‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 75 sur 228 · LES DEUX MOINEAUX · texte numérisé non relu

LES DEUX MOINEAUX

l!)e leur premier duvet à peine dépouillés,

Deux moineaux habitaient dans la même masure.

Moineaux, dit-on, de leur nature,

Sont en amour très éveillés:

L'uQ était mâle, et l'autre était femelle; Un pareil voisinage est toujours dangereux. Ceux-ci n*aYaient encor qu'un bout de plume à Taile»

Que Tuo de Tautre ils furent amoureux ;

On les voyait frétillant d'un air tendre. Et sur leurs faibles pieds hors du lit se haussant,

Bégayer entre eux pour s'apprendre

Le secret de leur feu naissant.

Chaque fois donc qu'A la prairie.

Mères allaient chercher de quoi Alimenter le nid, que sur sa bonne foi Oo laissait au logis la famille chérie,

Ces jeunes et tendres amants

Mettaient à profit ces monaents.

Si, de retour, apportant leur pétiire.

Nourrices au berceau ne les retrouvaient ploi»

Nos amoureux un peu confus Ne se déferraient pas ; la réponse était sûre :

J'étais ici : moi, j'étais là :

Jamais enfln ils ne manquaient d'excuse. Je crofs, pour moi, que la première ruse Qui se soit pratiquée, amour la conseilla. Eàt-on pu soupçonner leur tendre inteUigeiMe

Loin encore de La puberté !

Leur jeunesse et leur innocence Semblaient de leurs parents faire U sûreté.

Par ce défaut de vigilance Qa'arriva-i-ll? Moineaux eurent postérité !!!

Au penchant dangereux, si vif dans taua les kwxmeSf Oq ne peut opposer des «oins tn^» vi^tonta.

Qu'on y veille dans Les «nCaoUiS :

Tous sont moineaux dans le siècle ou nous sommes.

*^ Un enfant est pour sa mère le plus charmant, le plut

actif, le plas éloquent des anges gardiens : adorable créai dont elle protège le corps et qui protège son Ame.

Louis Deshoters.

— Un Dieu créa dans nos misères

Les baisers des enfants pour les larmes des mères.

ErREST LEGOUTi.

— Les femmes sont des démons qui nous font entrer en fer par la porte du paradis. Saint Ctprien.

— Pour chercher son épouse, Orphée, au sombre emp Descendit , et des morts sut apaiser le dieu : Jamais plus sot désir ne pouvait le conduire Dans un plus triste 4ieu.

U chanta : de ses vers le magique prestige Des ombres quelque temps suspendit leS tourments; Mais son projet bizarre opéra ce prodige Encor plus que ses chants.

D*un tel excès d'amour, Proserpine Jalouse, Irritant de Pluton les esprits courroucés, Lui dit : — Ah ! croyez-moi , rendez-lui son épouse : C*est le punir assez.

— Donner à sa femme des conseils contre un homme en ticulier, c'est se créer un rival. Il n'est jamais prudent de d « N'allez pas là : là est Satan ; i> à moins qu'on n*ait Tin tien de combler une bonne fois l'enfer. Alphonse Kak

-* L'enfer!.... il est pavé de langues de femmes.

L'abbé Guton.

£lffZGMS.

-^ Les femmes dont on sollicite les faveurs sont comm énigmes dont on cherche le mot : dès qu'on les a devinéei les oublie. Sophie Aenodld.

— Près d'une belle, on affecte un air tendre. On rit, on pleure, on feint le sentiment ; Sa voix est fausse : on se plaît a l'entendre. Et d'un défaut on fait un agrément.

En est-on las, on quitte brusquement ; En moins de rien l'affaire est terminée : C'est une énigme , elle amuse un moment ; Mais tout est dit quand on l'a devinée.

— Dèsqu^une fille 8*eqnaie, elle D*est pas loin d*aiiner. — Enouyer, c'est descendre aussi bas qae possible dans le tœor de ce qa*OD aime. George Sand.

- Perdre sa jeunesse , sa beauté , ses passions , c'est là le ^ malheur. Voilà pourquoi tant de femmes se font dévotes i Qoqoante ans, et se sauvent d'un ennui par un autre.

- Voltaire.

