ASSIDUITÉ
Uamour déplatt souvent, lorsqu'il travaille le plus à plaire : ta trop grande assiduité devient importune. Les femmes sont bien aises d'avoir un regard dont elles puissent disposer en faveur d'un autre, et comme le soleil, elles veulent luire pour tout le monde. M*"* dr Sartokv.
— C'est par l'assiduité qu*on platt aux femmes, c'est par la uégligence qu'on les conserve. Louis Desnotkhs.
— Les assiduités d'un jeune homme auprès d'une femme sont toujours suspectes pour les autres femmes. Elles se savent, pour la plupart, si faibles devant le péché, qu'elles ne peuvent IMS s'imaginer qu'on puisse s'y exposer sans le commettre. La seule apparence du crime est toujours, pour elles, le crime complet. Adolphe Ricard.
~ Un homme peut tromper une femme par un feint tXim* thement, pourvu qu'il n'en ait point ailleurs un véritable.
La- Bruyère.
— Ce qui nous attache le plus aux femmes, est moins la débauche qu'un certain agrément de vivre auprès d'elles.
J.-J. Rousseau.
— L'attachement des hommes dépend de la vivacité de leurs désirs ; quand la jouissance et quand la confiance d'une femme qui n'est crédule que parce qu'elle aime, les a éteintes, re n'est pas l'estime, ce n'est pas même l'amour qui les rallume,, c'est la nouveauté d'un autre objet. D'ailleurs le préjugé encourage les hommes à l'infidélité; leur honneur n'en est point •ffeusé, leur vanité en est flattée, et l'usage les autorise.
Dlclos.
-^ En amoar, il ne faut point attaquer, ou emporter la place. Ovide.
— Lorsque les hommes attaquent les femmes, ils suivent le penchant qu*ils ont à les attaquer; mais quand les femmes «e défendent, elles n^ont pas trop de penchant à se défendre. D'où je conclus, qu'en amour, ce qui est une victoire pour les liommes, est une espèce de défaite pour les femmes.
FONTENELLE
— Ce n'est point par les sens qu'il faut attaquer les femmes. Le cceur, l'imagination ou la vanité, c'est toujours par là qu'on iei prend. Saiitt-Prospeb.
•«- Lorsqu'on doit voir le soir la femme qu'on aime, l'attente d'un si grand bonheur rend insupportables tous les moments qui en séparent. Stendhal.
^— L'attente d'un retour ardemment désiré Donne à tous les instants une longueur extrême ;
Et l'absence de ce qu'on aime.
Quelque peu qu'elle dure, a trop longtemps duré.
— En amour, les gens qui se font attendre, usent les désirs; quand ils arrivent, on n'en a plus. M*"* de Rieux.
— Que ne donnerait-on pas pour attendre encore le premier bonheur qu'on a goûté ! P. Rochpèdre.
— En amour, l'attente du plaisir est presque toujours préiérable au bonheur même. Alphonse Esquiros.
— Comme elle est belle au soir, aux rayons de la lune.
Peignant sur son col blanc sa chevelure brune!...
Comme elle est belle et noble ! et comme avec mystère.
L'attente du plaisir et le moment venu
Font sous son collier. d'or frissonner son sein nu !
Elle écoute. — Déjà dressant mille fantômes,
La nuit comme un serpent se roule autour des dômes...
La senora pourtant, contre sa jalousie.
Collant son front rêveur à la vitre noircie.
Tressaille chaque fois que Técho d'un pilier
Répète derrière elle un pas dans Tescalier.
— Ohlcommeàcet instant bondit un cœur de femme!
— dS —
Qaand Tunique pensée où s'abtme son âme Fuit et grandit sans cesse, et devant son désir Recule comme une onde impossible à saisir! Alors, le souvenir excitant Tespérance, L*attente d*ètre heureux devient une souffrance ; Et Tœil ne sonde plus qu'un gouffre éblouissant^ Pareil à ceux qu'en songe Alighieri descend.
Alfred de Musset.
— Depuis le premier roman qu'une femme a ouvert cachette à quinze ans, elle attend en secret la venue de Pamour-passion qui pour elle est la preuve de son mérite. Cette attente redouble vers viugt ans, lorsqu'elle est revenue des premières étourderies de la vie, tandis qu'à peine arrivés à trente, les hommes croient l'amour impossible ou ridicule.
Stendhal.
AUDACS.
— Il faut pouvoir sufGre à ce que l'on tente. Quand je vois de petits personnages se proposer de grandes choses, il me semble voir des pygmées qui veulent marcher à pas de géant»».
M'"^ DE RlEUX.
— Toi dont l'amour augmentera les charmes. Qu'un peu d'audace accompagne tes armes : Lance tes traits, frappe, et sois convaincu Qu'on peut tout vaincre, et tout sera vaincu. La plus rebelle est souvent la plus tendre. Telle qui feint, et qui languit d'attendre, D'un feu couvert brûlaut au fond du cœur, Combat d'un air qui demande un vainqueur.... Surprends, désarme une pudeur rebelle.
Qui risque tout, obtient tout d'une belle.
Elle s'épuise en combats superflus.
Et le combat n'est qu'un plaisir de plus.
Gentil-Bernard.
— Si les amants osent peu, ils aiment peu, disons-nous. Ce <|ui les fait toujours craindre et toujours trembler, nous semble, «n effet, plutôt une marque de la faiblesse de leur tempérament qne de leur amour. M""* de Sartory.
— ... Toute fille, encore qu'elle ait envie
Du jeu d'aimer, désire être ravie. Ronsar».
— Quoi qu'on eu puisse dire, les galauts n'obsèdonl jamaif que quand on le vput bieu : il y a un certain air doucereux qui les attire, ainsi que le miel fait les mouches, et les honnétei femmes ont des manières qui les savent chasser d*abord.
Molière.
— Tout amant quf fut entreprenant près d'une femme, n'a tort qu'en cessant de l'être. Revkroni Saint- Cyr.
— Quand je pense qu'il y a des hommes assez hardU pour regarder une femme en face, pour l'aborder, pour lui serrer la main et pour lui dire sans mourir de frayeur : « Voulez-vous ni'i^pousor? » je ne puis m 'empêcher d'admirer jusqu'où va l'audace humaine. Stahl,
— Les femmes aiment beaucoup les braves, mais encore plus les audacieux. Cbarlks Lkues^lr.
— Tant qu'une femme n'a pas officiellement reconnu comme 4]roit la faveur surprise pendnnt un instant d'abandon, descendre de ses bras h ses pieds, c'est contrevenir à la loi qui fait du mot de Danton un dés axiomes de l'amour, et le plus souvent cette faute a un résultat fatal. Charles de Bernard.