‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 38 sur 228 · CŒUR · texte numérisé non relu

CŒUR

— Rien n'est moins en notre pouvoir que notre cœur, loin de lui commander, nous sommes forcées de lui obéir.

HeloYse.

— Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas.

BuSSUET.

— En amour, le cœur est toujours superbe ; il estime ce * lui résiste, et se pique de vaincre ce qu'un autre n'a pas vain

M"** DE Sartort.

— Le cceur fait faire à une femme cent choses sans quN 8*en aperçoive; et j'ai remarqué dans plus d'une occasion, c telle qui croyait suivre sa tête, obéissait a son cœur. Cela pc rien ne serait plus facile que de définir les femmes. La fem sage, par exemple, serait celle dont le cœur est muet ou o'en point écouté ; la prude, celle qui fait semblant de ne pas écou son cœur; la galante, celle à qui le cœur demande beaucou] qui lui accorde trop; la voluptueuse, celle qui écoute i cœur avec complaisance; la courtisane , celle à qui son ca demande à tout moment et qui ne lui refuse rien; la coquet celle dont le cœur est muet ou n'est point écouté, mais qui f espérer à tous les hommes qui l'approchent, que son cœur p; lera quelque jour, et qu'elle pourra ne pas faire la soui

oreilte; la femme tendre, enfin, est celle qai a aimé sans qae son coear parlât, ou dont le cœur n*a jamais parlé qu*en faveur 4a seul homme qu'elle aimait. Dikerot.

— I es femmes qui uni des amants inconstants ont pour méthode de leur donner de la jalousie, ou de les quereller pour les forcer à revenir. Quelle erreur? le cœur ne se ralentit pour DO objet que parce qu'il commence à être occupé d*uo autre, ou qu*il est fatigué de celui qui le remplissait. Pourquoi, dès lors, regretter sa perte? On gagne les cœurs, mais on ne peut les retenir quand ils s'échappent. M"* de Rieux.

— Le cœur concilie les choses contraires et admet les incompatibles. La Bruyère.

— Le cœur d'une femme est un abîme dont personne ne connait le fond. M"^ Riccoboni.

^ Qu'on aille dire à une femme qu'on est un dieu épris de son mérite, elle n'en croira rien ; qu'on lui jure d'être fidèle, elle le croira. Pourquoi cette différepce? C'est qu'il y a des exemples de l'un et qu'il n'y en pas de l'autre. Ce qui fait qu'on ne donne point dans l'erreur de prendre un homme pour un dieu, c'est que cette erreur-là n'est pas soutenue par le coeur. On ne croit pas qu'un amant soit une divinité, parce qu'on ne le souhaite pas ; on souhaite qu'il soit fidèle et on croit quMI l'est. Le cœur est la source de toutes les erreurs dont nous avons besoin ; il ne nous refuse rien en matière d'amour. Fontenelli.

— On ne se rend point raison des caprices du cœur.

M"' DE Fontaines.

— On ne conserve la paix du cœur que par le mépris de ce foi peut la troubler. J.-J. Rousseau.

— Le tendre Amour cueillant un jour des fleurs, Fut, par hasard, piqué par une abeille Cachée au fond d'une rose vermeille.

Au même instant il s'en va tout en pleurs.

Dire à Vénus : — Ma mère, je me meurs ;

Je suis piqué d'une vipère ailée.

Qui, dans ces lieux, abeille est appelée :

Je n'en puis plus, je me meurs, je me meurs...

— Si d'une abeille, 6 mon fils ! la piqûre. Répond Vénus, vous fait tant de douleur. Quelle douleur croyez-YOus donc qu'endure Un malheureux dont vous percez le cœur ?

Régnier.

— Le cœur d'une femme galante est comme une rose dont

chaque amant emporte une feuille; il ne reste bientôt plus i l'épine au mari. Sophie ARNorij).

— Il y a des redites pour Toreille et pour Tesprit; il n*y a point pour le cœur. Crampfort.

— Le malheur des cœurs qui ont aimé est de ne rien ti Ter qui remplace Tamour. Ddclos

— Le cœur fait le vrai bonheur quand on s'aime, et rien peut suppléer, sitôt qu'on nes*aimc plus. J.-J. Roussea

— On n'a reçu du ciel un cœur que pour aimer. Boile

— Le ciel, entre les cœurs, par un secret pouvoir Sème rintelligence avant que de se voir; 11 prépare si bien Tamant et la maîtresse Que leur âme, au seul nom, s*émeut et s'intéresse : On s'estime, on se cherche, on s'aime en un moment; Ce que Ton s'entredit persuade aisément; Et sans s'inquiéter d'aucunes peurs frivoles, La foi semble courir au-devant des paroles ! La langue en peu de mots en explique beaucoup ; Les yeux, plus éloquents, font tout voir tout d'un-cou| Et de quoi qu'à l'envi tous les deux ni)us instruisent. Le cœur en entend plus que tous les deux n'eu disent.

P. Corneille.

— On ne raisonne pas avec son cœur : on le brise ou on 'Cède. P. RocHPÈDRE

— On n'aime pas par un commandement:

Prière, ordre, conseils, n'y peuvent rien; personne Ne sait pourquoi le cœur se refuse ou se donne. Et qui voudrait aimer, contre son bon plaisir Ne pourrait point vraiment jamais y réussir. Ponsar

— Le cœur d'une femme ne vieillit point, et quand il c< «d'aimer, c'est qu'il a cessé de battre. P. Rochpèdre

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