—Dieu, qui prend tous les moyens de nous attirer à lui, se lertde Tennui pour rendre les vieilles femmes dévotes.

Hblvétius.

— Il n*y a pas d'autre remède contre Tennui qu'une grande passion; elle tient les sens éveillés et donne de l'exercice à l'esprit. En cherchant les moyens de plaire, on trouve ceux de se léseonuyer. On s'occupe de l'objet aimé, on imagine ce qu'on loi dira, on médite sur les plaisirs passés et sur ceux qu'on es- ^ avoir encore ; on rêve aux preuves d'amour qu'on a reçues !t quelquefois à celles qu'on donnera. — Ensuite viennent les [Kioes, un peu de jalousie, beaucoup d'inquiétude , des impa- ^eoces, de l'espérance, de la crainte, des désirs plus qu'on a'eo peut satisfaire , et surtout de la folie , car l'amour ne va Soère sans elle. Je ne parlerai pas du temps passé auprès de la poionne aimée : les amants n'oseraient s'ennuyer. Il faut lais- Mraox maris cet excès d'impolitesse ; ils sont sans conséquence. Il D'est permis qu'à l'hymen d'introduire la lassitude et l'ennui : ramonr ne les amène que quand il disparait, et il leur cède la place quand il n'a plus rien à désirer. On a beau lui faire signe de revenir : il tourne la tète et s'envole. M"* de Rieux.

—L'ennui est le signe le plus infaillible du refroidissement ^ Tamour.

— On ne peut guère avoir une femme fidèle

Qu'en attirant l'amusement chez elle :

Le manque de vertu vient quelquefois d'ennui.

Pavait.

, —Les amants importunent quand on ne les aime pas ; quand ils loot aimés , ils s'ennuient. Grébu.lon fils.

^L'homme du monde doit s'ennuyer avec une épouse et >*anmser avec une maltresse : c'est la règle ; et la raison en est fort simple. On ne demande dans une épouse qu'un bon caractère, un esprit juste, un cœur droit. On veut, au contraire, diBi aae maîtresse une humeur pétulante» un esprit libertin ,

de l*e(rronterie et des caprices. Cest-à-dire que la rè l'homme du monde doit être de prendre la yertu pour nuyer, et le vice pour se réjouir. Blondel.

— Après Targeut, renuui fait encore plus de mariag Tamoar, et ce ne sont pas toujours les plus mauvais.

Ch. Romainvilli

— En 1782, quelques demoiselles de nom, âgées de J dix-huit ans, s>nnuyant à l'Abbaye -aui-Bois, s'avi d'écrire une belle lettre au Grand Turc pour le supplier admettre dans son sérail. La lettre, interceptée, fut ren roi, et Ton en rit à la cour. L*ennui du couvent et le d Tamour leur firent faire une chose très naturelle. Ri

— Les femmes qui s'ennuient dans leur ménage resseï aux moineaui qui s'ennuient daps leur prison : quand est ouverte, ils s*envolent. Adolphe Ricard.

— Un grand mérite garantit de la médisance. Quai femme est parfaitement belle , les autres femmes n'oni courage d'en disconvenir; mais tant qu'il reste quelque à faire à la nature ou à la fortune , Tenvie trouve de < consoler. M"** de Rieux.

— Après quinze mois d'une séparation qui avait été t par un désaccord profond dans son ménage. M*"* de N. nifesla tout à coup le désir de se remettre avec son m Quel étrange caprice ! disait à ce sujet M. J. au doctei — Cela vous étonne, mon cher? — Mais il y a de quoi , semble... Une charmante jeune femme qui court après u mari !... Cela ne s'est jamais vu. — Allons donc ! reprit decin, cela se voit tous les jours, au contraire. — Vraimet teur ? — Mais de quoi vous étonnez- vous donc tant, me c'est tout bonnement une envie de femme grosse. I

É]i»OQUX.

— Il y H trois époques dans l'empire d'une femme d'i tain ton en France : elle est coquette, puis déiste... < dévote. L*empire subsiste toujours , il ne fait que chac sujets. Les esclaves de l'amour se sont-ils envolés à l'aj de sa trente- cinquième année, ceux de l'incrédulité le cèdent ; puis viennent ensuite ceux de Téglise, et ces c ne lâchent prise qu^après l'enterrement. Stei

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