‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 8 sur 228 · AMANT · texte numérisé non relu

AMANT

— Un amant croit tout ce qu'il craint Amans semper

^d timety esse putat, Ovms.

— De vieux amants qui se rappellent leur brillante jeunesse ce peuvent se regarder sans rire ou sans pleurer.

PuBLius Syrus.

— C*est gn effet de l'amour de transformer les amants et de les rendre semblables à l'objet aimé. Pétrarque.

— * Un ancien galant tient à si peu de chose, qu'il cède à uo

nouveau mari ; et celui-ci dure si peu, qu'un nouveau galant qui survient lui rend le change. La Bruyère.

— On garde longtemps son premier amant, quand on n*eu prend pas un second. La RociiEForcAULT.

— Une femme n'est jamais plus estimable que lorsqu'elle se conduit avec son amant de manière à le forcer de rester toujours «onami. M*"* de Puisieux.

— Les femmes regardent les amants du même œil que des ?artes. Elles s'en servent pour jouer pendant quelque temps, et, lorsqu'elles ont gagné, elles les jettent, en demandent de neuves, et souvent perdent avec ces neuves tout ce qu'elles avaient gagné avec les vieilles. Pope.

— Les amants servent plus volontiers leurs amis amoureux que les autres. M*"' de Sartort.

— On sait que La Fontaine avait pour amie madame de La Sablière. Un magistrat, parent de cette dame, lui'disail un jour : « Qnoi ! Madame, toujours de Tamour eldes amants? Les bêtes n'ont du moins qu'une saison. — C'est vrai, dit-elle. Monsieur, mais aussi ce sont des bètes. »

— Ce qui fait que les amants ne s'ennuient jamais ensemble, c'est qu'ils parlent toujours d'eux-mêmes.

La Rochkfoucault.

— Les plus doux instants pour deux amants heureux, Ce sont les entreliens d'une nuit d'insomnie, Pendant renivremeni qui succède au plaisir. Quand les sens apaisés sont morts pour le désir ; Quand la main à la main, et l'ùme à l'âme unie, On ne fait plus qu'un être, et qu'on sent s'élever Ce parfum du bonheur qui fait longtemps rêver; Quand l'amie en prenant la place de l'amante, Laisse son biea-aimé regarder dans son cœur. Comme une fraîche source, où l'onde est confiante» Laisse sa pureté trahir sa profondeur.

C'est alors qu'on connaît le prix de ce qu'on aime, Que du choix qu'on a fait on s'estime soi-même, £t que dans un doux songe on peut fermer les yeux !

Alfred de Musset.

— Une femme n'est pas plus sûre de son amant quand sa beauté s'est évanouie, qu'un homme Test de son ami quand sa fortune s'est écroulée. Pope.

— Il faut qu'une femme soit plus sage pour n'avoir qu'un amant, que pour n'en point avoir. Rochebrunb.

— Dire Je ne veux point des choses qnand on ne peut les

avoir, c*est prendre son parti vis-à-vis des autres, mais non visà-vis de soi. Je connais une fille de cinquante ans qui dit qu'elles ne veut point se marier, parce qu*elle a peur de faire des enfants. M*"* DE RiEUX.

— Se promettre de ne plus aimer ceux qui ne nous aiment pins, lorsque soi-même on les aime encore, c'est ressembler » ces gourmands qui jurent, au sortir d^une bonne table, de pratiquer la sobriété, et qui violent leur promesse dès que Pappctil leur est revenu. Rétif dk la Bretonne.

— Le premier amant d'une femme n'en est jamais le dernici.

ÂDRIKN DUPUY.

— Il en est des amants comme de ces insectes ailés qui prennent la couleur de Therbe à laquelle ils s'attachent. Ce nV&t qu'en empruntant la ressemblance de Tobjet aimé qu'un amant parvient à lui plaire. Cette métamorphose n'est point difficile,, car qui ne sait que Tamour change en lui ce c^u'il aime.

Helvétius.

— Les amants n'ont pas toujours quelque chose à se dire, mais ils ont toujours à se parler. Duclos.

— L'Amour voit un myrte. — Comment Se cacher deux sous son feuillage?

Plus l'arbre est petit, plus l'amant Croit y voir un doux avantage.

Pour éviter l'œil importun.

Se serrer plus près, devient sage ; Et deux amants qui ne font qu'un N'ont pas besoin d'un grand ombrage.

