‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 68 sur 228 · PÉTRARQUE · texte numérisé non relu

PÉTRARQUE

•— Il coûte peu aux femmes de dire ce qu'elles ne sentent point : il coûte encore moins aux hommes de dire ce qu'ils sen^ lent. La Broyèrb.

— On ne s*aime bien qae lorsqu*on n*a pins besoin de se le dire. ÂDRiBN DcruT.

— Un honnête homme ne doit jamais dire , sans une nécessité absolue, qull est aimé d^uoe femme, soit qu'il l'aime ou 4IqMI ne Paime pas. M"^ db Sartori

— Une femme a toujours le droit de nier ce qu'un homme n'a jamais le droit de dire.

~ Il y a dans Pamour un charme qui n'est qu'à lui : c*est de n'avoir jamais qu'une même chose à dire, et de la dire toujours sans s'épuiser ni se lasser jamais, et même sans lasser les autres, quand il a l'éloquence qui lui est propre. La Harpb.

— Dès qu'on peut dire quelque chose à une femme , on lui

dit tout. DOPATT.

— La femme que Ton aime le plus, est souvent celle à qui on le dit le moins. Beauchênb.

— Mademoiselle de Gaumont, surprise en flagrant délit par SOD amant, lui nia hardiment le fait; et comme celui-ci se ré* criait :— Ah ! Monsieur, je vois bien que vous ne m'aimez plus, lui dit-elle; vous croyez moins ce que je vous dis, que ce que TOUS voyez. "^ A. R.

— On ne dit bien que l'amour qu'on n'a pas. — 11 vient un moment où on tire un grand parti, près des femmes qu*on n'aime poiot, de ce qu'on disait si mal ou de ce qu'on ne disait pas du toatà la femme que l'on a aimée. Alphonse Karr.

l>X80RZTZ0jr.

— L'amour rend les femmes discrètes. Barthe.

— Uu amant malheureux est rarement discret; il se plaûit toi rochers, plutôt que de ne se plaindre pas. M*"* de Sartort.

— L'amour n'est pas un feu qu'on renferme en son Ame ; Tout vous trahit, la voix, le silence et les yeux :

Et les feux, ma! couverts, n'en éclatent que mieux. Racdib.

— La discrétion est plus nécessaire aux femmes que l'éloquence, parce qu'elles ont moins de peine à parler bien qu'à ]Mirler peu. Le R. P. Du Bosc.

— On demandait un jour dans une compagnie quelle était la vertu qui nous était la plus nécessaire ; presque toutes les femmes furent d'avis que c'était la chasteté; il n'y en eutqu'unequi répondit , — « Vous vous trompez, mesdames, c'est la discrétion. J'ai soixante ans, et j'ai la réputation d'avoir été sage : U n'y a que moi qui sache si cela est. » -— Cette franchise ter«

mina la contestation; on Jugea que la personne qui venait c^e parler avait de rexpérience, et on n'en pensa pas plus ni ai de sa vertu. M*"* de Rieux.

— Être discrète et femme tout ensemble, Ce sont deux points que jamais on n'assemble; Et la moins femme, en ce sexe indiscret. Garderait mieux son honneur qu'un secret.

La Chaussbb.

— Ces amoureux me plaisent qui n'écrivent le nom de leur mattiessc sur aucune écorce, qui ne le conGent à aucun écbo, et ^ui. en dormant, sont poursuivis de cette crainte qu'un rêve ne le leur fasse prononcer. Théophile Gautier.

— Le seul secret qu'une femme garde inviolablement, c'est celui de son âge

— Une femme ne cèle que ce qu'elle ne sait pas. -^ Les secrets d'amour sont les plus mal gardés :

Posséder sa maîtresse

Est un bonheur qui s'obtient quelquefois ;

Mais le cacher si bien qu'il n'y paraisse,

Voilà recueil même des plus adroits.

Tel, dans cet art, se disant passé maître,

Pour nous tromper use d'un vain détour :

Il n'est secret qu'enfin l'on ne pénètre.

Ni forêt sombre où n'arrive le jour. À. R.

— On confie son secret dans l'amitié, maïs il échappe dans Tamou r . La Bru v èb e .

— Quiconque sait aimer sait se taire; et le secret est une chose si douce en amour, que sans lui, toutes les faveurs qu'on peut recevoir ne sont presque ni douces ni glorieuses.

M"' DE Sartort.

— Un homme est plus fidèle au secret d'autrui qu''au sien propre : une femme, au contraire, garde mienx son secret que celui d'autrui. La Brotère.

~ Les secrets du cœur sont le ciment de l'amitié entre les Jeunes filles.

— L*amour aime, de sa nature, tellement le secret et le mystère, qu'on peut dire que tout ce qui n'est ni secret ni mystérieux n'est point amour. M"* de Scddért.

— Quand vous voudrez confier an secret à quelqu'un, mademoiselle, ayez toujours un gage du sien. Je vous permets de compter sur la discrétion des antres, quand ils vous appréhenderont autant que vous les craindrei. M** ob Rieux.

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