‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 5 sur 228 · GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS · texte numérisé non relu

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bannis de France par arrêt du Châtelet. Ce procès fit tant de scandale, que le bruit courut que tous ceux qui s'étaient rendus coupables du même crime subiraient le même sort. Sur celle rumeur, Eustache, qui s'était évadé depuis quelques jours, fit imprimer Tépigramme suivante qu'on distribua clandestine ment aux juges qui Tavaicnt condamné :

Quel affreux désert seras- lu Pauvre Paris î Tu vas devenir Rome Si Thémis, de tes murs, bannit tout galant homme Dès qu'il aura fait un ....

Grands porteurs de bonnets à cornes, A ce zèle mettez des bornes, Ou vous dépeuplerez cette auguste cité.

Consultez Tintérêt de l'État et du maître; Punissez qui détruit, protégez qui fait naître Des sujets à Sa Majesté.

Mais je vois d'où vient la tempête; Chacun craint pour son aielier, ^ Et l'on dit qu'en jugeant vous vous frottiez la tcte

Contre celle de Tëpicier. A. h

— Il y a un monstre qui cause bien des ravages dans le monde social. Il trouble toutes les unions, sépare les époux qui s'entr'aimaient ou semblaient s'entr'aimer, et leur fait commettre des assassinats et des guet-apens. Je parle de l'aduTtère, crime affreux dont ofi punit les femmes, mais qui i^'est point assez puni dans les hommes, parce que les hommes ont fait les loi:;. Blondel.

— L'adultère est une faillite, à cette dififérence près que c'est celui à qui on fait banqueroute qui est déshonoré.

Champfort.

— En Egypte, une loi portait que l'on couperait le nez à toute femme qui aurait été surprise en adultère, et que tout homme convaincu du même crime aurait les yeux crevés. — • Hélas ! s'écrie un pauvre rimeur qui ra))porte ce fait :

Si Ton ressuscitait ces lois vieilles et dures,

On verrait en beaucoup de lieux, A moins que justement on n'eût pris ses mesures. Bien des femmes sans nez et des hommes sans yeux.

— Une jeune femme, veuve à vingt-trois ans d'un mari

qu'elle avait beaucoup aimé, en prit un second qu'elle fit

Surprise en flagrant dé!it, elle fut traduite en justice. -

« Pourquoi donc, Madame, 9près avoir élc fidèle à votre premier mari, avez-vous indignement trompé le second? » lui demanda le président du tribunal — « Parce que jusque là. Monsieur, personne ne m'avait rien demandé, •• répondit naïvement la jolie coupable. A. R.

— Un mari trompé qui plaide en adultère, est un malade jnprudcnt qui aggrave son mal en élargissant la plaie.

Adolphe Ricard.

— La loi de Moïse condamnait à mort la femme adultère; chez les Égyptiens on lui coupait le nez; par la loi Julia, chez les Romains, on lui coupait la tête; aujourd'hui, en France, quand une femme est surprise en flagrant délit avec son amant, on se moque de son mari. Champfort.

— L'adultère, qui dans le Code civil est un fait immense. D'est dans le fait qu'une galanterie, une affaire de bal masqué. Napoléon.

— L'adultère est dans la pensée de toute femme qui voit UQ homme qui lui plaît, et dans les yeux de tout homme qui regarde une femme qu'il trouve jolie. Adolpue Ricard.

— Quoi qu'en ait pu dire uue philosophie trop indulgente, quelle que soit, au milieu de la d(^pravation de nos mœurs, rimprudente légèreté de nos maiimes, ce n'est pas une faute ordinaire que d'affaiblir indiscrètement et même sans aucune intention mauvaise, la confiance et l'attachement sans bornes que se doivent éevti époux ; ce n'est pas une faute ordinaire, mais'un crime véritable, mais peut -être le premier de tous les attentats contre l'ordre de la société, que ce délit, trop cicuse de nos jours, qui, violant le plus saint de tous les contrats, éteint pour jamais l'amour en des cœurs faits pour s'aimer, et brise sans retour, et comme à la fois, tous les liens qui lefr unissent. Berçasse.

— Quand on est aimé d'une belle femme, on se tire toujours d'affaire dans ce monde. Voltaire.

— Le moyen de bien vivre avec la femme la plus raisonnable est de ne jamais se mêler de ses aflaires de cœur.

Stendhal.

— Dans les affaires d'amour, de Tinnocence à la faute il n'y a qu'un baiser. Albéric Second.

— L'amour est l'afTaire de ceux qui n'en ont point.

— Les femmes ont naturellement à remplir tant de devoirs qui leur gont propres, qu'on ne peut assez les séparer de tout

-ce qui pourrait leur donner d'autres idées, de tout ce qu'on traite d'amusements, et de tout ce qu'on appelle des affaires.

Montesquieu.

— Il convient peu aux femmes de se mêler des afTaires, parce qu'elles ne peuvent ni ne doivent assez connaître les hommes. M"* de Puisieux.

— On a raison d'exclure les femmes des affaires politiques et civiles. Rien n'est plus opposé à leur vocation naturelle que tout ce qui leur donnerait des rapports de rivalité avec tqs faommes ; et la gloire elle-même ne saurait être pour les femmes^ qu'un deuil éclatant du bonheur. M"** de Staël.

— C'est à tort qu'on suppose que les femmes sont peu aptes à la gestion des affaires: elles y excellent pour si peu qu'elles «'y appliquent ou qu'elles y aient été exercées.

Emile de Gibardin.

— Vouloir borner les femmes au gouvernement matériel de leur maison, ne les instruire que pour cela, c'est oublier que «*est de la maison de chaque citoyen que sortent les erreurs et les préjugés qui gouvernent le monde. Aimé Martin.

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