‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 175 sur 228 · LES SERMENTS · texte numérisé non relu

LES SERMENTS

Oui, je iFeux t'obéir ; je jure d'eachalner Les transports indtsciets doat Tardeor t'épouvante ;^ Je jure, a« nom des dieux, de ne plus profaner Celte aimabte pudeur qui m'irrite et m'enchinlc.

Je le Jure par toi, c^est plus que par les dieaiy Ma main n'osera plus presser ta main timide ; Met regards moins hardis permettront à tes yeux De cacher tes langueurs sous leur paupière humide.

Je jure pieusement : quand tu viens à pas lents. Le front penché vers moi, me parler, me sourire. Tu pourras, résistant à mon bras qui t'attire, T'écbappcr sans efforts de mes genoux tremblants.

Je Jure d'épargner la gaze transparente, Où Je vois ton beau sein, par un doux mouvement, S'élever, s'abaisser, comme Tonde inconstante Qu'un souffle du zéphyr balance doucement.

Jamais dans mes fureurs, jamais, je te le jure, Je n'oserai ravir ces baisers enivrants, Qui changent par degrés en un tendre murmure Ton reproche et ta voix sous ma bouche expirants.

Tranquille auprès de toi, maître de ma tendresse, Je jure, quelque ardeur dont je sois dévoré. De te voir, t'écouter, t'admirer sans ivresse. Je jure... On vient... c'est toi ; non, je n'ai rien juré.

Casimir Delavigne.

— On trompe les petites filles avec des poupées, et lei grandes avec des serments. Adolphe Ricard.

ssavAiirTE.

— Ne prenez point de jeunes servantes ; si vous en avei, oe les admettez pas dans votre lit, de crainte de trouver eo elles ou des maîtresses altières, ou des empoisonneuses.

Caidan.

— Une femme et sa servante du même parti embarrasseraieot une douzaine de diables. ***

— Un vieillard imbécile qui épouse sa servante, demeare ce qu'il était auparavant; mais un homme d'esprit qui commet cette sottise, devient infailliblement ce qu'il n'était pas.

Adolphe Ricako.

SEUXi.

— Il n'est pas bon que l'homme soit seul ; que chacun ai) sa femme, et que chaque femme ait son mari. Saint Paol*

— Les âmes humaines veulent être accouplées pour valoil tout leur prix. J,-J. RonssEAU.

— Le conàiueDcement et le déclin de Tamoar se font sentir par l'embarras où Ton est de se trouver seuls. La Bruyère.

— On est seul dans la foule quand on souffre ou qiiand on aime. P. Rochpèdre.

— Nous voulons ,ètre aimés seuls, de peur de n'être point aimés. J. Joubekt.

— En amour, les femmes vont vite, surtout quand ellçs vont seules. Lorsqu'on essaie de leur donner une impulsion trop rapide, un instinct naturel les porte à la contradiction et k la résistance ; mais que le goût leur vienne de prendre d'ellesmêmes içur élan, elles font d'un seul pas plus de chemin que les efforts de leur amant n'en eussent obtenu pendant un mois.

Charles de Bebnard.

— « Savez-vous, monsieur Merlot, que je vous devance on peu ! — disait d'un ton railleur Tépoux d'une jolie femme, à un épicier, son voisin, qui s'était marié le même jour que lui. — Quoi ! ma femme en est à son cinquième enfant, et vous n'en avez encore qu'un seul !... mais vous ne savez doue rien faire, monsieur Merlot? — Pardon, pardon, monsieur Lécorné, répondit l'épicier qui n'était pas bête..., mais avec la meilleure volonté du monde je ne puis aller aussi vite que vous...; je n'ai pas d'associés, moi!... je fais ma besogne tout seul, A. R.

— La sévérité des femmes est un ajustement et un fard qu'elles ajoutent à leur beauté. C'est un attrait fin, délicat, et une douceur déguisée. La Rochefoucauld.

— Toutes .les femmes sont en secret flattées d'exercer la puissance de leur sévérité; la moins sage, avant de se donner à son amant, veut le voir se désespérer de ses rigueurs, pour lui faire croire, et peut-être pour se persuader à elle-même qu'elle n'a cédé qu'à une séduction tout à fait irrésistible. Présenter auî femmes des motifs pour excuser leurs fautes, c'est le Iplus sûr moyen de leur en faire commettre. M"* de Sabtort.

— Ce n'est jamais seulement par vertu qu'une femme a de la sévérité pour quelqu'un : tantût elle est satisfaite de l'amant qu'elle aime, tantût elle en espère un autre, tantôt enfin elle craint l'amour que l'on a pour elle. ***

' — Quelquefois au feu qui la charme Résiste une jeune beauté.

Et contre elle-même elle s'arme D'une pénible fermeté.

Hélas! cette contrainte extrême

La prive du vice qu'elle aime.

Pour fuir la honte qu'elle hait :

Sa sévérité n'est que faste. Et riionneur de passer pour chaste La résout h Tètre en effet.

— Les femmes n'ont point de sévérité complète sans afec- ^1^ La Rochefoocadlo.

