‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 7 sur 228 · ACB · texte numérisé non relu

ACB

— L^amour n'a point d*âge : il est toujours naissant.

Pascal.

— Une femme n*a jamais que Page qu'elle parait avoir.

ROCHEBRUNK.

— Quand les femmes ont passé trente ans, la prcraièi chose qu*elles oublient, c'est leur âge; lorsqu'elles sont parvc nues à quarante, elles en perdent entièrement le souvenir.

Ninon ok Lenclos.

Pourquoi donc, belle Églé, me reprocher mon âge? Et ma jeunesse est-elle un défaut si choquant? L'amour, plus d'une fois, d'un enfant fit un sage. Et d'un sage un enfant.

Il est un dieu fripon, d'une figure aimable, Qui soumet l'univers à son char triomphant ; Vous le savez, Eglé, ce dieu si redoutable, N'est aussi qu'un enfant.

Quoi ! contre mrs seize ans vous êtes prévenue î Â cet âge, un ami peut-il être méchant? Son cœur est vierge encor, son âme est ingénue ; Enfin c'est un enfant.

S'il lui faut un mentor, il vous donne la pomme : De plaire, de charmer montrez-lui l'art brillant; Par un miracle heureux, daignez en faire un homme ; Il est las d'être enfant.

Mais sMI osait cueillir, aux bosquets de Cythère, Ces fleurs qu'amour fourrage et que l'hymen défend l Ne vous alarmez pas : eh ! que pourrait-il faire? Hélas ! c'est un enfant.

— Il n'y a rien, selon mon sens, sur quoi Ton s'observ moins que sur les bienséances qui regardent l'âge. Une vieill femme qui veut briller par sa parure, par son enjouement e par ses discours, et qui emprunte pour faire l'agréable tous le airs d'une jeune personne, me représente le geai de la fable qui devient la risée de tous les autres, lorsqu'il se pare de plumes du paon. Quand on a perdu la jeunesse, c'est une foli de croire qu'on en puisse retenir les agréments : les grâces dis paraissent avec elle, elles abhorrent les cheveux gris, et l'onui doit plus prétendre d'être aimée, lorsqu'une fois on a cessi d'être aiutablc Saint-Évremont.

Pouvez- vous sans rougir vous montrer au grand Jour

Avec le débris de vos charmos?

Vous n^avez plus que d'impuissantes armei

Pour faire triompher Vamour :

Oo ne s^empresse plus h vous faire la cour, •

Vos- plaisirs sont passés, la sagesse sévère,

A la fin doit avoir son tour.

Reconnaissez, sans user de détour,

Que dans le commerce ordinaire,

Rien ne parait moins nécessaire

Qu'une femme sur le retour.

Qui se met en tôle de plaire.

De ses prétentions on fait fort peu d'état, Et sur quelque raison qu*une femme se fonde. Lorsque dans ses vieux ans elle aime encor le monde,

Elle aime à coup sûr un ingrat.

— L'âge où les femmes sont encore femmes ne saurait se fixer : il dure autant qu'on les trouve aimables et qu'elles sonl aimées. Adrien Duput.

Quand l'hiver a glacé nos guérets.

Le printemps vient reprendre sa place.

Et ramène à nos champs leurs attraits;

Mais, hélas ! quand l'âge nous glace,

Nos beaux jours ne reviennent jamais. Moliè.ie.

— On peut se faire aimer à tout âge, en employant le» moyens propres à cet âge. Dans la jeunesse, c'est par les sens qu'on arrive au cœur ; dans l'âge mûr, c'est par le cœur qu'on, arrive aui sens. Rétif db la Bretonne.

AOaéMElfT.

— Les femmes tiennent à leurs agréments encore plus qu'à leurs passions. M""* de Staël.

— Quand une femme réunit toutes les facultés de l'amour, il faut bien qu'elle aime; le souvenir des agréments qu'on possède, conduit à l'idée de ne pas les laisser inutiles.

