‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 162 sur 228 · RÉUSSITE · texte numérisé non relu

RÉUSSITE

— En amour, quand on veut arriver, il faut prendre des chevaux de poste et la grande route. Laclos.

— Là où un mari trébuche, un amant réussit. C'est qu'un amant obéit à tous les caprices d'une femme; et comme un

homine n^est Jamais vil dans les bras de sa maîtresse, il em« ploiera, pour lui plaire, des moyens qui répugneront à un mari.

Balzac.

— On a dit que les gens d*esprit ne réussissaient pas dans le monde parce quMls ne croyaient pas les autres aussi bètes qu*ils sont. Les amoureux qui ne réussissent pas, sont comme les gens d'esprit, ils ne croient pas les Temmes aussi curieuses qu^elles le sont en effet. Arsène Hodssate.

— Pour réussir auprès des femmes, il n*est pas nécessaire d'être un galant homme, bien moins encore un homme d*esprit; il Tant être tout simplement un homme bien fait. Les femmes n*esliment en nous que ce qu'elles y trouvent à leur portée. L'arrangement des cheveui les séduit beaucoup plus que la noblesse du cœur; et la distinction de Tesprit est peu de chose pour elles, quand elles peuvent admirer Télégance des formes et la cambrure du cou-de-pied. Parvum parva decentt aux petits les petites choses; et j'ajoute avec Tune d'elles :

. . . L'amour n'est jamais le prix de la vertu; C'est par les agréments que Ton touche une femme; Et pour une de nous que l'amour prend par l'âme, Il en est plus de cent qu'il séduit par les yeux.

Adolphe Ricabd

— Le rêve du bonheur est un bonheur réel. Fontanes.

— Les femmes, que leur condition fait esclaves et leur nature avides de liberté, sont d'insatiables rêveuses; car la rêverie, c'est la prison qui s'ouvre et -l'âme qui s'envole : et plus la prison est étroite, plus l'Âme, dans sa délivrance imaginaire, prend un essor désordonné. Telle que le monde juge froide, effraierait par l'audace de ses secrètes pensées l'imagination la plus virile; telle autre, qui, en réalité, n'a jamais failli, se donne sans réserve, à certaines heures solitaires, à celui qui ne sait rien obtenir quand il est là.

Charles de Bermabd.

— ... C'est notre malheur à toutes d'ignorer Que de son rêve d'or nul ne peut s'emparer ; Nous n'épuiserions pas en de vaines poursuites L'humble part de bonheur où nous sommes réduites» Si quelque expérience eût su nous prévenir Que l'amour nous promet plus qu'il ne peut tenir. Mais nouff croyons en lui; notre foi nous abuse ; C'est liii qui nous trahit, c'est l'amant qu'on accuse.

On en change, espérant qa*un autre accomplira

L^idéal adoré dont le cœur s^enîTra,

Et Tamour dont on presse encore le mystère,

Nous laisse de nouyeau la main pleine de terre.

On reconnaît alors, on reconnaît trop tard,

Qu*on était arrivée au but dès le départ. Emile Augiei.

— Les rêves ne se réalisent jamais. Lorsqu'on a obtenu rameur qu'on a désiré comme le comble du bonheur, on est heureux sans doute, mais non pas du bonheur qu'on a rêvé; car l'ange qu'on voyait au ciel est tombé, et quoique tombé dans nos bras, il est maintenant de la terre et marche à côté de nous. Frédéric Soulié.

— L'amour, dans le mariage, serait Taccomplissement d'un beau rêve, s'il n'en était trop souvent la fin. Alphonse Karb.

— Une femme riche est un mal insolent. Intoleràbiltus nihil est quàm fœmina dives. Juvénal.

— Les richesses et les grandeurs ne font point le charme de l'amour. La véritable tendresse sait séparer de l'amant tout ce qui n'est pas lui-même, et mettre à part sa fortune, son rang et ses emplois, pour le considérer seul. Héloise.

— Ah ! quand on est aimé qu'importe la richesse? Qu'est-ce auprès d'un baiser reçu de ma maîtresse? Sa bouche me sourit ; sur son front rougissant Je lis l'aveu d'un cœur qui désire en tremblant; Qui résiste en cédant ; qui cède avec tendresse ; Qui brûle dans mes bras, en cachant sa faiblesse ; Qui d'un œil tout mouillé d'amour et de désir. Semble pleurer de honte en pleurant de plaisir ; Qui d'un bras amoureux me repousse avec peine. Et de l'autre aussitôt me retient et m'enchaîne ; Et qui couvrant mon front d'un timide baiser. En se pâmant encor me dit de la laisser!

— Une femme n'aime guère, n'aime point sans connaissance de cause. Il faut qu'un homme soit bien fait, ou spirituel, ou riche. La bonne mine platt à beaucoup de femmes, l'esprit à plusieurs, la richesse à toutes. Les femmes n'aiment point ud riche qui ne veut rien donner: elles dédaignent un homme de mérite qui ne peut rien donner ; l'utile, chez elles, l'emporte toiijours sur l'agréable, et comme cette courtisane de Plaute, elles ont les jeux aux mains. Rocbebrdmb.

