‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 36 sur 228 · CHASTETÉ · texte numérisé non relu

CHASTETÉ

— Il n'y a de femme chaste que celle qui Test sans crainte.

Ovide.

— La chasteté est un trésor précieux que nous portons dans des vases d'argile. L*Écclésiaste.

— On ne peut attendre de chasteté que de celles qui ont toutes les facilités pour la perdre, et qui ont assez de vertu pour ne le point vouloir. Saimt Jérôme.

— Si d'après la maxime d'Ovide, il n'y a de femmes chastes que celles à qui l'on n'a rien demandé : casta guam nemo rogavit, que sera-ce donc, grand Dieu ! de celles à qui Ton demande tout !!! La Ferrièrr.

— Ce n'est pas toujours par chasteté que les femmes sont chastes. La Rochefoccacld.

— Les femmes vicieuses qui sont riches, et celles qui sont pauvres, font bien différemment la guerre à la chasteté ; les pauvres la vendent et les riches l'achètent. Le P. Du BoscQ.

— Quelque chastes que soient les femmes en apparence, elles -ressemblent, pour la plupart, à cette fontaine d'Ham* mon , dont les eaux , froides pendant le jour , devenaient chaudes et bouillantes durant la nuit. Adrien Duput.

— Lorsque Joseph II vint à Paris, il visita tout ce que la capitale pouvait offrir de remarquable à sa curiosité. Un jour

— lOi —

qii*n parcourait les salles de THôtel Dieu, il entendit des cris perçants. — Qu'est-ce donc ? demanda t-i! aux sœurs qui raccompagnaient. — Sire, lui répondit 11 Supérieure, c'est une femme en mal d'enfant. — Ah ! mcsùemoiselles, s*écria Temperear, en se retournant vers les religieuses, ces cris ne doivent pas vous faire regretter le vœu de chasteté que vous avez fait.

— Les femmes dont la chasteté n*a d'autre soutien que Tasservissement à des opinions irréfléchies, ne sont réellement pas vertueuses, quelque courage que suppose leur retenue.

SÉNÀNCO'JIIT.

— Où pensez-vous que Ton rencontre le plus de femmes chastes? — En Suisse, en Hollande — Vous vous trompez, mon ami, c'est à Paris, et surtout à Venise et à Naplea. Lorsque le climat, le mauvais exemple et l'occasion solliritent. c'est alors qu'il y a du mérite à résister. Lévis.

— La chasteté est la source de la force et de la beauté physique et morale dans les deux sexes. C'est l'adolescent pur qui fait rhomme sage et vigoureux. Bernardin de Saint-Pierre.

— Puisque nous avons reconnu la justesse de l'ancien emblème qui représente l'Amour avec un flambeau, il ne fallait pas placer la chasteté sur un baril de poudre. LÉvis.

— L'acharnement de certaines femmes contre celles qui OQl rheureux malheur d'avoir une passion, prouve combien la chasteté leur est à charge. Sans la peur du diable, l'une serait Uls: l'autre ne doit sa vertu qu'à la sécheresse de son cœur: celle là à la manière sotte dont s'est comporté son premier amant; celle-là... Balzac.

-- Pour rester chaste, l'homme n'a qu'à combattre son penchant; une femme doit résister à la fois à son penchant et aux coDtinuelles attaques des hommes. Ajoutez que l'un est fort, que l'autre est faible, et jugez de quel côté la chasteté a 1». plus de mérite. Laténa.

^ La duchesse de Fronsac, jeune et jolie, n'avait point eu d'amants, et l'on s'en étonnait. Une autre femme, voulant (appeler qu'elle était rousse, et que cette raison avait pu contribaer à la maintenir dans sa tranquille sagesse, s'avisa de dire QQ jour : « Elle est comme Samson, sa force est dans ses cheveax. B Champfort.

— Si lei femnoes pouvaient cacher leurs cheveux blancs

aussi bien qu« leurs faiblesses, elles ne s'iaquiéteraicnt pai plus de ceui-là qu*elles ne se souviennent de celles-ci.

De Varenne.

— Pourquoi voit-on aujourd'hui tant déjeunes filles qui, let cheveux au vent, ressemblent à des chats en colère? — C'est que la mode, cette souveraine des petites âmes, a tant d'empire sur les femmes, qu'elles préfèrent s'enlaidir plutôt que de manquer à ses lois. Adolphe Ricard.

