus d'emlire sur les hommes, que l'homme qui s'elTéiiiine u'eu a sur le» emmes. Ea perdant leur physique, l'un et l'autre perdent eariaflueuce. Bermardimde Saimt-Pierke.
— Daus un temps d'mdulgence. un Charireut vint k Rome- Commeil ressemblait beaucoup Isa Sainteté,
Elle eut la curiosité De vouloir connaître cet bomme.
Le pape, affable et gracieui.
Ayant vu de ses propres jeui, Que c'étaient mêmes traits en différenU vîsagei :
— Votre mère, dit-il, ne vint-elle Jamais
Faire ici des pèlerinages î
— Nott pas elle. Saint Père, elle n'y viatpoint ; mai» Fea mon père étant jeune, y fit plusieuri vojajeï.
RiOSSITB.
— En amour, quand on veut irrWor. il faut prendre dea Awaui de poste et la grande roule. Lioos.
— Là où un mari trébuche, un amant rélWlit. CCHqn ud ini.nl nhiii i, (mis l<-.s canricci d'une fcmm»! «^e»— «.tw
homine n*est Jamais vil dans les bras de sa maîtresse, il em« ploiera, pour lai plaire» des moyens qui répugneront à un mari.
Balzac.
— On a dit que les gens d*esprit ne réussissaient pas dans le monde parce qu'ils ne croyaient pas les autres aussi bètes qu'ils sont. Les amoureux qui ne réussissent pas, sont comme les gens d'esprit, ils ne croient pas les Temmes aussi curieuses qu*elles le sont en effet. Arsène Houssate.
— Pour réussir auprès des femmes, il n'est pas nécessaire d'être un galant homme, bien moins encore un homme d'esprit; il Tant être tout simplement un homme bien fait. Les femmes n'estiment en nous que ce qu'elles y trouvent à leur portée. L'arrangement des cheveux les séduit beaucoup plus qae la noblesse du cœur; et la distinction de l'esprit est peu de chose pour elles, quand elles peuvent admirer l'élégance des formes et la cambrure du cou-de-pied. Parvum parva décent^ aux petits les petites choses; et j'ajoute avec l'une d'elles :
. . . L'amour n'est jamais le prix de la vertu ; C'est par les agréments que l'on touche une femme; Et pour une de nous que l'amour prend par l'âme, Il en est plus de cent qu'il séduit par les yeux.
Adolphe Ricard
— Le rêve du bonheur est un bonheur réel. Fontaiœs.
— Les femmes, que leur condition fait esclaves et leur nature avides de liberté, sont d'insatiables rêveuses; car la rêverie, c'est la prison qui s'ouvre et -l'âme qui s'envole : et plus la prison est étroite, plus l'Âme, dans sa délivrance imaginaire, prend un essor désordonné. Telle que le monde juge froide, effraierait par l'audace de ses secrètes pensées l'imagination la plus virile; telle autre, qui, en réalité, n'a jamais failli, se donne sans réserve, à certaines heures solitaires, à celui qui ne sait rien obtenir quand il est là.
Charles de Bernard.
— ... C'est notre malheur à toutes d'ignorer Que de son rêve d'or nul ne peut s'emparer ; Nous n'épuiserions pas en de vaines poursuites L'humble part de bonheur où nous sommes réduites» Si quelque expérience eût su nous prévenir Que l'amour nous promet plus qu'il ne peut tenir. Mais nous^ croyons en lui ; notre foi nous abuse : C'est liii qui nous trahit, c'est l'amant qu'on accuse.
On en change, espérant qu'un autre accomplira
LMdéal adoré dont le cœur s'eniTra,
Et Tamour dont on presse encore le mystère,
Nous laisse de nouveau la main pleine de terre.
On reconnaît alors, on reconnaît trop tard,
Qu*on était arrivée au but dès le départ. Emile Augiei.
