‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 40 sur 228 · COMBAT · texte numérisé non relu

COMBAT

^ En amour, c'est être vaincue que de combattre, et le tœar a cédé du moment qu'il s'est défendu.

— Une femme d'honneur peut avouer sans honte Ces surprises des sens que la raison surmonte ; Ce n'est qu'en ces assauts qu'éclate la vertu ; Et l'on doute d'un cœur qui n'a point combattu.

Corneille.

— Le genre humain est divisé en deux factions : les homm> font la guerre offensive; les femmes ne doivent faire que guerre défeusive. L'amour exalte, agace les deux partis : on < vient aux mains; il se jette dans la mêlée en secouant s( flambeau : mais, bien différent des autres combats, celui-( loin de détruire les combattants, ne sert qu'à les multiplier.

Sylvain Maréchal.

COBIMEBrCEMEBrr.

— L^amour commence par l'amour, et Ton ne saurait pass de la plus forte amitié qu'à un amour faible. La Bruyère.

— Lorsqu'on commence d'aimer on ne fait que commeoc de vivre. M'^* de Scudért.

— tt Eh bien! finissez-vous, Clitandre : Votre ardeur ne peut se comprendre, Ne point finir c'est me lasser... »

— « Vous êtes injuste, Clarisse; Si vous voulez que je finisse.

Permettez-moi de commencer. »

En fait d'amour, toute l'importance est dans les comme céments. Le monde sait bien que celui qui fait un pas en fe davantage ; il ne s'agit donc que de bien faire le premier p^

Fontenelle.

— 11 est difficile qu'une femme qui a senti les douceurs d'u passion dans son commencement, ne souhaite pas de rappel ce commencement aussi souvent qu'il lui est possible. Le plai de faire une nouvelle conquête flatte son amour-propre, ce! du changement ranime ses désirs et leur donne une nouve force. Les femmes, d'ailleurs, aiment beaucoup mieux iuspii de l'amour qu'en prendre; et, pour la plupart, elles se do nent un amant, moins parce qu'elles le trouvent aimable, q pour prouver qu'elles le sont. D'Argens.

— Il serait à souhaiter que l'on vécût ensemble, après bi bien des années, comme on y vit les premiers mois. Cette ( litesse et les attentions qu'on a dans les commencements d'u liaison, font aimer le changement; et les négligences et le <i faut d'honnêteté qui suivent, nous portent trop souvent 'à e

visagerdans les nouvelles connaissances de nouvelles douceun.

M*"* DE RiEUX.

— En amour, il n'y a que les commencements qui soient charmants. Je ne m'étonne pas qu'on trouve du plaisir à recommencer souvent. Le prince de Ligne.

~ L'amour commence toujours trop beau pour pouvoir Ja tuais bien finir. Casimir Daumas.

» Le commerce le plus lucratif a toujours été de vendre da isir, du bonheur ou de Tespérance; c'est celui des auteurs, des femmes, des prêtres et des rois. M"* Roland.

— C'est un beau triomphe, et la marque d'une préférence bien flatteuse, que d'être aimé d'une femme de comptoir... lorsqu'on est aimé seul. Celles qui sont, aimables pour tout le monde, n'obligent personne. Pour engager à la reconnaissance, il faut que le bienfait soit particulier. M*"* de Rieux.

— Le comptoir est une place d'une dangereuse conséquence pour un mari, quand sa femme est belle, et qu'elle l'occupe. Les regards des curieux qui la contemplent donnent aux siens une hardiesse qui des yeux passe dans les discours, et du discours dans les actions. Une femme qui s'accoutume à regarder ceux qui la regardent, répond aisément à ceux qui lui parlent, et quand elle en arrive là, c'est rarement sans danger pour sa wrtu. Marivaux.

COMPAHAISOUr.

~ Lorsque l'ivresse de l'amour est passée, on rit souvent des comparaisons qu'elle nous a fait faire. Ninon de Lenclos.

— Louer une femme par comparaison , c'est une façon infaillible de lui tourner la tête; cela flatte sa jalousie et sa vanité. VOISENÙN.

— Lorsqu'une femme se montre, elle ne doit jamais paraître qu'avec des gens qui ne la déparent point. Une belle chose perd lie son prix , quand elle entre en comparaison avec une plus belle. M*"* de Rieux.

COMPIiAISABarCE.

