LE COEUR
Le cœur est tout, disent les femmes.
Sans le cœur point d'amour, sans lui point de bonheur: Le cœur seul est vaincu, le cœur seul est vainqueur.
Mais qu'est-ce qu'entendent ces dames,
En nous parlant toujours du cœur?
En y pensant beaucoup, je me suis mis en tète, Que du sens littéral elles font peu de cas. Et qu'on est convenu de prendre un mot honnête,
Au lieu d'un mot qui ne Test pas.
Sar le lien des cœurs en vain Platon raisonne^ Pla'OQ se perd tout seul et n'égare personne ; Raiiooner sur \*amour, c'est perdre la raison; Et dans cet art charmant, la meilleure leçon. C'est la nature qui la donne.
A bon droit nous la bénissons.
Pour nous avoir formé des cœurs de deux façons. Car que deviendraient les familles, Si les cœurs des jeunes garçons
Étaient faits comme ceux des filles?
Avec variété nature les moula.
Afin que tout le monde en trouvât à sa guise; Prince, manant, abbé, nonne, reine, marquise. Celui qui dit Sanclus^ celui qui crie'i4//a^/ Le bouze, le rabbin, le carme, la sœur grise. Tons reçurent un cœur : aucun ne s'en tiol là.
C'^t peu d'avoir chacun le nôtre ;
Nous en cherchons partout un autre.
Nature, en fait de cœurs, se prête à tous les goûts;
J'en ai vu de toutes les formes, Grands, petits, minces, gros, médiocres, énormes ; Mesdames et Messieurs, comment les voulez-vous ? On fait partout d'un cœur tout ce qu'on en veut faiie. On le prend, on le donne, on l'achète, on le vend ; Il s'élève, il s'abaisse, il s'ouvre, il se resserre,
C'est un merveilleux instrument ;
J'en jouais bien dans ma jeunesse;
Moius bien pourtant que ma maîtresse.
0 vous! qui cherchez le bonheur,
Sachez tirer parti d'un cœur.
Un cœur est bon à tout, partout on s'en amuse;
Mais, à ce joli petit jeu,
Au bout de quelque temps il s'use, Et chacune et chacun finissent en tout lieu.
Par en avoir trop ou trop peu.
Ainsi, comme un franc hérétique, Je médisais du dieu de la terre et du ciel ;
En amour, j*étais tout physique;
C'est bien un point essentiel,
Mais ce n'est pas le point unique.
Il est mille façons d'aimer ;
Et ce qui prouve mon système.
C'est que la bergère que j'aime
^41 a mille de me charmer :
Si de ces mille, ma bergère,
Par un mouvement généreux,
M'en cédait une pour lui plaire.
Nous y gagnerions tous les deux. Boufflei
— Le cœur qui n*aima point fut le premier athée. Mekçie
— Le cœur des femmes est à la merci de leurs yeux et leurs oreilles. Sylvain Maréchal.
— Les cœurs qui ont le plus aimé sont ceux qui ont é peu ou mal aimé^. Ce n'est pas au confident de la loi que se réservées les délices de la terre promise. Charles Nodieb.
— On va au cœur des femmes par toutes sortes de ch mins; trouver celui qui y mène juste, voilà le difficile : lesui le cherchent, d'autres plus hardis le frayent. Saint-Prospe
— Je compare lé cœur des femmes à ces bottes à surpris qu*on achète aux marchands de joujoux, et desquelles s'< chappent, aussitôt qu'on les ouvre, des diables de toutes I espèces et de toutes les formes. Alexandre dumas
— Le cœur d'une honnête femme est un salon dans lequ il n'est permis de pénétrer qu'après avoir fait antichambre.
COHHERSON.
— Mobile comme l'onde, a dit Shakspeare, en parlant < cœur delà femme; on pourrait ajouter profond et impén trahie comme la mer. L'amour seul, qui pourrait en pénétr tous les mystères, s'éteint toujours trop tôt, soit d'un côt soit de l'autre, « Xavier Etma.
— Le cœur n'a rien à faire en amour; je le mets au mèc rang que le calepin d'une jeune mariée. — Le calepin est mémento des pas qu'on a dansés, et le cœur est le regist des faux pas qu'on a faits. Nestor Roqdeplan.
— Le cœur d'une femme est une partie des cieux; mi aussi, comme le firmament, il change nuit et jour. Btro
— En amour, les cœurs justes sont les premiers vaincus.
SÉNANCODRT.
— Le cœur est comme ces sortes d'arbres qui ne donne leur baume pour les blessures des hommes que lorsque le f les a blessés eux-mêmes. Chateaubriand.
— C'est en vain de l'amour que nos cœurs se défendent : L*amour est l'océan où tous les cœurs se rendent.
— Le cœur d'une femme aimante est un sanctuaire d'orc règne souvent une idole d'argile. Paulin Limatrac.
— Le cœur d'une femme mariée est un immeuble grei d'hypothèques. Comuerson.
— Une jeune femme jooait au billard ; elle manqua de toncher, et se plaignit de sa maladresse. — Madame, lui dit son partenaire, c'est qu'une bille n'est pas un cœur! A. R.
— Le cœur des Temmes est un délicieux Eldorado, où Ton croit, lorsqu'on y entre, que toutes les pierres sont des diamants; mais on sait, lorsqu'on en sort, que ces diamants ne sont que des cailloux. Alexandre Dumas.
— Les cœurs des jolis femmes, comme les bonbons du oouTel an, sont enveloppés d'énigmes. J. Petit-Senn.
— Rage de cœur fait passer le mal de dents. Proverbe.
— En amour, la colère est toujours mentecse.
PoBLins Strus.
— Les femmes sont plus colères que les hommes. Les âmet les plus faibles sont les plus sujettes à l'emportement ; elles y cèdent en proportion de leur faiblesse. Plutarque.
— La colère d'une femme est le plus grand mal dont on poisse menacer ses ennemis. Chillon.
— Un homme sage ne craint pas la colère d'une femme. Un pins sage ne la provoque point. Ce serait donner de gaieté de corar l'alerte aux ruches, en faire sortir les abeilles, et mériter d'en être piqué. * Adrien Duput.
— Les colères des amants sont comme les orages d'été, qui ne font que rendre la campagne plus verte et plus belle.
M°» Necker.
— Un mari qui croyait très sincèrement à la fidélité de sa . femme, se mit fort en colère, un soir, parce qu'elle s'était permis de dtner sans lui. Comme toute faute exige un châtiment, l'époux grondeur reçut, à quelques jours de là, un petit billet ainsi conçu :
La faim pressait ta femme; elle a dtné sans toi ;
Dumont, je ne vois pas de quoi Gronder comme tu fais, et chanter tant de gloses. Dtner sans son époux, est-ce un si grand péché ? Ta femme a fait sans toi de plus étranges choses
Dont tu ne t'es pas tant fâché. A* R.