— Les rêves ne se réalisent jamais. Lorsqu'on a obtenu amour qu'on a désiré comme le comble du bonheur, on est eureux sans doute, mais non pas du bonheur qu'on a rêvé ; ir l'ange qu'on voyait au ciel est tombé, et quoique tombé ans nos bras, il est maintenant de la terre et marche à cêté e nous. Frédéric Soulié.
— L*amour, dans le mariage, serait l'accomplissement d'un eau rêve, s'il n'en était trop souvent la fin. Alphonse Karb.
— Une femme riche est un mal insolent. IntolercLbilius nihil itquàmfœmina dives. Juvénal.
— Les richesses et les grandeurs ne font point le charme de amour. La véritable tendresse sait séparer de l'amant tout ce ni n'est pas lui-même, et mettre à part sa'fortune, son rang ; ses emplois, pour le considérer seul. Héloise.
— Ah ! quand on est aimé qu'importe la richesse? Qu'est-ce auprès d*un baiser reçu de ma maltresse? Sa bouche me sourit ; sur son front rougissant Je lis l'aveu d'un cœur qui désire en tremblant; Qui résiste en cédant ; qui cède avec tendresse ; Qui brûle dans mes bras, en cachant sa faiblesse; Qui d'un œil tout mouillé d'amour et de désir. Semble pleurer de honte en pleurant de plaisir ; Qui d'un bras amoureux me repousse avec peine. Et de l'autre aussitôt me retient et m'enchaîne ; Et qui couvrant mon front d'un timide baiser. En se pâmant encor me dit de la laisser!
— Une femme n'aime guère, n'aime point sans connaissance ; cause. Il faut qu'un homme soit bien fait, ou spirituel, ou che. La bonne mine platt à beaucoup de femmes, l'esprit à usieurs, la richesse à toutes. Les femmes n'aiment point ud che qui ne veut rien donner: elles dédaignent un homme de érile qui ne peut rien donner ; l'utile, chez elles, l'emporte •ujours sur l'agréable, et comme cette courtisane de Plaute, les ont les yeux aux mains. Rocbebrdmb.
— Au temps heureux où régnait Tabondance, On goûtait, en aimant, mille et mille douceurs; Et les amants ne faisaient de dépense Qu'en soins et qu'en tendres ardeurs :
Mais aujourd'hui, sans opulence.
Il Tant renoncer aui plaisirs; Un amant qui ne peut dépenser qu^en soupirs, N^est plus payé qu'en espérance.
— Celui qui ne voit dans une belle femme que la richesse •de son écrin, est un homme sans goût. Ratnal.
— Il est impossible de se livrer à un grand attachement et -de faire sa fortune : l'amour vrai ferme toutes les voies à l'opatence. M*"* de Riedx.
— L'amour ne peut offrir que lui-même, et qui en veat tirer autre chose n'est pas digne d'être aimé.
Théophile Gautier* ^- Épouser une femme riche, c'est souvent acheter une terre |K>ur son revenu. On va d'abord pour la voir, mais on n'y reste |)as. On en reçoit l'argent, et le fermier la fait valoir, comme l'amant la femme. Blondel.
— Aux richesses de Crésus
Je ne porte point envie;
Ces trésors sont superflue...
Eh! qu'<i^oule, ma Sylvie,
L'or au bonheur de la vie?
Quand le riant dieu Bacchus,
Près de moi, dans une fête,
De fleurs couronne ma tête,
Qu'ai-je à désirer de plus?
Insensé qui s'embarrasse
D'un avenir incertain!
Saisissons Tinstantqui passe;
Qui sait s'il vivra demain?
Vous à qui la Parque encore
Daigne filer de beaux jours.
Consacrez-les aux amours ;
Trop tôt l'heure qu'on ignore,
En viendra troubler le coars. Anacréor.
Les rides sont le tombeau de l'amour. Sarrasm*
Les rides font compter les années sur le Tisage, cumoM
nuT un cadran le temps fait compter les heures. Le (*. du Bosc.
