ÉPILOGUE
» En amour, tout est vrai, tout est faui, et c'est la seule chose sur laquelle on ne puisse pas dire une absurdité.
Champfobt.
— En fait d'amour et de cœur, le contraire de ce qu'on affirme est possible toujours. M*"* de Staal de Launay.
*— L'amour se compose d*un si grand nombre de sensations, qu*il laissera toujours de nouvelles choses à dire. En général, on ne le connaît qu'à proportion de ce qu'il coûte au cœur.
Saint-Prosper.
— Il faut être bien jeune pour parler de Tamour ; et je crois pourtant, qu'eût-on Tâge du monde, on aurait encore quelque chose à en dire et tout au moins à en penser. Stabl.
— C'est une chose étrange qu'on ne puisse parler des femmes avec une juste modération ; on en dit toujours trop ou trop |)eu; on ne parle pas assez des femmes vertueuses, et l'on parle trop de celles qui ne le sont pas. Dufbesnt.
— Rarement on a jugé des femmes par elles-mêmes. De tous ceux qui en sont bien reçus, une partie en dit du mal et l'au* tre en pense. L'amour- propre de ceux qu'elles ont rebutés ne leur permet pas d'en dire du bien ; de sorte que par malignité ou par ingratitude presque tout le monde en parle mal.
ROCBEBRUNR.
— Il y aura toujours à dire quelque chose de nouveau sur les femmes, tant qu'il en restera une sur la terre.
BOUFFLEBS.
— Ceux qui disent du bien des femmes ne les connaissent pas assez ; ceux qui en disent toujours du mal ne les connaissent pas du tout. Pigault-Lebrun.
— Il en sera des femmes comme des passions ; on ne cessera de s'en plaindre, et l'on y reviendra toujours. E. Jouy.
— Après avoir bien dit, lu, écrit et entendu sur les femmes, quel est le résultat de bien et de mal sur leur compte, sans vouloir être piquant ou galant ? Le voici, de bien bonne foi : elles sont plus aimables que nous, plus Jolies, plus sensibles.
plus essentielles, et valent mieux que nous. Toutes les imperfections que nous leur reprochons, ne font pas autant de mal qu*un seul de nos défauts: et encore nous en somiàes la cause par notre despotisme, notre injustice et notre amour-propre.
Le pbince de Ligne.
— Ne nous préférons point aux belles; Bien loin de {^emporter sur elles. De tous côtés nous leur cédons ; Et si nous avons en partage Quelqu'agrément, quelqu*avantage, Cest déciles que nous les tenons.
Nous leur devons la politesse.
Le bon goût, la délicatesse.
Les façons et les sentiments;
De leurs beaux yeux le doux langage
En un Jour instruit davantage
Que tous les livres en dix ans.
Tous les efforts de notre adresse Ne sont rien contre leur Gnesse, Jamais on ne les prend sans verd ; Et la femme la moins habile Se tire d'un pas difûcile Mieux que Thomme le plus expert.
Les soins déconcertent nos âmes, Nous nous rebutons; mais les femmes Suivent jusqu*au bout leur dessein ; Nul obstacle ne les arrête :
Et ce qu'elles ont dans la tête Devient un arrêt du destin.
Une longue et pénible étude Ne peut nous donner Thabitude De leur agréable jargon :
Ce sexe en esprit nous surpasse.
Et l'on compte, sur le Parnasse»
Neuf Muses contre un Apollon.
Par des paroles indiscrètes, Sur le fait de leurs amourettes»
On ne les voit point éclater; Celle dont la raison s'oublie N'ajoute point à sa folie Le sot plaisir de s'en vanter.
Dans les grands sujets de tristesse, " Quoi qu'on dise sur leur faiblesse.
Elles sont plus fortes que nous ; Et tandis qu'un rien nous désole.
Souvent un moineau les console De la perte de leur époux.
— Nous avons beau dire, les femmes pourraient en quelque sorte se passer de nous, mais nous ne pouvons jamais nous passer d'elles. Là où elles ne sont pas, il n'y a plus de plaisir. \^inQ Venere vila nonesl nec jucunditas. Et ceux-là mêmes qui sont assez impertinents pour blâmer leurs défauts en public, sont très souvent assez faibles pour adorer leurs charmes en particulier. De sorte que si la femme est un mal, comme quelques-uns ne craignent pas de le dire, c'est du moins, il faut bien le reconnaître, c'est du moins un mal dont ou ne peut pas se passer. Mulieres sunt fnalum, sed tamen o cives! non licet habUare hoc sine malo. Ch. de la Ferriêrk.
— Bien que tout le mal que l'on dit des femmes soit toujours fondé par quelque point, il est néanmoins difficile aux hommes de garder le sang-froid nécessaire pour les bien railler, et il y a souvent bien de l'amour dans leurs invectives. J'ai remarqué que ce sont les plus tendres et ceux qui avaient le plus le sentiment de la femme, qui les traitaient plus mal que tous Ici, autres, et qui revenaient à ce sujet avec un acharnement tout particulier, comme s'ils leur eussent gardé une mortelle rancune de n'être point telles qu'ils les souhaitaient, en faisant mentir la bonne opinion qu'ils en avaient conçue d'abord.
TUÉOPBILB GaOTIEB.