DOMINATION
— Une femme est aisée à gouverner, pourvu que ce soit un homme qui s'en donne la peine. La Bruvère.
— Une femme peut toujours gouverner à sa fantaisie i^homme du monde le plus impérieux, pourvu qu'elle ait beaucoap d'esprit, assez de beauté et peu d'amour. Fontenrlle.
— Il y a certainement dans les femmes quelque chose de ' plus que la sorcellerie, puisqu'elles viennent à bout de gouverner les plus sages des hommes Rowe.
— La nature semble avoir conféré aux hommes le droit de gouverner. Les femmes ont eu recours à l'art pour s'affranchir. Les deux sexes ont abusé réciproquement de leurs avantages, de la force et de la beauté, ces deux moyens de fieiire des malheureox. Les hommes ont augmenté leUr puissance naturelle par les lois quMIs ont dictées ; les femmes ont augmenté le prix ' de leur possession par la difliculté de l'obtenir. Il ne serait pas. difficile de dire de quel côté est aujourd'hui la servitude. Quoi qu'il en soit, l'autorité est le but où tendent toiites les femmes : l'amour qu*e11es donnent' les y conduit, celui qu'elles, preonent Tes en éloigne; tâcher d'en inspirer, s'efforcer de n'en point sentir, ou de cacher du moins celui qu'elles senl<lot : voila toute leur politique et toute leur morale.
Deshahis.
— Quelques femmes ne peuvent réussir à gouverner leurs D>3ns, mais il n'y a pas un mari peut-être qui parvienne h gouverner sa femme. M"* de Soumert.
— iSh —
— Le monde n*e8t si mal gouTerné que parce qa*il est goaverné par ce qu*on nomme Tamour. M"* de Sommert.
— L'unique moyen de ne pas dépendre des femmes est de les faire dépendre de sol. Rétif de la Bretonne.
— Où commande ramour» il n'est point d'autre maître.
Gbesset. .
— Jupin, quoiqu'il fût un pei^ ds^c. Aux autels de Vénus apportait son oflirajDde : Le plus grand potentat, quand la beniité commande,
Est un bien petit Jupiter. ' DEnorsiiER.
— Celles qui donnent de Tamour par plaisir, en reçoivent couvent par nécessité. Elles feraient un miracle de porter tant de feu dans leurs yeux, sans en avoir dans TAme... Ce sont, ea effet, de mauvaises armes que celles de Tamour ; et rarement on s'en sert pour blesser les autres qu'on ne commence ou qu'on n'achève par se blesser 8oi-mèm<ft Le P. du Bosc.
— Lorsqu'on veut donner de l'amour, on court risque d'en recevoir. Mouère.
— Les femmes souffrent volontiers qu'on leur dise qu'elles donnent de l'amour, pourvu que ce ne soient pas ceux à qui elles en ont effectivement donné, qui leur en parlent.
M"* DE SCDDÉRT.
— Les femmes s'étudient toute leur vie à donner de l'amour : comment pourraient-elles s'empêcher d'en prendre beaucoup ?
Thomas Morus.
— Une femme peut être surprise d'avoir pris de Tamour ; mais elle ne l'est jamais d'en avoir donné. Maritaux.
— Les femmes ne donnent de bon rœur que ce qu*on leur dérobe. Adrien Dofut.
— Il arrive souvent qu'une femme donne de Tamour sans en recevoir ; et, tandis qu'elle allume, par sa beauté, mille convoitises dans les c<Burs, le sien reste glacé. Le P. du Bosc
— On dit communément : La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu'elle a, — ce qui est très faux : elle donne précisément ce qu'on croit recevoir, puisqu'en ce genre, c'est l'imagination qui fait le prix de ce qu'on reçoit, Champfort.
-— L'amour est un mendiant qui demande encore alors qu'on lui a tout donné. P. Rochpèdre.
— Dès qu'une femme a pris un peu d'amour, elle s'applique è en donner beaucoup. Rochebrdne.
— Un vieux céladon qui faisait le Joli cœur auprès d'une
Jcane femme, lai disait d*un ton suppliant : — Eh qnoi, mademoiselle, pas la moindre petite faveur, le plus petit serrement de main ! vous serez donc toujours cruelle ; vous ne me donnerez donc jamais rien? — Moi, monsieur! mais pardon, fit la jeune femme en s'esquivant, je vous donne soixante ans et les mois de nourrice. A. R.