— Si j'avais assisté au conseil du Créateur lorsqu'il forma a nature humaine, je lui aurais conseillé de mettre les rides jous le talon. Ninon de Lenclos. .
— Ce qui effraie le plus les femmes, c'est de songer qu'elles âeillissent; la plupart s'en consoleraient toutefois si les rides ie montraient ailleurs que sur le front. Rocrebrune.
— Le coeur n'a pas de rides. M'°*' de Sévign^.
— La beauté et la laideur disparaissent également sous les rides de la vieillesse; l'une s'y perd, l'autre s'y cache.
J. Petit-Senn.
RIDICUIiE.
• — Les femmes adorent nos plus grands ridicules, quand elles peuvent se flatter que c'est notre amour pour elles qui nous les donne. Crérillun fils.
— L'homme prend les ridicules de son habit : mettez-lui des jupons, il sera coquette ou prude. Meilhan.
— L'amour a vingt manières de rendre ridicule un honnête homme. Massias.
— Une femme qui fait la jolie, si elle Test réellement n*a qu'un ridicule ; si elle ne l'est pas, elle en a deux. Lingréb.
— Les rois et les maris trompés sont toujours les derniers à s'apercevoir de leurs ridicules. Napoléon.
— Une femme sera laide, mal faite, méchante, ignare, sotte et bète, mais ridicule presque jamais. Louis Desnoyers.
— Femme qu'amour et jeunesse quittent se pique d'un rien.
Proverbe.
— La conversation des femmes roule le plus souvent soi rien. Un rien les occupe, les amuse, les éblouit, les enchante, les séduit; mais un rien a suffi pour faire filer Hercule aul pieds d'Omphale. Adrien Duput.
Un rien est de grande importance ;
Un rien produit de grands effets.
En amour, en guerre, en procès,
Un rien fait pencher la balance.
Un rien nous pousse auprès des grands ;
Un lUu nous fait aimer des belles;
Un rien excite nos talents.
Un rien dérange nos cervelles.
D'un rien de plus, d'un rien de moins
Dépend le sucrés de nos soins ; Un rien flatte, quand on espère:
Un rien trouble, lorsque l*on craint ; Amour, ton Teu ne dure guère ; Un rien l'allume, un rien Téteint !
— Deux hommes qui ocx:upaient de grands emplois k II Cour, recherchaient en mariage une demoiselle de haute naii- Moce. Ni Tun ni Tautre n'oublièrent, plusieurs mois de suite, ni les assiduités, ni les complaisances pour obtenir ses bonnet grâces ; et quand ils crurent s'apercevoir que le moment était ▼eou de choisir entre eui, ils rivalisèrent de soins et d'empressements. L^e choix de la demoiselle, malgré toutes ces avances, paraissait encore douteux, lorsque le plus âgé des deux postalantt, ayant plus d'expérience et connaissant mieux les femmes que son compétiteur, s'avisa tout à coup d'ajouter un galon de plus à sa livrée. Celte addition produisit un effet si merveilleux sur le cœur de la jeune fille, qu'elle se hâta de recoo* naître cet homme pour son vainqueur, et qu'au bout d'une semaine elle était sa femme. âddissor.
— Ce ne sont souvent que des misères qui font naître l'amoar, et des misères qui le font cesser. M"* d'Arconville.
—> Tout ou rien est la devise de l'amour. Son pauvre frère, l'hymen, n'a qu'un mot à y changer pour en faire la sienne : tout et rien. Sylvain MàRicHAL.
— Aimer est quelque chose ; tout le reste n'est rien.
MONTLOSm.
— Faite pour aimer, la femme n'est rien si elle n'aime; elle n*est rien, si, eu aimant, elle ne se fait aimer. Kératrt.
— Être aimé, c'est devenir quelque chose quand on n'était rien. Robert Gotard.
AXOUSmEL
— Un amant, et surtout un amant malheureux, regarde comme une faveur les rigueurs que l'on exerce contre ses rivaux. M"*DBTENcnc.
