‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 57 sur 228 · MESSALINE · texte numérisé non relu

MESSALINE

Quand de Claude assoupi la nuit ferme les yeux,'

D'un obscur vêlement sa femme^nveloppée,

Seule, avec une esclave, et dans Tombre échappée,

Préfère à ce palais tout plein de ses aïeux,

Des plus viles Phrynés le repaire odieux.

Pour y mieux avilir le nom qu'elle profane,

Elle emprunte à dessein un nom de courtisane;

Son nom est> Lisisca : ces exécrables murs,

La Umpe suspendue h ces dôme:» obscurs,

Des plus affreux plaisirs la trace encor récente.

Rien ne peut réprimer Pardeur qui la tourmente.

Uo lit dur et grossier charme plus ses regards

Que l*oreiller de pourpre où donnent les ('.ésars.

Tous ceux que dans cet autre appelle la nuit sombre.

Du regard les invile et nen craint \ms le nombre.

Son sein nu, haletant, qu'attache un réseau d'or.

Les défie, en triomphe, et les défie encor.

Cest là que, dévouée à d'infâmes caresses.

Des muletiers de Borne épuisant les lendresses.

Noble Britannicus, sur un lit effcmlév -

ËHe étale à leurs yeux les flancs qui t'ont porté.

L'aurore enfin parait, et sa main adultère,

Des faveurs de la nuit réclame le salaire.

Elle quitte à regret cet immonde panrif .

Ses sens sont fatigués et non pas assonyis ;

Elle rentre au palais, hideuse, échevelée,

Elle rentre, et Todeur autour d'elle eihalée,

Va, sous le dais sacré du lit des empereurs.

Révéler de la nuit les lubriques fureurs. JiTViiiAi.

— Les débauches de nos jeunes années sont autant de coih Jurations contre la TielUesse. On paie cher le soir les folies da matin. Luxuriose viventes seni fieri non expedU. Bacon.

— (c Vois, » dit un de nos poètes :

Vois ces spectres dorés s'avancer à pas lents, Traîner d*un corps usé les restes chancelants ; Et sur un front jauni, qu'a ridé la mollesse. Étaler à trente ans leur précoce vieillesse. C'est la main du plaisir qui creuse leur tombeau. Et bienfaiteur du monde, il devient leur bourreau.

— Sed ipsœ voluptates in tormenta v^tuntur, Sénèquc

— A combien de jeunes débauchés qui s*écrient, à Teiempte d*Anacréon :

Enivré d*un charmant délire, Sur ce lit de myrtes jonché, Je veux, nonchalamment couché, Boire, aimer, folâtrer et rire.

Amour! enfant tendre et badin.

Viens, la chevelure tressée.

Et Fécharpe en nœud retroussée, Me verser de ce jus divin...

A combien, dis-je, ne pourrait-on pas adresser ces beaui Ters d'un poëte du dernier siècle :

La vie est un trésor immense

Qu'on croit ne jamais épuiser;

Mais chaque instant que Ton dépense

Ne fait, hélas ! que nous user.

Vois du trépas la porte ouverte;

Ce jour, dont tu plains peu la perte.

Se compte au nombre de tes jours.

Tu crains la^doutable barque,

Et tu vis comme si la Parque

Te devait épargner toujours. A. R«

— > La débauche est l'excès du plaisir sans le goûter.

La Mettbh.

— Ah ! malheor à celui qui laisse la débauche Planter le premier clou sous sa mamelle gauche. Le cœur d'uo homme vierge est un vase profond : Lorsque la première eau qu*9n y verse est impure» La mer y passerait sans laver la souillure Car rabtme est immense, et la tache est au fond.

Alfbed de Musset.

— Une Jeunesse passée dans Tintempérance transmet à l«. iâlesie un corps épuisé. Intemporans odotoscen/ia effeclum Vfnu tradU senectuU, Cicébon.

BÉO&ARATZOïr.

— Il n*appartient qu'à un homme de peu d'expérience de lire une déclaration en forme. Une femme se persuade beauwp mirai quelle est aimée, par ce qu'elle devine, que par ce B*on lui dit. Ninon de Lenclo».

— L'usage le plus ordinaire du monde est de recevoir une éelaration d'amour comme une simple civilité, et de tâcher B détourner la chose comme une galanterie dite sans dessein ; lais celles qui en usent ainsi veulent peut-être qu'on leur relie une seconde fois ce qu'elles font semblant de ne vouloir u croire la première. M"* de Sartort.

— Les grands amours ont besoin de grands espaces, de^ rands mouvements de l'âme, de grandes passions. Si Sapho, dit*. L de Lamartine, eût été une jeune fille de bonne compagnie > ins la cour de quelque roi des Perses, nous n'aurions pas ces il vers, ces dix charbons de frax allumés dans son cceur, et qui fâlcot depuis tant de siècles les yeux de ceux qui les lisent :

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