— Un jeune homme consultait Antisthène sur le choix d'une femme. — « Si vous la prenez belle, lui dit le philosophe, TOUS ne la posséderez poiot tout seul ; si elle est laide, tous TOUS en dégoûterez bientôt : faites donc qu'elle ne soit ni belle ni difforme, mais bonne et laborieuse, n A. R

— Une femme sensée ne devrait jamais prendre d'amant sans l'aveu de son cœur, ni de mari sans le consentement de sa raison. Ninon de l'Enclos.

— Il y a tout à craindre et à espérer de l'amour. Le point essentiel est de bien choisir Tobjct de son attachement, auquel on cherche ordinairement à se conformer. Ce choix est de la dernière importance pour les femmes, dont le cœur est si naturellement incliné à l'amour, qu*elles aiment même avant de savoir qui aimer. Boudier de Villemert,

— En vain, pour mieux choisir, on fait mille façon^: Les meilleurs des maris ne sont jamais trop bons. Sans qu'un semblable choix nous chagrine d'avance, II faut jeter les dés au hasard de la chance; Et dire, en risquant tout : « Puisque enfin on lèvent. Dieu nous la donne bonne, et vienne ce qui peut, «i

Destoucue.

— Le choix d'une femme n'est qu'un coup de dés. Entre les mains d'un homme sage, il n'y a qu'une chance contre

Tingt. ROCHEBRUNE.

— La femme est une marchandise

Qu'on doit prendre au hasard sans la faire priser, £t qu'on ne peut jamais connattr^e qu'à l'user ; Il faut, sans tâtonner, brusquer le mariage, Et s'exposer sur mer sans craindre le naufrage. Qui tremble dès le port ne doit point s'embarquer; Èi, pour gagner beaucoup, il faut beaucoup risquer.

Regnard.

— Une femme doit justifier devant le public le choii qa^a fait son mari, et le faire honorer lui-même de Thonneur qu'on rend à sa femme. J.-J. Rousseau.

— « Il est rare que les belles âmes ne s'accostent pas de iears semblables, » a dit Sbakspeare. Je ne suis point de cet avis. Les bons cœurs ne se rencontrent pas. Un honnête bomme se trompera vingt fois dans le choix d'une femme, laDdis que ce qu'il y a de plus aimable et de plus parfait dans le beau sexe deviendra la proie d'un hypocrite et d'un scélérat.

L'abbé Prévost.

— Cherchez un ami au-dessus de vous, mais une femme aa-dessous, de peur d'épouser votre maître : celle qui entre dans une maison avec un grand nom, pense en être la première personne, et celle qui y apporte de grands biens croit avoir acheté le droit d'y commander. M""* de Rieux

— Cherchez une femme qui soit à votre gré, non pas au gré des autres. Quœrenda est oculis apta puella luis.

— Rien n'est plus difficile que le choix d'un bon mari, si ce n'est peut-être celui d'une bonne femme. J.-J. Rousseau.

— « Les amants aveuglés trouvent toujours dans tes objets de leur passion des qualités qui n'y furent jamais, a dit Lucrèce. Molière a traduit ainsi cette pensée du poëtc latin :

On voit les amants vanter toujours leur choix

Jamais leur passion n'y voit rien de blâmable, . Et dans l'objet aimé tout leur devient aimable. Ils comptent les défauts pour des perfections, Et savent y donner de favorables noms.

La pâle est aux jasmins en blancheur comparable; La noire à faire peur, une brune adorable ; ' La maigre a de la taille et de la liberté ; La grasse est, dans son port, pleine de majesté; La malpropre sur soi, de peu d'attraits chargée, Est mise sous le nom de beauté négligée; La géante parait une déesse aux yeux ; La naine un abrégé des merveilles des cieux; L*orgueilleuse a le cœur digne d'une couronne; La fourbe a de Tesprit; la sotte est toute bonne; La trop grande parleuse est d'agréable humeur. Et la muette garde une honnête pudeur.

C'est ainsi qu'un amant dont l'ardeur est extrême Aime jusqu'aux défauts des personnes qu'il aime.

— A certain âge, tous les hommes sont à peu près le même homme, toutes les femmes la même femme ; toutes ces poupées

sorteot de chez la même marchaude de modes, et il a*] guère d*autre choix à faire que ce qui tombe le plus comn dément sous la main, J.-J. Roussbad.

— Femmes ! avant de prendre un amant, tâchez de sa? qui vous prenez, car il est des hommes qui donnent p< raison de leur mépris pour une femme, qu*ils Tont eue.

