‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 69 sur 228 · LES FEMMES ET LE SECRET · texte numérisé non relu

LES FEMMES ET LE SECRET

Rien ne pèse tant qu'un secret :

Le porter loin est difficile aux dames : Et je sais même sur ce fait Bon nombre d'hommes qui sont femmes.

Pour épronver la sienne un mari s'écria,

U unit, étant près d'elle : — « 0 dieux! qu'est-ce cela?

Je n'en puis plus ! on me déchire I Qaoi! J'accouche d'un œuf! — D'un amf ! Oui , le voilà Frais et nouveau pondu : gardez bien de le dire ; Oq m'appellerait poule. Enfin n'en parlez pas. »

L^ femme, neuve sur ce cas,

Ainsi que sur mainte autre affaire, Crat la chose, et promit ses grands dieux de se taire ;

Mais ce serment s'évanouit

Avec les ombres de la nuit.

L'épouse, indiscrète et peu fine, Sort du lit quand le jour fut à peine levé;

Et de courir chez sa voisine :

— « Ma commère, dit-elle, un cas est arrivé ; N'eo dites rien surtout, car vous me feriez battre : MoD mari vient de pondre un «uf gros comme quatre.

Au nom de Dieu, gardez- vous bien

D'aller publier ce mystère. »

— «Vous moquez-vous? dit l'antre : ah ! vous ne savez guèrt Quelle je suis. Allez, ne craignez rien. » U femme du pondeur s'en retourne chez elle. L'autre grille déjà de conter la nouvelle : Elle va la répandre en plus de dix endroits :

Au lieu d'un œuf elle en dit trois.

Ce n'est pas encortout; car une autre commère En dit quatre, et raconte à l'oreille le fait :

Précaution peu nécessaire;

Car ce n'était plus un secret.

Gomme le nombre d'œufs, grâce à la renommée.

De bouche en bouche allait croissant,

Avant la fin de la journée

Us se montaient à plus d'un cent. La Fontairk

DZSSIMUIiATZON.

*- Les femmes sont fécondes en artifices; elles obtiennent iOQTeotpar la dissimulation ce qui serait raisonnable qu'elles

dussent à la force de leur tendresse. Elles ont une ressou presque toujours infaillible, quand nous croyons être libres leurs fers, c'est de nous engager encore à les aimer à force feindre de ne nous aimer plus. Sairt-Évrehoi

— La vie d'une femme est une longue dissimulation. Ca deur, beauté, fmtdieur, virginité, pudeur, une flemme n*a te cela qu'une fois : il faut donc qu'elle le simule tout le reste sa vie. Rétif de la Bretonne.

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