OXENSTIERN
[1 faut de toute nécessité qu'un komme déjà vieux qui ouser une jeune femme, se réfugie dans la cécité et dans iité, sinon dans la philosophie. M'^ de Sommert.
On parlait devant un vaudevilliste, du mariage du marquis de Saint-R**''' avec une charmante veuve de deux ans. — Messieurs, dit-il| en riant beaucoup de Taie:
i de rage d'un cerf on juge par son bois, In vieillard épouseur renverse cet usage, )t fait que de son bois on juge par son âge. A. R.
k soixante ans, l'amour est si bien un désordre de la , qu'il faut toujours se méfier de la tête d'un vieillard
eux J.-J. ROGSSEAU.
On de nos poètes ayant appris qu'une belle jeune fille de ans allait se marier avec un vieux grippe-sou chargé de te hivers, lui adressa les vers suivants :
Peux-tu recevoir dans tes bras.
Toi, Rosire, toi fraîche et belle.
Ce décrépit, ce lourd Midas Que tu trouvas toujours rebelle A l'aiguillon de tes appas !
Qui pour t'outrager se tourmente»
Ose unir l'hiver au printemps.
Et sur ta bouche de vingt ans Imprime un baiser de soixante?
Je crois voir ce cyclope affreux, Ce forgeron atrabilaire, Qui, de ces antres ténébreux.
Tout en botUnt vient à Cythère
Attrister les ris et les jcui,
De Véous salir la ceintare,
EfTaroncher la volupté,
Et souiller le lit de verdure
Qui sert de trôoe à la beauté. A. R.
— S amoaracher d*ane jeune fille quaod on approche de li cinquantaine, c*est vouloir soutenir une lutte impossible contre «feux terribles adversaires, la jeunesse et la coquetterie.
Jules Lrcoitb.
— Un vieillard est pour les femmes ce qu*un violon sans cordes est pour les musiciens : un instrument inutile. Doe jeune veuve qui Tavait appris à ses dépens, disait un joori un adorateur en cheveux blancs qui Timportunait de ses agtceries. •— Finissez donc. Monsieur... Si vous ne finissez pas, je vais me rendre. Rocrebromb.
— Les vieillards sont toujours jaloux ; ils ressemblent k ces enfants gourmands qui veulent à toute force garder pour eoi seuls jusqu'aux gAteaux qu'ils ne peuvent plus manger.
Adolphe Ricaid.
— Les vieillards aiment à donner de bons préceptes pour se consoler de n'être plus en état de donner de mauvais exemples.
Adrien Dopdt.
— On blâme la frisure quand on n'a plus de cheveux, et oa médit des pommes quand on n'a plus de dents. Alphonse Karr.
— Quand on ne peut plus faire oublier la sagesse aux jeanes filles, on se fait un mérite de les en faire souvenir.
J. Petit-Senn.
— La nature laisse aux vieillards un amour bien facile à satisfaire... celui du repos. ***
— Le vieillard jaloux de sa réputation, doit montrer dans ses dernières galanteries la même réserve que la jeune Gile dans ses premières amours : Tun par rappréhension du ridicule, l'autre par la crainte du qu'en dira-t-on. Blondel.
-- L'amour, pour les vieillards, est le soleil sur la neige; il les éblouit plus qu'il ne les réchauffe. J. Petit-Senh.
— Il n'y a rien de plus insupportable qu'un Caton de dixhuit ans, si ce n'est un étourdi sexagénaire. ***
— Les vieillards sont plus envieux des vices de la jeunesse que de ses vertus. Acbile Poincelot.
— Un ami d'enfance d'un de nos plus aimables compositeurs le voyant, è cinquante-trois ans, courir encore la prétantaine, loi disait un jour : — Mais s'il m'en souvient, mon cher Adolphe. à l'âge où nous volions ensemble des Dommes vertes dans le
Jardin de ton père, ce fut une femme de quarante ans qui devint Tobjet de ton premier amour. — Ta mémoire ne te trompe pas, mon ami, lui répondit en riant le célèbre maestro, mais ce que tu dis là ne prouve qu'une chose : c'est qu*en sortant du collège j*aimais les pommes vertes et les femmes mûres, tan^ dis que maintenant , mon vieux camarade, j'aime les femmes vertes et les pommes cuites. A. R.