— S'il tombe un peu de poussière sur le sein de votre mat- Iresse, secouez sa robe d'une main légère; secouez-la même quand il n'y aurait point de poussière. Pour un amant, tout doit ^re une occasion de se rendre officieux : de petites comptai- •inces captivent des cœurs légers. Ovide.

-*Lcs petites choses faites à propos font quelquefois acqué* rir uae gfande estime parmi les femmes. M"' de Sgddért.

— Tant qu'un amant n'est point aimé, je crois volontiers qu'il est complaisant; mais dès qu'il est assuré de l'affection de sa maîtresse, il veut plus souvent faire sa volonté, que celle de la personne qu'il aime. M*"* de Sartort.

— Montaigne raconte l'anecdote suivante à propos de la complaisance de certains maris : Pbaulus l'Argien offrit la sienne au roi Philippe par ambition; tout ainsi que, par civilité, ce Galba, qui avait donné à souper à Mécénas, voyant que sa femme et lui commençaient à comploter d'oeillades et de signes, se laissa couler sur son coussin, représentant uo homme^ aggravé de sommeil, pour faire épaule à leurs amours. Ce qu'il avoua d'assez bonne grâce, car, sur ce point, un valet ayant pris la hardiesse de porter la main sur des vases qui étaient sur la table, il lui cria tout franchement: n Comment! coquin! Dc vois-tu pas que je ne dors que pour Mécénas ? »

COBIPUMXlirT.

— Les femmes bien élevées ne se servent Jamais, à l'égard des autres femmes, de phrases mal sonnantes. Comme fés sauvages, elles lancent des flèches élégantes, empennées de plumes de pourpre, d'azur et d'émeraudes , dont la pointe est empoisonnée.

Elles se servent de compliments vénéneux :

Une femme bien faite, c'est une femme qui a des marques de petite vérole, ou les cheveui rares et mal plantés, ou une bouche trop grande ; en un mot, une femme bien faite est une femme dont on nie la figure.

Une belle personne, c'est une femme qui n'est plus très jeune, qui a la taille un peu épaisse, qui manque d'élégance, et qui a une grosse gorge placée trop haut.

Si l'on veut pousser cette injurfi à sa dernière limite et la rendre l'équivalent de grosse femme commune, on dit : Elle est d'une belle santé. Mais cela ne se dit que rarement ; c'est an peu trop violent pour être tout à fait de bonne compagnie.

Une femme d esprit y une femme très aimablef c'est une femme qui n'est ni jolie, ni bien faite.

Une bonne personne, cela veut dire laide et bêle. Une excellente personne est un gros mot que je ne traduirai pas ici.

Alphonse Rarr.

— Une jeune fille fort curieuse entendant un de nos poëte» parler de l'amour, lui dit avec ingénuité : — Mais où donc se

trouve-t-il cet amoar doot j'entends prononcer si souvent If nom ? — Partout, Mademoiselle, lui répondit le poëte :

Amant de toute la nature.

Il bondit avec les troupeaux ; Avec les ruisseaux il murmure; Il ramage avec les oiseaux ; Avec la simple violette Il se cache sous le gazon :

C'est lui qu'attrape une fillette Sous la forme d'un papillon.

C'est son haleine ravissante Qu'on respire dans une fleur; Il orne la rose naissante De son éclat, de sa fraîcheur :

Mais de notre plus tendre hommage Quand ce dieu veut s'assurer mieux.

Belle Uortense, il prend votre image.

Ou se place dans vos beaux yeux. A. R.

CONCORBE.

— Un bon mari doit vivre en bonne intelligence a\ec sa femme et se bien entendre avec elle pour les affaires domestiqaes. Dans le petit état de la famille, aussi bien que dans le grand état de la république, la concorde est absolument né-> cessaire. Par elle, dit Sallustc, les plus petites choses deviennent grandes ; et sans elle, les plus grandes deviennent à rien. Concordia res parvœ crescunt; discordia maximœ dilabuntur.

La Perrière.

— Je mettrais plutôt toute l'Europe d'accord que deux femmes. Louis XIY.

— Ce qui fuit que la plupart des époux vivent si rarement d'accord entre eux, c'est que les hommes se marient d'ordinaire pour faire une fin, tandis que les femmes ne songent, au contraire, qu'à faire un commencement. Adrien Dupuy.

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