— De tout temps les rigueurs furent l'aiguillon de l'amour. L'amant intelligent en tire de nouvelles armes; ses progrès ne •ont jamais plus rapides que lorsque des obstacles ont redoublé la vivacité de ses attaques. Ne dites donc jamais à une femme qu'elle a tort de vous maltraiter ; ne vous plaignez point de ses rigueurs, mais paraissez-lui si aimable qu'elle se reproche son injustice, et qu'en voulant tous la faire oublier, elle s'en punisse elle-même. Ninon db LsNGLOf.
— En amour, avoir peur lorsqu'une réaction de rigorisme se épare, c'est ignorer que les femmes, sous le coup d'un mords, frappent toujours sur leur amant, par manière d'exation pour elles-mêmes. Cbarles ob Bernard,
•— Une femme, en feignant de rire de Tamour, fait comme s enfants qui chantent la nuit quand ils ont peur.
J.-J. Rousseau.
— La joie est souvent mère de nombreuses folies : c*est en mt que les 'femmes se perdent. Richardson. * — Une femme vertueuse sait en imposer quand elle le veut; le ne doit s'en prendre qu'à son peu de réserve, quand on lui anque. Les hommes cherchent à faire rire les femmes, et, us ce prétexte, hasardent quelquefois trop. Malheur à celle li se défend en riant, elle y perd toujours; le sérieux, en Qour, est le bouclier de la vertu. Ph. de Varsnne.
— Une femme qui a ri de son mari ne peut plus Taimer. 1 homme doit être, pour la femme qu'il aime, un être plein t force, de grandeur, et toujours imposant. Balzac.
— Je ne sais rien de plus difûcile qu'une sagesse qui rit ujours. Ernest LegouvÎ.
RXVAIi.
— C'est une terrible chose que la guerre et l'animosité de !ux femmes qui se disputent un cœur... Les femmes ne garmt point de mesure en amour; celles que Ton méprise abaninnent toutes les règles de la bienséance et de la pudeur pour
venger avec éclat ; et celles qui sont aimées ne se croient tint véritablement préférées à moins qu'on ne le sache ; l'osteulion accompagne toujours leurs triomphes; et elles aiment ieux risquer leur réputation que de manquer à satisfaire ur vanité. Saint-Évremont.
— Rien ne détermine si puissamment une femme à bien aiter un amant que la concurrence d'une' rivale.
Ninon de Lenclos.
«•Un amant trompé nous a laissé ce joli quatrain ;
Dans l'art de bien aimer, pour former ma Thémire, J'employai les leçons que l'amour me dicta :
Je réussis, je sus l'instruire....
Et mon rival en proûta. ^-^ A« R«
aÉSISTAWCX.
• — Qaand on veat qu'un sexe résiste, ou veut qu^il résiste autant qu'il Tant pour Taire mieux goûter la victoire à cela» qui attaque, mais non pas assez pour la remporter. Ce seie ne doit être ni si faible qu'il se rende tout de suite, ni si fort qu'il ne se rende jamais. C'est là le caractère des femmes.
FONTEHELLB.
— La résistance d'une femme n'est pas toujours une preuve 4 de sa vertu, elle l'est plus souvent de son expérience. Quiconque, parmi nous, voudra parler avec sincérité, vous avouera que le premier mouvement est de se rendre ; on ne résiste qae par réflexion. La nature nous porte à l'amour, l'éducation nous en éloigne, et notre gloire consiste à combattre notre peuchant. 11 en est de la profession de femme vertueuse comme de toutes les autres : on ne s'y perfectionne que par l'habitude à l'exercer. Ninon oi; Lenclos.
— La nature n'a donné aux femmes que ce qu'il leur faut de courage pour résister quelque temps ; elles n'en ont jamais assez pour se vaincre tout à fait, lorsqu'elles chérissent le penchant qu'elles ont à combattre. Dobat.
— Les ruisseaux ont une pente Que leur onde suit toujours.
Une pente plus charmante Conduit les cœurs aux amours.