— Les jeunes gens, auprès des femmes, sont des riches honteux, et les vieillards, des pauvres effrontés. Rivarol.
— Les vieillards libertins regardent les jeunes filles, comme les gamins de nos rues les petits gâieaux des pâtissiers : ils ouvrent de grands yeux, se taisent et s'en tiennent là, car ce qu'ils peuvent est toujours au-dessous de ce qu'ils désirent.
Adolphe Ricard.
▼IEIX.UB.
— I est plus dangereux d*irriler une vieille qu'un chien. ,
Stobée.
— II y a des femmes déjà flétries qui, par leur complexion ou par leur mauvais caractère, sont naturellement la ressource des jeunes gens qui n'ont pas assez de bien. Je ne sais qui est plus à plaindre, ou d'une femme avancée en âge qui a besoin d'un cavalier, ou d'un cavalier qui a besoin d'une vieille.
La Bruyère.
— Ce n'est pas une honte ni une faute à un jeune homme que d'épouser une femme avancée en âge ; c'est quelquefois prudence, c'est précaution. Le même.
— Une jeune fille que l'amour avait rendue folle, et qui dans sa folie se croyait vieille à seize ans , nous a laissé ces jolis vers ;
Hier, Myrtil, qui me poursuit sans cesse.
M'offrit un cœur tout prêt à s'enflammer ;
— Allez, lui dis-je, allez à la jeunesse;
Moi, j'ai seize ans, on ne doit plus m'aimcr.
Mais non, cruel! reviens à ta Glycère;
Reviens, pardonne à mes seize printemps :
S'il faut quinze ans, perfide, pour te plaire,
Viens, dans tes bras j'aurai toujours quinze ans. A.R,
— Rien de si inexorable qu'une vieille femme sur l'amour des jeunes. Non, dit le grand poêle :
Non point par charité, mais par un trait d'envie. Qui ne saurait souffrir qu'un autre ait les plaisirs Dont le penchant de l'âge a sevré leurs désirs.
•/uv
Une femme de ce caractère tourmentait une jeune Glledoot
la conduite était irréprochable. Celle-ci lui dit un jour:
Votre morale trop sévère,
Ne fait pas bien penser de vous :
Et vos discours seraient plus doux.
S'ils étaient les effets d'une vertu sincère.
Vous condamnez jusques au moindre jeu ; Au moindre badinage on vous voit prendre fea. Je sais ce qui vous porte & tenir ce langage :
Vous craignez de me voir trop sage
Dans rAge où vous Tétiez si peu. A. R.
— Une femme doit apprendre de bonne heure à être vieille, «et ce n'est pas un médiocre talent. M'"*' de Sévignb.