^ Il est hien plus sûr pour nous d'ôter aux hommes Tenvie de nous atUquer, en affecUnt un dehors sévère, que de nou» défendre de leurs attaques. Ninon de Lenclm.

— Les femmes d'un certain âge, qui ont eu beaucoup d amanu croient réparer leur réputation, et en France y réussissent toujours, en se montrant extrêmement sévères envers des erreurs qui les ont quittées. Stendhal.

J'aime bien mieux vous voir garder le silence, vous qai

vous plaignez de l'amour, que de vous entendre dire que voas avcx cessé d'aimer. Celui qui dit à tout le monde qu'il n'aime plus, celui-là ment, car parler de sa passion c^est prouver qu'on aime encore. Ovide.

— Le silence est si pénible à observer pour les femmes, que, tout en ne comprenant pas ce qu'elles disent, elles causent avec Dieu même. Young.

— Un Jour, dans la sainte Écriture, Certain dévot lisait Qu'un homme fut, par magique aventure,

Possédé d'un démon muet.

Lors le dévot, dans l'ardeur de son âme,

S'écria de tout son cœur :

— Ah! si pareil démon s'emparait de ma femme,

Ne l'en délivrez pas, Seigneur !

— Le silence a été donné à la femme pour mieux exprimer sa pensée. Louis Desnoters.

— Lorsque les filles sont en âge d'être mariées, leur silence même demande un mari :

Filia ntiibilis elsi plane nil loquatur.

Ipso tamen silentio plurimum de se prœdicat,

» On ne peut cacher l'amour ; il se trahit lui-même. Ovide.

— Un seul mot, un soupir, un coup d'œil nous trahit; Tout parle contre nous, jusqu'à notre silence. Vultaisi*

— L*amour n'est pas uq feu qu*OD renferme en une âme:

Tout nous trahit, la voix, le silence et les yeux ;

Et les feux mal couverts n*en éclatent que mieux. Racinb.

— Il n'y a point de déguisement qui puisse longtemps cacher Tamour où il est, ni le feindre où il n'est pas.

La Rochefoucauld.

SIGBTZ.

— Tous ces contemplatifs qui ont passé leur vie à Tétude du cœur humain en savent moins sur les signes de Pamour, que la plus bornée des femmes sensibles. J.-J. Rousseau/

— M. de Bièvre étant au spectacle avec une jeune femme dont il s'était fait le cavalier servant, fut rejoint au bout d'un quart d*heure par un importun qu'on n'attendait pas, et qui c'était autre que le mari. Comme la loge qu'il occupait était très étroite, M. de Bièvre dut céder sa place au nouveau venu. 11 se retirait donc, lorsque la dame, désespérée de ce contretemps, courut après lui, et lui dit à l'oreille : — Allez de. l'autre côté de la salle, placez-vous en face de moi, et dès que mon mari sera parti, je vous ferai signe, — Oui, mais a la condition que vous serez Léda, ma toute belle? » répondit aussitdt M. de Bièvre, qui ne perdait jamais l'occasion de faire on calembour. A. R.

SXBKFXiICITf.

— Les filles simples peuvent être honnêtes, mais elles le sont moins que celles qui le sont parce qu'elles veulent l'être. Quoi qu'on en puisse dire, c'est le moyen de l'être plus sûrement. J.-J. Rousseau.

— Il faut être vêtue et coifTée simplement quand on est jolie, pour avoir plus de grâces ; et quand on est laide, pour être moim laide. M"« Neckek.

— La simplicité est la coquetterie du bon goût. ***

— I' Pourquoi donc vous habillez-vous toujours avee une si grande simplicité?» demandait un jour à madame de N*** une jeune femme qui se faisait remarquer par l'inconséquence dé sa conduite autant que par l'élégance de sa toilette. — « Parce que je n'ai qu'un seul mari, ma bonne, » lui répondit cette dame qui n'était pas fâchée de donner À qui le méritait ce sévère avertissement. A. R.

— Ed amour, il n'est pas difficile de dire croire k sa sincé-

rite. Tonte femme se flatte d'être aimable, et la plus laide s'admire avec complaisance. Ne balancez donc point, chantez sur tous les tons les grâces de votre maîtresse ; louez sa jolie figure, ses beaux cheveux, ses doigts eMilés, son pied fDîgnon. Les plni chastes, parmi les femmes, sont toujours jalouses d'entendre réloge de leur beauté : Délectant etiam castasproeconia fomw.

Ovide.

-^ Les femmes savent mieux feindre de ne pas aimer qu'elles ne savent aimer véritablement ; elles ont plus de plaisir à devoir un coeur k leur adresse qu*à leur sincérité. Leur vanité se trouve flattée de tous les tourments qu>lles font souffrir ; et je ne doute point qu'elles ne soient plus touchées de rembarras d'un amant qui ne sait à quoi s'en tenir, que du plaisir de le rendre parfaitement heureux. Saint- Évbeiiont.

— Lorsque les amants se demandent une sincérité réciproque pour savoir l'un de l'autre quand ils cessent de s'aimer, c'est bien moins pour vouloir être avertis quand on ne les aimera plus, que pour être assurés qu'on les aime lorsqu'on ne leur dit point le contraire. Fontenei4.g.

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