DÉFIANCE
— La défiance autorise l'infidélité ; souvent on enseigne à tromper eo craignant de létrc. Senèoi:e.
•— La défiance est la mère de la sûreté. M*** de Scudérl ^~ Il D'est riea de si aisé que de jeter de la défiance dans on cœur amoureux. M'°* de Coulanges.
— Celui qui n*a pas encore senti la violence des passions n*est pas encore sage, car il ne sait pas se défier de soi.
Fénelon.
— C*est la plus sotte chose du monde que de se défier d'une femme et de la tourmenter. La vérité de Taffaire est qu'on n'y gagne rien de bon : cela nous fait songer à mal ; et ce sont souvent les maris qui, avec leurs vacarmes, se font eux-mèmei ce qu'ils sont. Lorsqu'un mari se meta notre discrétion, nous ne prenons de liberté que ce qu'il nous en faut; et il en est comme avec ceux qui nous ouvrent leur bourse, et nous disent :
'Prenez; nous en usons honnêtement, et nous nous contentons de peu. Mais ceux qui nous' chicanent, nous nous eflbrçons de les tondre, et nous ne les épargnons point. Molièbb.
— La place d'une honnête femme n'est point dans les bals, dans les spectacles, ni dans les assemblées du monde. Celles qui se plaisent si fort à se trouver au milieu de leurs ennemis, ont assurément le désir d'en être vaincues. Quelque bonne que soit une compagnie, la défiance y est toujours meilleure que la hardiesse, surtout pour les femmes, qui doivent se méfier des hommes, encore et quand bien même ils seraient des anges.
Le R. P. DuBosG.
— Femmes! ayez toujours une fille qui travaille dans votre chambre, lorsque vous êtes avec un homme : méfiez-vous des plus sages et des plus respectueux Faites plus encore : si vous voulez bien sincèrement que votre vertu soit en sûreté, défieivous de tout le monde, et surtout de vous-mêmes.
Rocheqrune.
— Dans l'âge de rinnocence, avec l'homme le plus vertueux, quand il est aimable, deux filles valent mieux qu'une.
J.-J. Rousseau. ^
— Se défier de soi est le premier pas vers la sagesse. ',
LlNGRÉE.
^- C'est dans la fréquentation des femmes galantes que les hommes apprennent à se défier des honnêtes femmes Comme l'écolier de Champfort, celles-ci sont punies pour les fautes que les autres commettent. Adolphe Ricard.
B^UCATESSZ.
— En amour, plus on est délicat, plus ou s*amuse aux bagatelles.
» Il faut être délicat et jamais jaloax. La MicateMe eit toqjoun tendre ; la jalousie est souvent craelle. Bsimi.
— Uamour ne devrait être le plaisir qae des âmes délicates. Quand je vois des hommes grossiers se mêler d*amonr, je suis teaté dédire : De quoi vous mêlez -vous? Du Jeu, de la table, de l'tmbition à cette canail le ! Champpoit.
— Chez les hommes, Tamour n*a de délicatesse qu*en raison dei obstacles; chez les femmes, qu*en raison du bonheur fQ'elles nous font goûter. Saiht-Pbospei.
— n aimera demain celui qui n*a Jamais aimé. Cras omet qui nunquam amavU, qwque arnavit., cras amti,
— Ivre d* amour, sur le sein de Glycère, Phylos lai dérobait les baisers les plus doux. Brûlant des mêmes feux, la sensible bergère
Les refusait sans montrer de courroux : Son amant plus hardi, de conquête en conquête, ' Se hâtait d'arriver aux dernières faveurs ; Glycère, en détournant ses yeux mouillés de pleurs, Tâchait de différer rinstant de sa défaite. Contre son propre cœur on se défend en vain. Aux transports de Pbylos sur le point d se rendre, «- « Ah ! lui dit la bergère, en lui serrant la main.
Et le baisant du baiser le plus tendre. Si Glycère aujourd'hui te permet de tout prendre. Que lui restera -t-il à te donner demain! »
^ Le chantre d'Éléonore adressa ces jolis vers à une Jeune femme qui remettait toujours au lendemain le bonheur (|u'elie loi ISdsait espérer :
Vous m'amusez par des caresses, Vous promettez incessamment Et vous reculez le moment.
Qui doit accomplir vos promesses.
Demain, dites-vous tous les jours.
L'impatience me dévore ; L'heure qu'attendent les amours Sonne enfin, près de vous j'accours :
Demain, répétez-vous encore.
Rendez grâce au dieu bienfaisant Qui Yooi donna jusqu'à présent
L'art d'être tous les jours Douvclle :
Mais le temps eu bout de son aile, Touchera vos traits en passant; Dès demain vous serez moins belle.
Et moi peut-être moins pressant.
^- Quand on s* aime, aujourd'hui est si beau, cpi^OD ne peut penser à demâ^in. A. GrOn.
— En amour, aujourd'hui vaut mieux que demain ; le bonheur que Ton diffère est toujours du bonheur perdu.
Adolphe Ricard.
— Un amoureux de vingt ans suppliait une jeune fille de lui dire s'il était aimé — « Demain, vous le saurez, » lui répondit-elle, en s^arrachant de ses bras. Et le lendemain, fidèle à sa parole, la charmante enfant adressait ces jolis vers à celui qu'elle était heureuse d'avouer pour son amant :
Mon cœur soupire dès l'aurore; Le jour, uu rien me fait rougir; Le soir, mon cœur soupire encore, Je sens du mal et du plaisir.
Je rêve à toi. quand je sommeille; Ton nom m'agite, il me saisit; Je pense à toi, quand je m'éveille.
Partout ton image me suit.
Quand tu parles, ta voix touchante Dans mes sens porte le plaisir.
Ton aspect me trouble et m'enchante.
Je te cherche et voudrais te fuir.
Oui, tout à mon cœur te rappelle; Je jouis cent fois de mon bonheur...
Ah ! dis-moi, comment on appelle Ce qui se passe dans mon cœur?