— Les grands plaisirs nuisent à notre repos. Quand on a goûté de ceux-là, on 'dédaigne les antres. Cependant qui peat se promettre d'en éprouver de semblables toute sa vie? Le goût des plaisirs est insatiable : pi as il a , et plus il souhaite d'avoir. Les penchants ne diminuent point; ils augmentent dans la force de lâge, et souvent ils nous tourmentent encore dans un Age avancé. Que les femmes vieilles, qui ont été belles,
, doivent avoir de fâcheux moments a passer ! Il ne faut pas s*étonner de leur mauvaise humeur. Hélas ! tout est Gui pour elles! Plus d'hommages si flatteurs pour Tamour-propre, plus d'attentions délicates et marquées. Elles n'entendent plus autour d*elles •que des soupirs d'ennui, et elles ne rencontrent que des regards distraits partout. Leurs mains ne sont plus baisées, ui serrées tendrement ; comme elles n'inspirent plus rien, on les néglige. Les grAces si touchantes s'éloignent avec la jeunesse ; Tenjouement, la santé, la fraîcheur, enfants de l'amour, disparaissent avec elle; il ne nous reste plus qu'un visage flétri par le temps et par le dépit; et c'est alors qu'on fait des toilettes secrètes qui ne réparent plus rien .. Ah Dieu! quel triste état! et quelle provision de philosophie ne faut-il point avoir pour se consoler d'aussi grandes pertes?... Hélas! aucune de nous ne les supporte avec résignation ; et les femmes d'esprit , malgré tout ce qui leur reste pour se consoler, n'entendent pas plus que les antres raison là-dessus : l'expérience nous apprend que les hommes ne sacriGent qu'à la jeunesse et à la beauté, et nous voulons toutes des sacriGces. Mais c'est en vain que nous en demandons encore, l'Amour se rit de nos vœux. Ce dieu charmant dédaigne les vieux chênes, il ne s'y arrête point, et, comme l'a dit un de nos poëtes, il n'aime que la belle jeunesse :
Amour, du printemps compagnon,
Est un enfant vif et mignon
Qui se platt au frais des herbages :
Parmi les fleurs il tend ses rets,
Et fuyant les vieilles forêts,
Fait son nid aux jeunes bocages. M"* de Rieui.
— Les vieilles femmes devraient toujours respecter assez* leur mort prochaine pour ne point se harnacher de plumes, de^ guirlandes de fleurs, de rubans de couleur tendre et de mille affiquets qui ne vont qu'à l'extrême jeunesse. Elles ont beau faire des avances à la vie, la vie n'en veut plus.
Théophile Gautier.
— Une vieille plaideuse, fort mécontente d*une consultation que M. do Harlay, premier président au Parlement de Paris, venait de loi donner, s'oublia, en sortant de son cabinet, jusqo'à le traiter de vieux singe. A quelque temps de là, ce magistrat lui donnait gain de cause, et cette fois, notre plaideusemieux avisée, s'empressait de l'en remercier en fort bons termes : — Madame, lui répondit M. du Harlay, qui n'avait point oublié son impolitesse, il était inutile de venir me remercier, ce que j'ai fait pour vous est bien naturel, les vieux singes aiment toujours à faire plaisir aux vieilles guenons. A. R.
— Un de nos poètes adressa cette mordante épigramme k une vieille coquette qui s'avisait, à soixante ans, de vouloir faire encore la jeune :
Orphise, depuis plus d'un jour Coquette, décrépite, et partant recrépie.
Sur ses ans toujours assoupie.
Veut qu'on la croye encor la mère de l'Amour. Orphise, j'y consens ; oui, vous êtes la mère
De tous les jolis petits dieux
Que l'on voit régner à Cythère; AJais votre fils atné doit être déjà vieux. A. R.
— Jeunes ou vieilles, les femmes font bien de se cacher ; mais vieillesi, elles le doivent indispensablement.
M"* Necker.
— Si l'on pouvait prendre les hommes par des chatteries, toutes les vieilles femmes auraient des amants.
Paulin Lyhairac.
— Une vieille femme, toute parée de fleurs et de rubans, qui cherche encore à s'attirer les regards des hommes, me semble leur dire à brûle pourpoint :
Ab ! combien je regrette
Mon bras si dodu «
Ma jambe bien faite
Et le temps perdu. Adolphe Ricaid.
•— Pea de gens savent être vieux. La Roghepoocauld.
— Une vieillesse avouée est moins vieille. M"* de Lambert.
— L*enfer, pour les femmes qui ne sont que belles, c'est II vieillesse. Saimt-Évsehont.
— Dans la vieillesse de Tamour, comme dans celle de rage* on vit encore pour les maux, mais on ne vit plus pour lesplai* sirs. La Rochefoucauld.
— Oai, je sais qu'il est doux devoir dans ses jardins Ces beaux fruits incarnats et de Perse et d'Epire» De savourer en paix la sève de ses vins,
Et de manger ce qu'on admire.
