‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 167 sur 228 · AB · texte numérisé non relu

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^~ Une femme, quelque sage qu*elle toit, est souvent difBcile, mais jamais inabordable. Frédéric II.

— Un soir, dans un salon du faubourg Saint-Germain, on examinait le portrait d'une femme décédée depuis peu de Jours, et dont la sagesse avait été, disait-on, irréprochable. Un d» assistants, qui savait apparemment à quoi s*en tenir sur le compte de la défunte, s* empara du pastel, et sans dire un seol mot, il écrivit au-dessous :

La dame dont voici Pimage,

Sut joindre jusqu'à son trépas,

A rhonneur de passer pour sage,

Le plaisir de ne Tètre pas. A. R.

— Je crois fermement aui femmes sages, dans le cas oq elles n'auront jamais été attaquées, ou dans la suppositioo oi elles Pauront été mal. Je crois encore aux femmes sages quoique attaquées, et bien attaquées, lorsqu'elles n'auront eu ni tempérament, ni passion violente, ni liberté, ni mari haïssable. Pour qu'une femme puisse se flatter d'être esseatiellement vertueuse et sage par ses propres forces, il faut qu'aucun danger quelque grand qu'il soit, aucun motif quelque pressant qu'il puisse être, aucun prétexte ne soit capable de la faire succomber. Il faut que Poccasion la plus favorable, Pamour le plus tendre, la certitude du secret, l'estime, la confiance la plus parfaite en celui qui l'attaque, il faut, dis-je, que tous ces avantages réunis ne puissent rien sur ton courage. En sorte que pour savoir s'il est une femme vertueuse dans la vraie signification du mot, on doit en supposer une qui ait eu le rare bonheur d'échapper à tant de dangers rassemblés. Car ce serait pour elle n'avoir rien fait, que d'avoir résisté ou à Pamour sans avoir de tempérament, ou à Pocca> sion sans avoir d'amour, ou au tempérament faute d'occasion. Sa vertu serait toujours incertaine, tant qu'elle n'aurait pas été attaquée en même temps avec toutes les armes qui pouvaient la vaincre. On pourrait toujours dire que si elle eût été d'un autre tempérament, elle n'aurait pas résisté à Pamour, ou que si Poccasion favorable s'était présentée, sa vertu n'aurait été qu'une sotte. Nikon de Lrnclos.

— La femme la plus sage a son vainqueur. Si elle n'est pa? encore subjuguée, c'est qu'elle n'a pas rencontré cette moitié de soi-même qu'on cherche toujours, et qui fait faire tant d'extravagances. Le prince de Ligne.

— En amour, il faut bien des efforts pour être sage, mais il ne faut qu'un moment pour cesser de Pétre. Axaîs.

— Uo femme sage est an objet d'admiration; un homme sage (dans la même acception) est un monstre ridicule. Un Jean d*Arc ne trouverait pas à se marier. Les lois da monde, plus fortes que celles de la morale, Tout ainsi voulu.

Nestor Roqueplan.

-~ La sagesse, chez les femmes, ne doit-elle pas se définir le soin de fermer les portes? Lemontet.

— Les mots ont, en amour, une signification si équivoque, que la recommandation d'être sage, qu'une femme en rendezvous galant fait ordinairement à Thomme qu'elle aime, n'est le plus souvent qu'une prière de ne l'être pas. Adolphe Ricard.

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