LA CHENILLE ET LA ROSE
— « De la rose présage heureux,
Bouton que les pleurs de l'Aurore
Demain vont embellir encore.
Bouton charmant, tu viens d'éclore
Et déjà tu séduis nos yeux !
Que j'aime ta fraîcheur, tes contours gracieux, Bientôt tu régneras dans Tempire de Flore... » Ainsi d'un ton caressant et flatteur.
Parlait chenille venimeuse
Au pied d'une tige épioeuse Qui de Venus portait la fleur.
Le ieodemain, plus doux langage.
Le leodemaia, devenu plus pressant, L*iD9ecte approche davantage.
Et vers son bat, à travers le feuillage Rampe et se traîne lentement.
— " Que d'attraits, dit-il, je découvre! Déjà, sous les yeux du soleil.
Ta robe humide qui s'entr'ouvre Présente à rœil charmé ton calice yermeil :
Déjà la feuille parfumée Exhalant les trésors d'une sève embaumée,
De la nature embellit le réveil ;
A nos bosquets tu vas montrer la reine
Que promettait ta naissante beauté.
Le respect retenait un tribut mérité ;
Mais un charme inconnu m*entratne :
Permets que respirant de près ta douce haleine Je paisse en t'ad mirant goûter la volupté. » A cet air d'intérêt, qui pourrait méconnaître
Un lâche et cruel imposteur ?
De la rose bientôt le traître Par son affreux contact va flétrir la fraîcheur. Zéphyr accourt sur son aile légère.
Zéphyr d'un souffle vengeur,
Jette l'insecte sur la terre.
Mais sans détruire, hélas! les traces du trompeur!
— « Je peux, dit-il à son amie.
Lorsque ta fleur éponouie Succède au plus joli bouton, Permettre que le paprllon
Sur ta feuille pourprée un moment se repose, Qu'en voltigeant il y dépose Quelques baisers chaque matin...
Sur ta corolle demi-cluse Voit-on les traces du larcin ?
Mais puis-je souffrir sur ton sein La chenille hideuse, impure?
Je te défendrai, je le jure.
Des outrages de son venin. »
Du vice rampant et flatteur.
Grains, fuis le souffle corrupteur.
Jeane beauté doat le cœur est sensible : Garde- toi bien de le trop écouter,
El ponr apprendre à Téviter, Que Tamitié soit ton guide paisible,
Si la vertu n*est qu'une fleur
Qu*un rien ternit ou décompose,
Jeune beauté, pour ton bonheur.
Retiens Thistoire de la rose.
— La femme qui aime ne peut qu'aimer. L*amour, en effet, ;nd si profondément racine dans l'Ame des femmes qu'il la oplit tout entière et même la régénère. Qu'une femme coette aime, plus de coquetterie ; qu'une femme légère aime, is de légèreté ! On a vu des femmes, flétries par mille désor- ;s, retrouver tout à coup , dans une passion profonde, jus- 'k la pudeur, jusqu'aux délicatesses de l'affection. Mais si un mme corrompu s'éprend de passion pour une jeune fille pure, e fait-il ? Au lieu de se purifier comme elle, il la corrompt nme lui. Les femmes trouvent toutes les vertus dans leur lour ; nous introduisons trop souvent nos vices dans le nôtre.
Ernest Legodvé.
— Il n'y a que les Tietimes de i*ainoar qui sacboit en adoules peines. M"** de Gbaffigny.
— En amour, c*est toigours la victime qui s'accuse et s' bulle. Jules Sandeau.
— L'amour ferait beaucoup moins de victimes, si les femmes ivaient ne pas oublier que la plupart des hommes n'ont de pect pour elles que quand ils ne peuvent plus leur en maner. Adolphe Ricard.
TZCTOZBJB.
-~ L'amour est un combat inégal où Ton impose au plus lide, au plus faible, la nécessité de remporter toujours la toire. M** Riccoboni.
— Les hommes ont mis leur gloire à conquérir les femmes, les femmes ont mis la leur à se bien défendre : celui qui se t aimer chante victoire ; celle qui aime se coofesse vaincue.
DOFRKSNT.
— La seule victoire possible contre l'amour, c'est la fuite :
Qui craint d'aimer a tort, selon mon sens. S'il ne fuit pas dès qu'il voit une belle.
Je voas connais, objets doux et puissants ; Plus ne m'irai brûlera la chandelle.
Une vertu sort de vous, ne sait quelle, Qui dans le cœur s^introduit par les yeux : Ce qu'elle y fait, besoin n*est de le dire ; On meurt d'amour, on languit, on soupire : Pas ne tiendrait aux gens qu'on ne fit mieux* A tels périls ne faut qu^on s'abandonne.
La Fontaor.
— En amour, notre vanité dédaigne une victoire tropfscite; et, dans tous les genres, Pbomme n'est pas sujet à s'exagérer la prix de ce qu'on lui offre. Stendhal.
— La vie des femmes est une longue maladie. Hippocbatb.
— Le plus long chapitre de la vie des femmes est celai de leurs inconséquences. Marivaux.