AVEU
— Les aveux vraiment flatteurs ne sont pas ceux que nou faisons, ce sont ceux qui nous échappent. Ninon de Lenclos
— Que le cœur d'une femme est mal connu de vous! Et que vous savez peu ce qu'il veut faire entendre, Lorsque si faiblement on le voit se défendre ! Toujours notre pudeur combat, dans ces moments, Ce qu'on peut nous donner de tendres sentiments. Quelque raison qu'on trouve à l'amour qui nous dompte, On trouve à Pavouer, toujours un peu de honte. On s'en défend d'abord, mais de l'air qu'on s'y prend, On fait connaître assez que notre cœur se rend. Molière.
— La plupart des femmes ne craignent pas d'étfe soupçonnées de plusieurs amants, mais elles ne voudraient pas en avouer un seul. Il est pourtant moins indécent de montrer son attachement pour un homme aimable, que de passer pour en favoriser plusieurs et de fort ordinaires. M""' de Puisieux.
— Le don de leurs faveurs coûte peut-être moins aux femme» que l'aveu de leur passion. L'abbé Prévost.
— Une femme n'est jamais offensée de l'amour qu'on a pour elle, mais l'aveu qu'on lui en fait peut lui déplaire, parce qu'il exige du retour et suppose toujours l'espérance de l'obtenir.
DOCLOS.
— L'amour connu de celle qui l'inspire en devient plu» supportable. J.-J. Rousseau.
— Une passion cachée est un poids accablant dont l'aveu nous soulage ; il part de l'espérance ou la fait naître.
DucLps.
— Le premier jour d'un aveu l'on s'amuse; Le second on se plaint de Timportunité; Le troisième on écoute avec moins de fierté ; Le quatrième en tremblant on refuse ;
Le cinquième on se trouble, on résiste h demi; Le sixième en chemin à regret on s'arrête;
Le septième l'on perd la tôte ;
Le huitième tout est uni.
— L*aveu de la passion est d*abord ce que les amants sollicitent; ensuite ils veulent des preuves; ensuite ils exigent de» sacrifices; heureuses encore tant quMIs demandent et qu'il peni nous rester quelque chose à accorder ! car Tamant satisfait on inconstant, c'est presque toujours la même chose. M"* Cotti».
— L'aveu du cœur double la passion de Tamante qui le fait, et diminue souvent celle de l'amant qui le reçoit.
Horace Raisson.
— L'homme parle de son amour avant de l'avoir senti; la femme n'avoue le sien qu'après l'avoir prouvé. Laténa.
— En amour comme en politique un démenti vaut souvent uoaveu.
— Un sage qui jusqu'au delà de quarante ans s'était défendu d'aimer, fut à cet âge si vivement impressionné par la beaaté d'une jeune femme, que ne pouvant vaincre sa passion, il en fit l'aveu, en adressant ces jolis vers à celle qu'il aimait :
Près de vous, la résistance est vaine; Vos beaux yeux savent tout enflammer, Un penchant secret vers vous m'entratne» Et malgré moi me force à vous aimer ! Un cœur tendre Peut-il se défendre, Et pourrait-il braver d'aussi puissants attraits? L'amour même Dirait qu'il vous aime.
Si vos beaux yeux, sur lui, daignaient lancer leurs trait».
ATXUGXiEiaXNT.
— L'aveuglement de l'amour consiste précisément dans cette malheureuse obstination qui lui fait tout expliquer en sa faveur. L'abbé Prkvost.
— L'amour donne de l'aveuglement à ceux qui ont le plus de pénétration. M'"* de Bieux.
— L'amant transi et l'époux blasé deviennent également aveagles : l'un ne saurait voir, l'autre ne regarde plus.
J. Pktit-Senn.
— L'amonr ett capable d'étouffer toutes les lumières de
Tesprît ; et ce qui parait le plus juste et le plus certain, est toujours ce qui platt à Tobjet qu'où aime. L'abbé Prévost.
— Duclos disait, en parlant du comte de v.. : Ou ne «OQçoit pas qu'uu homme d^sprit, et croyant peu à la vertu dos femmes soit si grossièrement la dupe de la sienne ; on ne peut attribuer un tel aveuglement qu*à cette grâce particulière qui fait que les maris ne sont presque jamais instruits de ce qui les regarde.
BADIUTAGS.
— L*amour est un traître avec lequel il n*est pas sûr de badiner. Ninon dk Lknclos.
— En amour, le badinage est un amusement que Ton croit «ans conséquence, et qui mèuc au sérieux sans qu*on 8*en ^ale. Adrikn Duput*
— Fillette qui veut rester sage»
Doit toujours se bien souvenir Que d*uu très petit badinage Peut naître un très grand repentir.
— La conduite d'un amant doit être sérieuse et appliquée, mais sa conversation en vaut mieux d'être quelquefois badine. On persuade par Tune, et on platt parPautre; et le plus souvent il vaut mieux plaire que persuader. L'agrément a fait plut <le conquêtes que la fidélité. Fontanelle.