J'aime fort un faisan qu'à propos on rôtit; De ces perdreaux maillés le fumet seul m'attire : Mais je voudrais encore avoir de Tappétit.
Sur le penchant fleuri de ces fraîches cascades, Sur ces prés émaillés, dans ces sombres forêts, Je voudrais bien danser avec quelques dryades. Mais il faut avoir des jarrets.
J'aime leurs yeux, leur taille, et leurs couleurs vermeilles, Leurs chants harmonieux, leur sourire enchanteur; Mais il faudrait avoir des yeux et des oreilles : On doit s'aller cacher quand on n'a que son cœur.
Vous serez comme moi quand vous aurez mon âge, Archevêques, abbés, empourprés cardinaux,
Princes, rois, fermiers généraux :
Chacun avec le temps devient tristement sage. Voltaibe.
— La vieillesse est un tyran qui défend, sous peine de la vie, les plaisirs de la jeunesse. La RochefoucaulO'
— On dit que la vieillesse, changeant nos organes, nous empêche d'aimer; pour moi, je n'en sais rien. Votre maîtresse, devenue votre amie intime, vous donne d'autres plaisirs : les plaisirs de la vieillesse. C'est une fleur qui, après avoir été rose le matin, dans la saison des fleurs, se change en un fruit délicieux le soir, quand les roses ne sont plus de saison.
Stenobiu
— Un signe de vieillesse dans une femme, c'est quand son eur devient capable d'un peu d'amitié pour une autre femme.
— Le plus doux charme des amours de la Jeunesse est de rap- !ler ceux du jeune âge. Ach. Poincelot. .
— L'immortel écrivain qui nous a laissé les Pensées d't/n iballeur, disait naguère à une dame qui lui reprochait son
rA •
Croit-elle donc Ninon qui me querelle.
Quand je vieillis qu'elle ne vieillit pas? Que, dans sa course et du bout de son aile, Le temps n'a point erfleuré ses appas ? NinettC) hélas ! tout, sur notre planète, Même l'amour, subit la loi du temps ; Dans ton miroir regarde-toi, Ninette...
Tous deux, hélas! nous n'avons plus vingt ans.
CoUlfERSON.
— Le bonheur ou le malheur de la vieillesse n*est souvent le l'extrait de notre vie passée. M"** Neckcr.
— Que gagne- t-on à ne pas prendre résolument son parti ! vieillir? On ne trompe personne, et on échange un droit au spect contre un ridicule. Latbna.
— On.ne s'aperçoit qu'on a vieilli qu'en remarquant les tras de la vieillesse sur le visage des autres.
Adolphe d'Houdetot.
— De toutes les ruines du monde, la ruine de l'homme est surén^ent la plus triste à contempler. Théophile GAUTiEia.
— Voilà que va bientôt sur sa tête vieillie Descendre la sagesse, austère et recueillie ; Voilà que ses beaux ans s'envolent tour à tour Emportant l'un su joie et l'autre son amour. Ses songes de grandeur et de gloire ingénue Et que pour travailler son âme reste nue. Laissant là l'espérance et les rêves dorés, Ainsi que la glaneuse, alors que dans les prés Elle marche, d'épis emplissant sa corbeille. Quitte son vêtement de fête de la veille ! Mais, le soir, la glaneuse aux branches d'un buisson Reprendra ses atours, et chantant sa chanson S'en reviendra parée, et belle et consolée, Tandis que cette vie, âpre et morne vallée, N'a point de buisson vert où Ton retrouve un jour L'espoir, Tillusion, Tinnocence et ramourj Victor HugOi
VIW.
X]n de DOS poètes composa le distique suivant en rhcDDCor
d*aue jeune femme auprès de laquelle il se trouvait à table:
Quand Êglé prend plaisir h boire, Baccbus croit que c'est pour «a gloire, Biais TAmour en a tout Thonneur ; Car, en buvant, le vin la rend si belle. Que le plus altéré buveur S'enivre moins de sa liqueur, Que de Tamour qu'il prend pour elle. A. R.