— An temps heureui où régnait Tabondance, On goûtait, en aimaot, mille et mille douceurs; Et les amaQtsae faisaient de dépense Qu'en soins et qu'en tendres ardeurs :

Mais aujourd'hui, sans opulence, Il faut renoncer aui plaisirs; Uu amant qui ne peut dépenser qu'en soupirs, N'est plus payé qu'en espérance.

— Celui qui ne voit dans une belle femme que la richesse •de son écrin, est un homme sans goût. Ratnal.

— Il est impossible de se livrer à un grand attachemeot et -de faire sa fortune : l'amour vrai ferme toutes les voies à l'opatence. M*"* de Riedx.

— L'amour ne peut offrir que lui-même, et qui en veut tirer autre chose n'est pas digne d'être aimé.

Théophile Gautier.

— Épouser une femme riche, c'est souvent acheter une terre f)0ur son revenu. On va d'abord pour la voir, mais on n'y reste fMs. On en reçoit l'argent, et le fermier la fait valoir, comme l'amant la femme. Blokdel.

— Aux richesses de Crésus

Je ne porte point envie;

Ces trésors sont superflue...

Eh ! qu'<^oute, ma Sylvie,

L'or au bonheur de la vie?

Quand le riant dieu Bacchus,

Près de moi, dans une fête,

De fleurs couronne ma tète,

Qu'ai-je à désirer de plus?

Insensé qui s'embarrasse

D'un avenir incertain !

Saisissons l'instant qui passe;

Qui sait s'il vivra demain?

Vous à qui la Parque encore

Daigne filer de beaux jours,

Consacrez-les aux amours ;

Trop tôt l'heure qu'on ignore,

En viendra troubler le coars. Anacréoh.

— Les rides sont le tombeau de l'amour. SarbasW.

" — Les rides font compter les années sur le TÎsage, cotoso^

n cadran le temps fait compter les heures. Le (*. du Bosc Si j* avais assisté aa conseil da Créateur lorsqu*il forma ture humaine, je lui aurais conseillé de mettre les rides le talon. Ninon db Lenclos. ,

Ce qui efTraie le plus les femmes, c*cst de songer qu'elles issent; la plupart s'en consoleraient toutefois si les rides miraient ailleurs que sur le front. Rochebrune.

Le cœur n'a pas de rides. M"' de SÉvicirt.

La beauté et la laideur disparaissent également sous les delà vieillesse; l'une s'y perd, l'autre s'y cache.

J. Petit-Senn.

RXDXCUIiE.

Les femmes adorent nos plus grands ridicules, quand [)euvent se flatter que c'est notre amour pour elles qui les donne. Crébillun flls.

L'homme prend les ridicules de son habit : mettez-lui ipons, il sera coquette ou prude. Meilhan.

L'amour a vingt manières de rendre ridicule un honnête le. Massias.

Une femme qui fait la jolie, si elle Test réellement n*a

ridicule ; si elle ne l'est pas, elle en a deux. Lingréb. Les rois et les maris trompés sont toujours les derniers à cevoir de leurs ridicules. Napoléon.

Une femme sera laide, mal faite, méchante, ignare, 3t bète, mais ridicule presque jamais. Louis Desnoyers.

Femme qu'amour et jeunesse quittent se pique d'un rien.

Proverbe.

La conversation des femmes roule le plus souvent sol Un rien les occupe, les amuse, les éblouit, les enchante, luit; mais un rien a suffi pour faire filer Hercule aol d'Omphale. Adruen Duput.

Un rien est de grande importance ;

Un rien produit de grands effets.

En amour, en guerre, en procès,

Un rien fait pencher la balance.

Un rien nous pousse auprès des grands ;

Un il^.n nous fait aimer des belles;

Un rien eicite nos talents,

Un rien dérange nos cervelles.

D'un rien de plus, d'un rien de moins

Dépend le succès de nos soins; Un rien flatte, quand on espère:

Un rien trouble, lorsque l'on craint ; Amour, ton feu ne dure guère ; Un rien l'allume, un rien Téteint !

— Deux hommes qui ocx;upaient de grands emplois à (a €our, recherchaient en mariage une demoiselle de haute naislance. Ni Tun ni Pautre n'oublièrent, plusieurs mois de suite, ni les assiduités, ni les complaisances pour obtenir ses bonnes grâces ; et quand ils crurent s'apercevoir que le moment était Tenu de choisir entre eui, ils rivalisèrent de soins et d'empressements. L« choix de la demoiselle, malgré toutes ces avances, paraissait encore douteux, lorsque le plus &gé des deux postulants, ayant plus d'expérience et connaissant mieux les femmes que son compétiteur, s'avisa tout à coup d'ajouter un galon de plus à sa livrée. Cette addition produisit un effet si merveilleux sur le cœur de la jeune fille, qu'elle se hâta de reconnaître cet homme pour son vainqueur, et qu'au bout d'nae semaine elle était sa femme. âddissor.

— Ce ne sont souvent que des misères qui font naître l'amoar, et des misères qui le font cesser. M"** d'Arconyille.

— Tout ou rien est la devise de l'amour. Son pauvre frère, l'hymen, n'a qu'un mot à y changer pour en faire la sienne : tout et rien. Sylvain Mabéchal.

— Aimer est quelque chose ; tout le reste n'est rien.

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