‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 84 sur 228 · L'AMANT FIDÈLE · texte numérisé non relu

L'AMANT FIDÈLE

Ligda est petite et brune ; plus douce qu'un agneau, elle est pins fraîche qu'un bouton de rose. Belle comme le jour, innoceate comme les anges du paradis, c'est à moi seul qu'elle a donné son cœur; je le possède tout entier. Elle ne pense qu'à moi, ne voit que moi, n'aime que moi dans la nature. Déesse de la beauté ! divine Vénus! faites que j'aime Ligda... jusqu'au moment où je pourrai rencontrer une maîtresse plus^ accomplie ! ! ! Politien.

— Il est aussi ridicule à un homme de croire les femmeifidèles que de leur être fidèle. DmsROT.

— ..... Je ne vois rien de si digne de blâme, Qu'un homme qui s^eodort sur la foi d'une femme ; Qui, sans être jamais de soupçons combattu, Compte tranquillement sur sa frêle vertu,

Croit qu'on fit pour lui seul une femme fidèle. Il faut faire soi-même en tout temps sentinelle ; Suivre partout ses pas; l'enfermer, s'il le faut; Quand elle veut gronder, crier encore plus haut ;

Et, malgré tous les soins doat Tamour nous occupe. Le plus fin, tel qu'il soit, en est toujours la dupe.

Regnard.

-* II n'y a jamais en diamant infidèle qui n'ait juré, moment avant son infidélité, qu'il serait éternellement fid<^

Adrien Duput.

Un peintre était, qui, jaloux de sa femme.

Allant aui champs, lui peignit un baudet

Sur le nombril, en guise de cachet.

Un sien confrère, amoureux de la dame,

La va trouver, et l'âne efTace net.

Dieu sait comment, puis un autre en remet

Au même endroit, ainsi que l'on peut croire.

A celui-ci, par faute de mémoire,

Il mit un bat, l'autre n'en avait point.

L'époux revient, veut s'éclaircir du point :

— Voyez, mon fils, dit la bonne commère, L'Âne est témoin de ma fidélité.

— Diantre soit fait, dit l'époux en colère,

Le voilà bien ; mais qui donc l'a bâté ? La Fontâinb.

— Il n'y a de mérite à être fidèle que lorsqu'on commencée devenir inconstant. Lévis.

— C'est à bon droit que l'île d'Ithaque est restée célèbre: une femme y fut fidèle. Stahl.

Le cœur d'une femme Se tourne à tout vent.

Son amour l'enflamme, Et non son amant.

Ne comptez sur elle Ni sur ses soupirs :

Quand elle est fidèle.

C'est à ses plaisirs.

— Quelques hommes ont entrepris des voyages à la décon verte de la femme fidèle. Ces aventuriers, comme les naviga leurs qui ont tenté le passage du pôle nord, ou n'ont poii trouvé le passage qu'ils cherchaient, ou se sont perdus en 1 cherchant. Alexandre Dumas.

— Si fidèle que soit une femme à son mari ou à son amani «lie appartient à tous deux par un côté, par le désir de plain

Paulin Limatrac

CHLORIS ET PHIUS.

CBLOBIS.

Pbilu, œil de mon cœur, et moitié de moi-même, ^00 amour, qoi te rend le visage si blême?... ^i je ne me déçois ton mal te vient d'aimer ?

PHI LIS

D'an double feu, Cbloris, je me sens consumer... Oui, j'ai perdu mon cœur, et cet enfant d'Eryce Qui croit que c'est pour moi trop peu que d'un supplice, De deux traits qu'il tira des yeux de deux amants, Cause en moi ces douleurs et ces gémissements.

CHLORlS.

^rait-il bien possible ?

PHILIS

Hélas ! oui, tu le vois !

Grands dieux! faut-il aimer deux bommesà la fois!

CHLOBIS.

Si d'une même ardeur leur àme est enflammée. Te plains-tu d'aimer bien et d'être bien aimée ?

PHILIS

Oh! non.

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