RlTAKOL.

— Si une femme qui n'est pas insensible savait toutes rigueurs secrètes que lui prépare Tamour, le choix d*un ami lui paraîtrait peut-iètre une chose aussi sérieuse que celui d* mari. Lingrée.

— L'acte le plus important de la vie est le choix d*v feoune. Droz.

— Ainsi qu'on choisit une rose

Dans les guirlandes de Sârons,

Choisissez une vierge éclosc

Parmi les lis de vos vallons :

Enivrez-vous de son haleine.

Écartez ses tresses d^ébène.

Goûtez les fruits de sa beauté.

Vivez, aimez, c'est la sagesse :

Hors le plaisir et la tendresse

Tout est mensonge et vanité. Lamartu

— 11 ne faut choisir pour épouse que la femme qu' choisirait pour ami, si elle était homme. J. Jouberi

— Les femmes, pour la plupart, ne nous aimant pas ; el ne choisissent pas un homme parce qu'elles Taiment, m^ parce qu*il leur platt d'être aimées par lui. Les femmes aime assez l'amour de tout le monde, mais il y a bien peu de ge dont elles aiment la personne. Alphonse Karr.

- La première condition pour qu'un homme aime u femme, c'est qu'elle lui plaise; chez les femmes, il en fa une seconde, c*est que leur choix plaise aux autres.

ClI. ROMAINVILLE.

— Quand il s'agit de se marier, on est bien embarrassé choisir; le mariage a tant de chances contraires!... Ma foi, meilleur est, je crois, de ne choisir point. Fonteneli

CHOSX.

«— L'amour est une passion entrepreneuse de grandes chosi

Montaigne.

'•^ Pour que l'amour produise de Jolies choses, il faut q

celui qui le fait aime seillemedt pour aimer, sans songer dlabord s'il épousera ou s'il n'épousera pas. M*"' de Sartory.

— Il n'y a que deux belles choses au monde, les femmes cl les roses; et que deux bons morceaux, les femmes et les melons. Malukrbe.

— Un poëte que l'amour avait fort maltraité, nous a laissécetle mordante épigramme :

Pourquoi donc, sexe au teint de rose*

Quand la charité vous impose

l.a loi d'aimer votre prochain.

Voulez-vous me haïr sans cause.

Moi qui ne vous fis jamais rien?

Ah ! sur rbonneur, ah ! je vois bien

Qu'il faut vous faire quelque chose. A. R.

— Il y a trois choses que la plupart des femmes jettent par la fenêtre : leur temps, leur argent et leur santé.

M"* Geoffrin.

— En amour, le goût des meilleures choses change avant qu'elles aient changé. Saint-Évreuont.

— Trois choses meuvent puissamment les femmes : l'intérêt» le plaisir et la vanité. Diderot.

— Plus l'amour est grand, plus il est ingénieux à se faire de graods plaisirs aussi bien que de grandes douleurs : c'est une passion d'exagération qui grandit toutes choses. Cerisieh.

CIRCOIirSTAlirCE.

~ Une jolie femme dépend bien moins d'elle-même que des drcoDstances ; et par malheur il s'en trouve tant de si peu prévues, de si pressantes, qu'il n'y a point à s'étonner si, après plusieurs aventures, elle n'a connu ni l'amour, ni son cœur. Il s'ensuit que ce qu'on croit la dernière fantaisie d'une femme, est bien souvent sa première passion. Crébillon fils.

— La vertu dépend bien souvent des circonstances. On cesse d'être honnête dans de petites occasions, après avoir résisté longtemps aux sensations les plus fortes. Les femmes vrai-

I ment vertueuses, qui sont aimables et sollicitées, ne peuvent pai jurer que tous les moments de leur bel âge se passeront k dans la même innocence. La sensibilité de notre cœur nous en I fsit connaître de dangereux dont on ne peut répondre.

M"* DE RlEOX.

-~M.de La Rochefoucauld a écrit que nous n avions pas ^Qjonrs assez d« raison |)our employer toute notre force. Ma-

dame de Grignao dit, au contraire, que nous n'avons pas t Jours assez de force pour employer toute notre raison L*i ou l'autre maxime peut être regardée comme une vérité, se les circonstances. M"* de'Aévigné.

— Quelle est la femme qui peut se vanter de résister à motion de ses sens et aux instancps d'un homme qui lui pi réunies à Toccasion? La plus vertueuse est celle à qui, p cesser de l'être, une de ces circonstances a manqué. Meu.h

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