SÉNANCOURT.

— 11 n'y a point de femmes à qui il soit plus aisé d'être vertueuses, qu'à celles qui manquent d'agréments.

— Une femme n'a de rang dans le monde que celui qu'elle y sait prendre, de prix que celui qu'elle se donne; il est toujours dangereux pour elle de faire jouir de ses agréments à trop bon marché. Suard.

— liorsque quatre ailes battent de concert pour faire voler r«mour, le fripon fait bien du chemin en peu de temps.

Sylvain Maréchal,

— Contre l'Amour, beautés rebelles, En vain vous formez des projets :

Veut-on fuir? l'Amour a des ailes; Veut-on combattre ? il a des traits.

— Par une belle matinée de printemps, PHymen, tout jeune «ncore, poursuivait TAmour. Il courut si bien, qu'il finit pai rattraper. — Ab! je te tiens, petit polisson, lui di^ il, en k saisissant par la main ; tu ne m'échapperas plus maintenant :

— Hé! mon ami, reprit Teofant ailé, * Garde-moi bien ainsi que ta prunelle. Car quand, hélas! TAmour s'est envole, Le pauvre Hymen ne bat plus que d'une aile. A. R.

— l/amour ne se gagne que par l'amour. Si donc vous voulez être aimés, aimez d'abord vous-mêmes. Srnèque.

— Pour être aimés, soyez toujours aimables, nous dit •Ovide- Ut ameris, amabilis esto.

— Pour être aimées, n'aimez pas, dit une femme poëte aux «atres femmes :

Un amant sûr d'être aimé.

Cesse toujours d'être aimable.

"Madame Deshoulières a raison ; et, comme elle, un autre poëte «joule à son tour :

Quand un amant est sûr que ses soins ont su plaire. Sou fortuné destin le rend, de jour en jour,

Moins empres<é pour sa bergère :

Le Plaisir est fils de l'Amour; Mais c'est un Gis ingrat qui fait mourir son père.

—Dans l'âge où les femmes commencent à être moins aimables elles savent beaucoup mieui aimer ; il n'est attention que de vieille femme, dit le proverbe. Rociiebrunb.

— Quand on parait aimable aux yeux des hommes, on pa-

ntt à leur esprit tout ce qu'on veat, vertueuse même, quoiqu'on ne soit rien moins ; la difûcuUé n'est que de paraître aimable à leurs yeux aussi longtemps qu'on voudrait.

FONTENELLE

— La plupart des femmes se persuadent qu'elles sont aimables sans qu'on le leur dise; elles se l'imaginent parce qu'elles le veulent ; et c'est un seul homme avec de mauvais yeux et quelques fades douceurs, qui fait donner dans cette vanité celles que la nature a le plus mal partagées. Saint-Évrehont.

— Les femmes sont capables de tout ce que nous faisons; et a seule différence qu'il y ait entre elles et nous, c'est qu'elles Mmtplus aimables. Voltaire.

— 11 y a beaucoup de femmes qui seraient fort aimables si elles pouvaient oublier un peu qu'elles le sont. Marivaux.

— Jamais un amant n'est plus aimable que lorsqu'il s'inquiète le moins d'être aimé.

— Amants, écoutez mes leçons,

Et soyez raisonnables.

Bien que je les fasse en chansons,

Ce ne sont point des fables.

Voulez-vous conserver un cœur?

Sachez, après votre bonheur,

Être encor plus aimables. M*"* Dofrénot.

— On dit d'une femme : elle est très aimable; mais si je ne veux pas l'aimer ? Il serait mieux de dire : elle est très aimante, parce qu'il y a plus de gens qui veulent être aimés que de gens qui veulent aimer eux-mêmes. Crampfort.

— Quand on a l'avantage d'avoir une honnête femme, le plus sûr moyen de la rendre aimable pour soi, c'est de la faire 'olie pour les autres. En contribuant au bonheur d'autrui, op

ssure quelquefois le sien. Adolphe Ricard.

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