‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 76 sur 228 · ÉPOUX · texte numérisé non relu

ÉPOUX

— SMls ne peuvent vivre heareux , les époux doivent tâcher do moins de vivre tranquilles. Quintilien.

— On n'hésite pas à traitci* de fou un homme qui, par le dérèglement de l'imagination, prend une citrouille pour une îéinmp, parce que cette maladie du cerveau se voit tous les jours. Mais qu'un honnête mari s'imagine que sa femme est aussi chaste que Pénélope, •quoiqu'elle lui plante sur le front une foriH de cornes, on ne s'avisera point de le taxer de folie. Pourquoi cela? C'est qu'il n'y a rien de plus ordinaire. Un fou se moque toujours d'un autre fou, et souvent même, c'est le plus fou qui rit de meilleur cœur de celui qui l'est moins.

Erasme.

— Il est impossible à deux époux de vivre d'accord en ne w cédant jamais rien. M*"* de Mottevili.e.

— Il faut de rindulgence entre gens mariés. Ou chaque jour, vraiment, vous vous étrangleriez. C'est la première loi que le contrat impose De savoir tour à tour se passer quelque chose.

Campistron.

^ Que d'époux auxquels il ne manque, pour vivre en bonne bannonie, que d'oublier qu'ils s'appartiennent !

— Jadis, les époux infidèles étaient punis, dit-on , par le bûcher. Heureusement , s'écrie un de nos poètes :

Heureusement, cette vengeance N'est plus à la mode en ce temps, Car on dépeuplerait la France Si l'on brûlait les inconstants.

— En se mariant h l'aveuglette, comme ils le font presque tOQs, les époux ressemblent à un enfant à qui l'on donne pour ^Irennes une botte à surprise. Séduit par la nouveauté de ce jûojoa, l'enfant Taccepte avec plaisir; mais ce n'est jamais (lQ*après s'en être amnsé quMl sait s'il possède un diable ou 00 chérubin. Adolphe Ricard.

— L'erreur de la plupart dos femmes est d'échanger dea- Kntiments contre de l'esprit. E. Jouv.

— Les erreuts de la femme viennent presque toujours de s» voyance an bien ou de sa confiance dans le vrai. Balzao.

— tùh —

— Ua de nos poètes adressa ces jolis vers à une jeune femn qui venait de le rendre heureux :

Croi»-moi , mon Adélie , Profitons des beaux jours :

L*aurore de la vie Appartient aux amours.

Vainement la sagesse Condamne nos soupirs :

Notre amoureuse ivresse Vaut bien de froids plaisin.

Si l'amour est un songe, Prolongeons le sommeil , Jouissons du mensonge Sans penser au réveil ; Et puisqu'avec le rêve S'enfuit notre bonheur, Avant qu'il ne s'achève Mourons dans notre erreur.

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