PONSARD
— 11 y a des hommes qui achètent des beautés pour le« «imer, mais ils ne les aiment pas, parce qu*ils les achètent. Leurs trésors ne servent qu'à les dégoûter de tout ce qu'il y a 4e plus charmant dans la nature. Montesquieu.
— Comment y a-t-il dans le monde des hommes assez vils 'COUT acheter de la misère un prix que le cœur seul doit payer, et
recevoir d'une bouche affamée les tendres baisers de l'amour î Loin que Tamour soit à vendre, l'argent le tue infailliblement. Quiconque paye, fût-il le plus aimable des hommes, par cela seul qu'il paye, ne peut être longtemps aimé. Bientôt il payera pour un autre, ou plutôt cet autre sera payé de son argent ; et dans ce double lien formé par l'intérêt, par la débauche, sans amour, sans honneur, sans vrai plaisir, la femme avide, infidèle et misérable, traitée par le vil qui reçoit •comme elle traite le sot qui donne, reste ainsi quitte envers tous deux... Périsse l'homme indigne qui marchande un cœur, et rend Tamour mercenaire! C'est lui qui couvre la terre des •crimes que la débauche y fait commettre. Comment ne serait pas toujours à vendre celle qui se laisse acheter une fois? Et dans l'opprobre où bientôt elle tombe, lequel est l'auteur de sa misère, du brutal qui la maltraite en un mauvais lieu, ou du séducteur qui Ty traîne, en mettant le premier ses faveurs à l>rii? J.-J. Rousseau.
— L*amour est la seule chose ici-bas qui ne veuille d'autre acheteur que lui-même. Schiller.
— Un vieillard qui s'avise d* acheter de Pamour, témoigne de sa modestie tout autant pour le moins que de sa générosité, puisqu'il paye pour qu*on se moque de lui. Adolphe Ricard.
— Ne vous mariez pas pour avoir du bien ; c'est épouser la dot et non la personne ; c'est un trafic et non un mariage. Préférez toujours de vous allier avec d'honnêtes gens, chez qui
la probité fut dans tous les temps héréditaire, et ThonDear sans tache. Qaelqu^un disait an jour à Thémistocle : — A qui (loDneriez-vous plus volontiers votre fille, ou à un homme de probité mais de peu de bien, ou à un homme riche ? — J*aime mieui, répondit le vainqueur de Salamine, un homme sans argent que de l'argent sans un homme. L*abbé Blanchard.
— «Comment avez- vous pu vous résigner à prendre une femme aussi laide? » disait-on à un usurier Bas-Normand. — Ouais! répondit-il, mais elle est riche, et:
L'argent dans le ménage a certaine splendeur
Qui répand de Téclat même sur la laideur. A. R.
— Quand on èe marie, il est bon d'avoir au moins 5 francs dans sa poche, car :
L'abondance des biens
PourTamour conjugal a de puissants. liens. La beauté, les attraits, Tcsprit, la bonne mine. Échauffent bien le cœur, mais. n<»n pas la cuisine; Ki rhymen qui succède à ces Toiles amours. Après quelques douceurs, a bien de mauvais jours.
Et j'j^oute, hélas ! par ctpi^rience :
L'amour, quel qu'il soit, ne donne point à vivre.
Claude Genoux.
— L'amour, c'est de l'argent comptant ; un pauvre diable qui a l'amour en main est plus riche qu'un banquier.
Arsène Hou^SAYE.
— L'amour sans argent ressemble à une botte vernie sans seinelle. Cohmeiison.
^ Quand on n'a pas d'argent, dit le poëte :
11 faut renoncer aux conquêtes;
Les amoureux râpés font peu tourner les têtes. Ponsaro.
— On a institué le mariage sous le prétexte insidieux que la femme et Thommc étant faits Tun pour l'autre, doivent s'ai- <ner toujours quand la loi les a accruchés l'un à l'autre pour i'éteraité. Mais dans le monde, on épouse souvent ceux qu'on D'aime pas, et l'on aime ceux qu'on ne peut épouser. La femme jure fidélité à son mari, et le trompe; le mari jure protection à la femme, et l'opprime. L'homme a fait de sa femme une cuisinière et une ravaudeuse ; et la femme considère son mari comme une machine destinée seulement à satisfaire ses caprices. Poorrait-il en être autrement ! Le plus souvent, l'on s' (épouse
sur rétiquctte, et rhomme à qui Ton propose une femme oe demande pas : — Est-elle grande ou petite, brune ou blonde» 'aide ou jolie, douce ou criarde, bonne ou méchante? Il demande seulement : Combien a-t-ellc? Si elle a beaucoup d'argent, il répuuse; si elle nVn a point, il secoue la tête et s'en va. L'argent est tout; la considération est pour celui qui a de 'argent, et le mépris pour celui qui n'en a pas. On admire le riche qui dit une bêtise, et Ton rit au nez du pauvre qui dit une chose sensée. On mesure le mérite et le talent de l'homme au chilTrede son revenu; et quand il meurt, on enferme dans un cercueil de plomb, pour le garantir des vers, celui qui n'a rien valu, et on laisse pourrir celui qui valait quelque chose.
Frédéric Gérard.
— Dans le mariage, l'argent est l'épouse pour laquelle od danse. Proverbe.
— Il y a ce malheur pour les jeunes filles pauvres, c'est que les seuls hommes qui consentiraient peut-être à les épouser sans argent, sont condamnés par leur âge à se faire accepter sans amour. Adolphe Ricard.