A quoi sert notre indifférence ?
Leur pouvoir en est plus grand ; Et souvent la résistance, D'un ruisseau fait un torrent.
— Madame Dubarry cherchant à ramener dans le parti de la cour le duc de Nivernais qu'elle affectionnait beaucoup, lui disait un jour : — A quoi sert la résistance, monsieur le duc; n'avez-vous pas entendu le roi dire qu'il ne changerait jamais? — Certainement, répliqua le poète en s'inclinant devant la belle comtesse ; mais ce jour-là, madame, il vous regardait.
— La résistance d'une femme est presque toujours artificieuse. C'est la ressource de celles qui veulent exciter plus d'amour qu'elles n'en veulent prendre. Ninon de Lenclos.
— Je ne conçois pas trop ces belles résistances mathématiquement graduées, qui abandonnent une main aujourd'hui, demain l'autre; pois le pied, puis la jambe et le genou jusqu'à la jarretière exclusivement, et ces vertus intraitablesi toujouri
prèteft à se pendre à U sonnette si l*on dépasse d*one ligne le terrain qu'elles ont résola de laisser prendre ce jour-là. — Cela me fait rire de voir ces Lucrèces méthodiques qui mar-> t^hent.à reculons avec les signes du plus virginal effroi, et Jettent de temps en temps un regard furtir par dessus leur épaule pour s'assurer si le sofa où elles doivent tomber est bien directement derrière elles. Théophile Gautier.
— Une femme indifférente résiste et s'en souvient à peine. Une femme sensible s'applaudit de ses refus; en s'en applaudissant elle s'en rappelle l'objet; elle le plaint, s'attendrit et finit par se rendre. Ne pourrait-on pas en conclure que, pour un cœur tendre, trop de réflexion sur la résistance est une préparation à la défaite ? Labouisse.
— Il y a souvent dans la résistance des femmes un terme où elle diminue les désirs de l'amour, et n'accrott plus que ceux de l'amour-propre. Lingrée.
— Un homme est humilié de la longueur du siège; elle fait, au contraire, la gloire d'une femme. Stendhal.
— En amour, c'est un art de savoir résister; mais les femmes n'en apprennent guère les principes qu'à leurs dépens.
Xavier Etha.
— Telle femme eût résisté à l'amour qu'elle éprouve, qui ne résiste pas à l'amour qu'elle inspire. On peut résister au plaisir d'aimer, mais on ne résiste guère à celui d'être aimée ; Tamour que l'on a pour nous, nous fait faire beaucoup plus de chemin que celui que nous avons pour un autre.
M"* Cécile Fée.
— Ce qui cause souvent la résistance d'une femme honnête à son second amant, c'est le peu de plaisir que lui a donné son premier. Jules Viaro.
•»- il n'y a pas de résistance plus furieuse que celle d'une lemme qui a le genou mal tourné. Théophile Gautier.
— Il ne faut pas être trop aimée pour être respectée ; ^amour et la vénération ne vont point ensemble.
M"* de Rieux.
— Un véritable amour inspire plus de respect pour une bergère aimée que la noblesse du sang pour la première prin- 'Cesse du monde. L'abbé Prévost.
— Un véritable amour est toujours respectueux, et plus un amant désire, moins il ose entreprendre. La maxime est déli' •cate, mais je ne la crois pas absolument sûre. Duclos.
— Est-îl an pouvoir d'une femme d'aimer Thomme à qui elle ti*ac€orde rien ? Je laisse aux femmes la décision d'un point si délicat. Je dirai seulement à ce sujet que, me faisant un jour un mérite auprès d'une demoiselle de ce que dix ans aopara-' vaut j'avais respecté sa vertu, par des motifs de délicatesse relatifs à son honneur et à son repos, elle me répondit très sérieusement ; *- Mon ami, un procédé semblable nous inspire plus d'estime que de reconnaissance. — Ainsi, la faiblesse des femmes justiQe et encourage Taudace des hommes qui sacrifient tout à r honneur d'en triompher. Chabanon.
