‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 6 sur 228 · AFFECTATION · texte numérisé non relu

AFFECTATION

— Quelques jeunes personnes ne connaissent point assez les ■avantages d'une heureuse nature et combien il leur serait utile ■de s'y abandonner. Elles afTaiblissent ces dons du ciel, si rares •et si fragiles, par des manières affectées et par une mauvaise imitation. Leur son de voix et leur démarche sont empruntés. Elles se composent, elles se recherchent, regardent dans un miroir si elles s'éloignent assez de leur naturel : ce n'est pas sans peine qu'elles plaisent moins. La Bruyère.

— Le revenu de la beauté, J'entends la délicate et la belle tendresse.

Ne sera jamais augmenté

Par les mines d'une maîtresse.

Les grimaces, les airs sont de nuisibles soins; Aux yeux des connaisseurs rien n'est plus pitoyable; Et cent choses qu'on fait pour être plus aimable

Font précisément qu'on l'est moins.

— La nature toute simple vaut mieux, quelque défectueuse qu'elle soit, que l'affectation la moins ridicule ; et, défauts pour défauts, ceux qui sont naturels sont beaucoup plus supporta* blés que les qualités qui sont aOfectées. Saint-Évremont»

~ Tontes les agaceries des femmes sont perfides, tout lenr art est empoisonné ; et comme les araignées ne tendent Icun toiles qae poar attraper les mouches, les Temmes ne se rendent aimables que pour enjôler les hommes.

Le R. P. Du Bosc.

— Une jeune femme reprochait au chantre de Naïs quelques agaceries qu'il s^était permises à son égard; le poëte lui répondit :

Pourquoi me grondez-TOus quand votre collerette

Rend mon œil attentif et ma main inquiète ?

Ah ! répondez, Pauline, et parlez sans détour :

Le respect vous platt-il aux dépens de Pamour?

Lorsque dans nos jardins je vois la fleur nouvelle,

J*y porte, en souriant, un regard curieux ;

Mais je ressentirais une peine cruelle

S'il ne m'était permis que d'y porter les yeux :

Ma main veut y toucher, et quand sur chaque feuille

Le désir innocent a promené mes doigts,

S(tn parfum me séduit, il faut que je la cueille :

Ainsi pour un plaisir j'en ai trois à la fois.

Tel est Tordre de la nature ; .

Elle nous a fait nattre avec des sens jalout. Vous, qui les enchantez, prévenez leur murmure ; Ou n'en flattez aucun, ou contentez-les tous. a. R.

— Dans un grand dîner que la Cour donnait au château de Versailles, Marie-Antoinette s'amusait à jeter des boulettes de pain, au roi, son époux. Louis XVI, piqué dç ces agaceries, se tourne vers M. de Saint-Germain : — « Que feriez-vous, Monsieur le comte, si l'on tirait ainsi sur vous?» lui demanda-t-il en riant. — «Sire, répondit le ministre de la guerre, j'enclouerais la pièce. » A. R.

— Agacer est un jeu de la coquetterie dont la vertu paie ouvent les frais. Lingrée.

— Les agaceries d'un amant qu'on n'aime plus ne servent qu'à le rendre ridicule, puisque, le plus ordinairement, c'est •on rival qui se chauffe au feu qu'il allumait pour lui.

Adolphe Ricaid.

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