LES FEMMES ET LE SECRET
Rien ne pèse tant qu'un secret :
Le porter loin est difficile aux dames : Et je sais même sur ce fait Bon nombre d'hommes qui sont femmes.
Pour épronver la sienne un mari s'écria,
U unit, étant près d'elle : — « 0 dieux! qu'est-ce cela?
Je n'en puis plus ! on me déchire I Qaoi! J'accouche d'un œuf! — D'un amf ! Oui , le voilà Frais et nouveau pondu : gardez bien de le dire ; Oq m'appellerait poule. Enfin n'en parlez pas. »
L^ femme, neuve sur ce cas,
Ainsi que sur mainte autre affaire, Crat la chose, et promit ses grands dieux de se taire ;
Mais ce serment s'évanouit
Avec les ombres de la nuit.
L'épouse, indiscrète et peu fine, Sort du lit quand le jour fut à peine levé;
Et de courir chez sa voisine :
— « Ma commère, dit-elle, un cas est arrivé ; N'eo dites rien surtout, car vous me feriez battre : MoD mari vient de pondre un «uf gros comme quatre.
Au nom de Dieu, gardez- vous bien
D'aller publier ce mystère. »
— «Vous moquez-vous? dit l'antre : ah ! vous ne savez guèrt Quelle je suis. Allez, ne craignez rien. » U femme du pondeur s'en retourne chez elle. L'autre grille déjà de conter la nouvelle : Elle va la répandre en plus de dix endroits :
Au lieu d'un œuf elle en dit trois.
Ce n'est pas encortout; car une autre commère En dit quatre, et raconte à l'oreille le fait :
Précaution peu nécessaire;
Car ce n'était plus un secret.
Gomme le nombre d'œufs, grâce à la renommée.
De bouche en bouche allait croissant,
Avant la fin de la journée
Us se montaient à plus d'un cent. La Fontairk
DZSSIMUIiATZON.
*- Les femmes sont fécondes en artifices; elles obtiennent iOQTeotpar la dissimulation ce qui serait raisonnable qu'elles
dussent à la force de leur tendresse. Elles ont une ressou presque toujours infaillible, quand nous croyons être libres leurs fers, c'est de nous engager encore à les aimer à force feindre de ne nous aimer plus. Sairt-Évrehoi
— La vie d'une femme est une longue dissimulation. Ca deur, beauté, fmtdieur, virginité, pudeur, une flemme n*a te cela qu'une fois : il faut donc qu'elle le simule tout le reste sa vie. Rétif de la Bretonne.