DÉPIT
— II n'y a qu'un^pircmicr dépit en amour, comme la première faute dans ramilié , dont on puisse faire un bon usage.
La Bruyère.
— On ne saurait bien juger de soi quand on suit un dépit amoureux ■: on dépend de tant de sentiments qui se détruisent et qui se reproduisent tour à tour, que l'on ne gagne rien de. céder à l'un plutôt qu*à Tautre. Si vous êtes cuiricux de savoir ce que l'on fait en votre absence, si vou8 aimez à entretenir les
autres, et à vous entreteDir vous-même du sujet de votre rup* ture; si vous êtes attentif à la manière dont on prend votre changement, vous aimez encore plus que vous ne pensez. Il faut découdre Tamitié, mais déchirer Tamour.
Vous aimez plus que vous ne dites»
Amants que le dépit contraint à s'éloigner; De vos feux mal éteints craignez encore les suites. Celles qu'imprudemment vous osez dédaigner, Ont les mêmes attraits qui vous ont trop su plaire ; Votre cœur les adore, examinez-vous bien,
Et gardez-vous, dans la colère,
De ne jurer jamais de rien. Saint-Évremond.
— Le dépit de ne pouvoir épouser l'homme qu'elles aiment, fait souvent accepter aux jeunes Glles l'époux qu'elles n'aiment P3S. A mon sens, il vaudrait beaucoup mieux qu'elles ne so mariassent point; car dans une union mal assortie, le temps amène tdt ou lard deux malheurs inévitables : un parjure pour la femme, un ridicule pour le mari. Adolphe Ricard.
— Cest un abus de croire que des traits amaigris par le jeûne, des yeux égarés par le désespoir, des vêlements en désordre, parviendront à vaincre la résistance de l'objet adoré. Us femmes veulent avant tout qu'on leur plaise ; et si la mélancolie d'un amant exerce parfois un charme puissant sur elles, elles n'en sont pas moins rebutées par une exagération qui nous enlève incessamment une partie des agréments qui les séduisent en nous. Ph. de Varbnmb.