— Les femmes doivent se défler de Baccbus tout autant que de TAmour, car souvent Tun commence ce que Tautre achève :
Baccbus endormant la raison
Par sa liqueur traîtresse,
A bien souvent sur le gazon
Renversé la sagesse. A. R.
—Un poète que TAge avait rendu sage, adressa les vers suivants à ses amis pour leur annoncer sa conversion :
J*ai désarmé TAmour, et de tout son bagage J'ai pris ce qui pouvait servir à mon ménage; En guise de foret Piour percer mon tonneau Je me sers de ses traits;
De son bandeau Je fais une serviette ; J'ai fondu son carquois pour en faire une assiette; Et, lorsque pour goûter du vin, vieux ou nouveau,
Je descends à la èave, Ce superbe vamqueur, maintenant mou esclave. Devant moi porte son flambeau. A. B.
— Nous avons trouvé ce quatrain au bas d*une jolie gravure d'Eisen, qui représente une jeune femme versant à boire à son amant :
A Tenvi de tes yeux, vois comme ce vin brille; Verse-m'en, ma Philis, viens noyer de ta main.
Dans sa mousse qui pétille.
Les soucis du lendemain ! A. R.
— Le poëte Chapelle aimait le bon vin. Un jour qoMI ea avait bu comme de coutume, c'est-à-dire beaucoup, il se pré*
seota cbez Niooo qui, le voyant trébucher sur ses jambes» le fit mettre k la porte de son b6tel. Outré de colère, le poëte rentre chez lui, et pour se venger de l'affront qu'il vient de recevoir, il décoche contre mademoiselle de Lenclos cette sanglante épigramme :
Il ne faut pas qu'on s'étonne
Si toujours elle raisonne
De la sublime vertu
Dont Platon fut revêtu ;
Car, à bien compter son âge.
Avec ce grand personnage,
Elle d(nt avoir... vécu. A. R.
— Un vaudevilliste qui caressait un peu trop la dive bouteille, eut un soir le cerveau tellement troublé par les fumées du vin, qu'en rentrant au logis, sa moitié lui parut double. — Grands dieui ! » s'écria- t-il en levant les mains an ciel :
Je n'avais qu'une femme, et j'étais malheureux !
Par quel forfait épouvantable Ai-je donc mérité que vous m'en donniez deux? A. R»
— Un hobereau de campagne me racontait hier l'anecdote qw voici :
Avec étonnement je m'étais aperçu
Que mon vin ne durait plus guère :
Pourtant je n'en avais pas bu
Un broc de plus qu'à l'ordinaire.
Mais j'ai découvert ce matin
Le point cruel de cette histoire :
C'est que Grégoire aime le vin.
Et que ma fille aime Grégoire. A. R.
VZOUSVGS.
•^ Nul ne se fait aimer par force ou par violence. Amor eov torqueri non potest. Sénèque.
— Les violences qu'on se fait pour s'empêcher d'aimer, sont souvent plus cruelles que les rigueurs de ce qu'on aime.
La Rochefoucauld.
— Violenter une femme, c'est demander à la force ce que l'amour seul devrait donner : un crime ne saurait jamais être un plaisir. Caldéron.
— La marquise de *** ayant été arrêtée dans un bois par des voleurs, ne fut que violée, si l'on peut dire violée en parlant d'elle. Comme on lu demandait ce qu'elle pouvait dire k
ces gens-là dans le moment de leurs caresses, elle répondit qa*elle leur disait mon cher voleur. Doclos.
— La violence qu'on se fait à soi-même pour dcmenrcr fidèle à ce qu'on aime, ne vaut guère mieui qu'une infidélité.
La Rochefoucauld.
— En amour, la violence est une excuse qui fait brûler la vanité par les deux bouts : elle prouve qu'on résiste et qu'oo vaut la peine d'être attaquée. Villemessant.