— Un amant est une plante parasite qui crott sur les terres qu'on laisse en friche, ou qu'on ne cultive pas avec assez de soin eu toutes saisons. Adrien Ddpuy.

— Les amants passionnés ressemblent aux grands parleurs : ils n'ont besoin que d'être écoutés, et dispensent de leur répondre. Chabanon.

— Qu'on arrive tôt ou tard, cela n'est rien ; du jour où l'on est arrivé, on est toujours le premier amant d'une femme.

Laclos.

— Une femme d'esprit m'a dit un mot qui pourrait bien être le secret de son sexe; c'est que toute femme, en prenant un amant, tient plus de compte de la manière dont les autres femmes voient eet homme, que de la manière dont elle le voit elle* même. Champfoht.

—On reprochait à un poëte qui n'était plus jeuue de courit encore les amourettes. — <c On m'a dit, répliqua-t-il :

On m'a dit, j'en conviens, mais toujours vainement : Cest être fou que d'aimer à ton âge.

Moi je pense bien autrement.

Suis-je aimé , je me crois sage ; Je lis mon âge dans les yeux De celle que j'adore :

A vingt ans, s'il déplaît, l'amant est déjà vieux :

Tant qu'il plaît, il est jeune encore. » À.R.

— Un amant est un homme aux mains, duquel une femme livre sa réputation et son bonheur, et c'est presque toujours la ^cule du loup. M*"' Aglaé Adanson.

— Un amant est un héraut qui proclame ou le mérite , ou >l'csprit, ou la beauté d'une femme. Que proclame un mari?

Balzac.

— Il est plus facile d'être amant que mari, par* la raison <|U*il est plus difQciie d'avoir de l'esprit tous les jours que de ^ire de jolies choses de temps en temps. Balzac.

— Un général dont les beaux jours dataient de 1805, reprochait à une jeune actrice, sa protégée, de changer d'amants comme de chemises. — «Ai-je donc tort, Monsieur ? lui dit la Jolie soubrette :

Les amants de l'heure présente

Ont le naturel du melon :

Il en faut essayer cinquante

Avant d'en trouver un bon. » A.R.

— Un amant apprend à une femme tout ce que son mari lui <ache. Balzac,

— Avec les femmes tendres il faut être jaloux de l'amant qui vous a précédé ; avec les femmes fortes, de celui qui vous •suivra. Paulin Lima trac.

— Quand bien même les femmes seraient immortelles, elles •oc connaîtraient jamais leur dernier amant. Lamennais.

— Un amant qu'on n'aime plus est encore bon à quelque •chose : il sert à cacher celui qu'on aime. Adolphe Ricard.

AMBITIOir.

— Quoi qu'on en puisse dire, la grande ambition des femmes «st d'inspirer de l'amour. Tous les soins qu'elles prennent ne sont que pour cela, et l'on n'en voit point de si fière qui ne «'applaudisse en son cœur des coiui^êtes que font ses yeux*

Molière.

— Le premier amour d'un jeane homme qui entre dans le monde est ordinairement un amour ambitieux. Il Ée déclare rarement pour une jeune fille douce, aimable, innocente. Comment trembler, adorer, se sentir en présence d'une divinité? Un adolescent a besoin d'aimer un être dont les qualités relèvent à ses propres yeux. C'est au déclin de la \ie qu'on en revient réellement à aimer le simple et l'innocent, désespérant dt sublime. Entre les deux se place l'amour véritable qui ne pens

à rien qu'à soi-même. Stendhal.

— L'amour est aujourd'hui toute l'ambition de la femme Pour l'homme, au contraire, il n'est, le plus souvent, que 1 sommeil momentané de l'ambition. Daniel Stern.

— Les ambitieux spnt plutôt libertins que galants ; ils aimen mieax corrompre que séduire; et comme ce ministre à qui un roi demandait s'il faisait l'amour : — « Non, Sire, pourraientiU répondre, je l'achète tout fait. » Meilhan.

— C'est l'âme et non pas le corps qui rend le mariage indissoluble. PUBLIUS SVRUS.

— Quand on aime, l'âme danse dans les yeux. Eunapids.

— il y a des plaisirs à part pour les âmes tendres et délicates. Ceux qui ont vécu de la vie de l'amour, savent combien lear vie était animée; et quand il vient à leur manquer, ils ne vivent plus. M"* de Lambert.

— L'amour est la passion des grande^ âmes et leur fait mériter la gloire quand elle ne leur tourne pas la tête.

M"* DE POMPADOUn.

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