‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 196 sur 228 · CE QU'IL FAUT POUR ÊTRE HEUREUX · texte numérisé non relu

CE QU'IL FAUT POUR ÊTRE HEUREUX

Il faut penser; sans quoi l'homme devient Malgré son âme, un vrai cheval de somme. Il faut aimer ; c'est ce qui nous soutient : Sans rien aimer il est triste d'être homme.

Il faut avoir douce société,

De gens savants, instruits sans suffisance.

Et de plaisirs grande variété;

Sans quoi les jours sont plus longs qu'on ne pense.

Il faut avoir un ami qu'en tout temps. Pour son bonheur on écoute, on consulte. Qui puisse rendre à notre âme en tumulte, Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.

Il faut le soir un souper délectable.

Où l'on soit libre, où l'on goûte à propos, Les mets exquis, les bons vins, les bons mots; Et sans être ivre il faut sortir de table.

Il faut la nuit, tenir entre deux draps.

Le tendre objet que notre cœur adore,

Le caresser, s'endormir dans ses bras.

Et le matin recommencer encore. Voltaire.

— Dans la jeunesse nous vivons pour aimer; dans un plus avancé nous aimons pour vivre. Saint- Evremont

— La vie, dit-on , est uq fil que Dieu tient par les deux bouts ; dans le mariage c>q est un quelquefois que le diable nous donne à retordre. Dancourt.

— La vie ne semble souvent qu*un long naufrage, dont les débris sont Tamitié, la gloire et Tamour. Les rives du temps qui s'est écoulé pendant que nous avons vécu en sont couvertes.

M"* DE Staël.

— Si l'homme savait bien ee que c*est que la vie, il ne la «donnerait pas si légèrement. M*"* Roland.

— On peut diviser la vie des femmes en trois époques : dans la première elles révent Tamour, dans la seconde elles le font, dans la troisième elles le regrettent. Saint-Prosper.

— La vie des femmes se divise ainsi :

L'âge où Ton danse, mais où l'on n'ose pas valser, c'est le printemps.

L'âge où l'on danse, où l'on valse, — c'est l'été. . L*âge 011 l'on danse encore, mais où l'on préfère valser, — c'est l'automne.

Enfin l'âge où l'on ne danse plus, — c'est l'hiver... l'hiver toujours rigoureux de la vie. M"* de Girardin.

— Un amant ne donne pas seulement la vie à tout, il fait aussi oublier la vie : le mari ne donne la vie à rien. Balzac.

— Un des directeurs de l'Odéon, s'adressant un jour à une célèbre tragédienne dont la nouvelle grossesse compromettait beaucoup les intérêts de son théâtre, lui disait avec emportement : — Oui, madame, vous mettre dans- un pareil état, lorsque la fortune de tant de pauvres gens dépend de vous seule, je dis que c'est un crime, un véritable crime. — Mais non, mon cher directeur, reprit l'illustre tragédienne :

Un crime, par exemple, est de donner la mort ;

Mais ce n'en est pas un que de donner la vie. A. R.

— Dans l'ordre élevé, la vie de l'homme est la gloire, la vie de la femme est l'amour. Balzac.

— La moitié et la plus belle moitié de la vie est cachée à l'homme qui n'a pas aimé avec passion. Stendhal.

— L'amour est toujours dans la vie une page écrite en hébreu. Arsène Houssaye.

— La vie est un ouvrage à faire où il faut, le moins qu'on peut, raturer les affections tendres. J. Joubert.

— Plus inconstant que l'onde et le nuage, Le temps s'enfuit pourquoi le regretter? Malgré la pente volage

Qui le force à nous quitter.

Eu faire usage

C*e8t l'arrêter.

Goûtoos mille douceurs; Et si la vie est un passage, Sur ce passage, au rooios, semons des fleurs.

— La Tîe est complète quand ou a aimé une fois.

Ch. Nodiei.

—> La vie est une fleur, Tamonr en est le miel. *

ViCTOll HOGO.

— Quand on est près d*atmer, Tamour est une partie esset* tielle de la vie : quand on est aimé, c*est la vie elle-méoie.

M"* DB Staël.

— Hélas ! dans une longue vie

Que reste-t-il après Tamour?

Dans notre paupière éblouie

Ce qu'il reste après un beau jour !

Ce qu'il reste à la voile vide

Quand le dernier vent qui la ride

S'abat sur le flot assoupi !

Ce qu'il reste au chaume sauvage

Lorsque les ailes de l'orage

Sur la terre ont couché Tépi ! Lahartinc.

— La femme, dans la vie, doit attendre qu'on l'invite à ri* mour, conmie dans le salon elle attend qu'on l'invite à la dsoie.

Alphonse Kam.

— La vie ne devrait avoir d'autre limite que l'amour : tout ce qui peut encore aimer devrait vivre. Adolphe d'Hocdetot.

— La vie est un gigot dont bien des gens, hélas ! n'ont à grignoter que le manche. Claude Genoux.

TZSIIXABJI.

— En amour, les vieux fous sont plus fous que les jeunes.

La Rochefoucauld.

— L'amour, comme la petite vérole, est d'autant plus dangereux qu'il vient plus tard. Venit amor gravius^ quo serius.

Bosst-Rabutin.

— C'est une grande difformité dans la nature qu'un vieilUrd amoureux. La Bruyèbe

— Faire l'amour quand on est >eune et beau, ce n'est qu'on péché véniel ; c'est un péché mortel quand on est vieux et 'aid. Bebhis.

!e qu'il y a de plas ridicule dans Tamour chez les vielles est leur désir de Tinspirer. M"* be l'Espinasse. Test souvent faire sa fortune aux dépens de son repos et santé que d^épouser un homme vieux parce quMI est Imaginez-vous un vieillard qui tousse, qui crache, qui i qui se permet d'être jaloux, sans être propre à autre le beau ragoût pour une jeune femme! Mais il faut re, il y a des hommes de trente ans qui sont tout aussi et souvent plus incorarmodes : avec eux il y a encore de ressources pour les f(>mmes qui les épousent, car elles vent espérer de devenir sitôt veuves. ^ M"* de Riedx. On vieillard qui entretient des maîtresses, se montre fou, pour le moins, qu'un aveugle qui porterait des

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