— Je ne sais si les eiploiU de César et d'Alexandre surpassent en rudesse la résolution d'une belle jeune femme, nourrie à notre façon, à la lumière et commerce du monde, battue de tant d'exemples contraires, se maintenant entière au milieade mille continuelles et fortes poursuites. Il n'y a point de faire plus épineux qu'est ce non-faire, ni plus actif. Je trouve plus aisé de porter une cuirasse toute sa vie qu'un pucelage. Et est le vœu de la virginité le plus noble de tous les vœux, comme étant le plus Apre. Diaboli virtus in lunibis est, dit saint Jérôme.
Montaigne.
— • A Paris, des femmes adroites font de la virginité une fleur qui périt et renaît tous les jours, et se cueille plus douloureusement la centième fois que la première. Montesqdieu.
— « Garde bien ta virginité, Disait à chaque instant une mère à sa fille ;
C'est un trésor qui dans notre famille Par les femmes, en dot, fut toujours apporté : Et tu ne voudrais pas, à Tusage contraire... » — « Je suivrai, si je peux, vos bous conseils, ma mère, Mais je vous dois ici dire la vérité :
Sur mon trésor je ne suis pas tranquille. Et franchement je crains qu'il ne miè soit volé: Un trésor à garder n'est pas chose facile. Quand tant de gens en ont la clé ! »
— II est bon de garder sa fleur, dit La Fontaine, mais pour ravoir perdue, il ne faut pas se pendre. Et de fait :
Si ce malheur au cercueil
Conduisait les pauvres filles,
Combien d'honnêtes familles
Parmi nous seraient en deuil ! A. R.
— Heureuses les femmes qui peuvent maîtriser assez leurs sens pour soutenir la vie de vestales ! Mais plus heureuse est sur la terre la rose cueillie que celle qui, se flétrissant sur son épine vierge^ vit et meurt isolée dans un triste et fpoid cercueil. Shakspearb.
— Rabelais, curé de Meudon, Mariant à Lucas Jacqueline Bridon,
11 la prit à Técart, et lui dit : — Jacqueline, Ce n*est pas avec moi qu'il faut faire la fine; As-tu ton pucelage, ou bien ne Tas-tu pas? »
— Oui, monsieur, je Tavons, Dieu marci, lui dit- elle : »
— Tant mieux, reprit-il, si tu Tas. Quand on marie une pucelle C'est aux vierges, avec raison, Qu'on doit adresser Toraison.
Que si tu ne Tas pas, il faut changer de style; C'est à la Madeleine k qui Ton a recours ; Autrement tu mourrais au plus tard dans trois jqurs. »
— Votre sarmon est inutile,
Je ii*avons rien du tout à craindre sur ce point »
Pendant qu'on allumait les cierges,
Pour ne rien donner au hasard
Dans une rencontre pareille, Jacqueline, à son tour, le tirant à l'écart,
Et lui chuchotant à l'oreille :
— Quoique j 'ayons toujours consarvé notre honneur,
Et que j'en soyons bien certaine, N'importe, marmottez, lui dit-elle. Monsieur,
Un tantet de la Madeleine. » Bo^rsault.
— La virginité dans les femmes, c*est le parfum dans la fleur. Pour respirer une fleur vous ne lui enlevez pas son arôme. Une autre abeille, un autre papillon pourra puiser encore dans son calice odorant le miel et la vie. L'amour de la femme pourra également être respiré, sans que pour cela sa virginité soit plus en péril que le parfum de la fleur. Toutes les fois que l'aspiration des cœurs, la parité des âmes sanctionnent une mystérieuse intimité, la virginité se conserve et demeure, car elle est le parfum de l'amour vrai. De même qu'il ne saurait y avoir de fleur sans parfum, il ne saurait y avoir de femme sans amour, ni d'amour sans virginité. Edouard de Pompkrt.
— La virginité est une poésie; elle n'existe pas pour les sots. Paulin Limatrac