— - Déflez-vous, mademoiselle, des égards empressés qu'on aura pour vous. Les hommes ne sont prodigues de respect en< vers les femmes que dans le dessein bien arrêté de lear eo manquerau plus tôt. M*"* de Rieui.
— Le piège le plus dangereux que la passion puisse offrir, c'est ce voile d'honnêteté dont elle s'enveloppe. M"* de DoBis.
— Le respect contraint l'amour ; il peut le cacher, mais il ne l'éteintjamais; souvent il le ren.dplus vif: l'amour est comme les liqueurs spiritueuses, moins elles s'exhalent, plus elles acquièrent de force. Duclos.
— Rien n'est si glacé que le respect seul ; c'est le conipagnon de l'indifTérence et de l'ennui. Demandez aux femmes prudes et laides ce qu'elles en pensent ; mais surtout, avant cette question, exigez d'elles beaucoup de sincérité.
M"* DE RiEDX.
— En amour, la nature veut que l'homme soit rassaillant et que la femme chérisse le succès qu'elle a le plus disputé. Pourquoi donc vouloir aux femmes plus de bien qu'elles ne s'en veulent elles-mêmes? Le respect ne les flatte que lorsqu'elles sont dans le monde ; quand elles sont seules il le» ennuie. Chaba»on.
— Il y a toujours quelque niaiserie à trop respecter les 'emmes. Elles tirent souvent avantage d'une trop grande déli-
•atesse pour exiger des sacritices dont elles se raillent en secret
Xavier Etva.
— Le respect près des dames
Ne soulage jamais les amoureuses flammes. Et qui veut en amour tant soit peu s'avancer. Doit entreprendre tout sans crainte d'offenser.
^- Le respect est une bien honnête chose, en amour ; mais il a, selon moi, ce double inconvénient ; c'est qu'en faisant douter de nous, il expose les femmes ^ à douter d'elles-mêmes.
Adolphe Ricabd.
RÉSSEMBrAirCE.
— Une goatte d'eau salée qui tombe dans on verre d'eau lui donne la saveur du sel; une rivière, en se jetant dans TOcéan^ devient Océan elle-même ; la Temme en épousant un homme se fait à son image. Manod.
— Toutes femmes sont une quand la chandelle est éteinte.
Plutarque.
— Marie-toi avec celui qui te ressemble ; ce qui ne se ressemble pas se heurte. Martial.
— Plus une femme diffère d'un homme au physique et au Qioral, plus elle est aimable et plus elle piatt. Rochebrune.
— S'efforcer de ressembler aux femmes n'est pas le raoyea de leur plaire; elles se haïssent trop les unes les autres pour aimer ce qui leur ressemble. J.-J. Rodsseau.
— >- Une femme parfaite et un homme parfait ne doivent pas plus se ressembler d'âme que de visage ; ces vaines imitations de sexe sont le comble de la déraison : elles font rire le sage et fuir les amours. A moins d'avoir cinq pieds et demi de haut, une voix de basse et de la barbe au menton, l'on ne doit pas s& mêler d'être homme. J.-J.. Rousseau.
— En amour, la femme qui s'homasse n'a pas plus d'empire sur les hommes, que l'homme qui s'efîémine n'en a sur les femmes. En perdant leur physique, l'un et l'autre perdent leur influence. Bernardin de Saint-Pierre.
— Dans un temps d'indulgence, un Chartreux vint à Rome. Comme il ressemblait beaucoup à sa Sainteté,
Elle eut la curiosité De vouloir connaître cet homme.
Le pape, affable et gracieux, Ayant vu de ses propres yeux.
Que c'étaient mêmes traits en différents visages :
— Votre mère, dit-il, ne vint-elle jamais
Faire ici des pèlerinages?
'^ Non pas elle. Saint Père, elle n'y vint point; mais Feu mon père étant jeune, y fit plusieurs voyages.