PÉTRARQUE
— Les femmes ne sont pas faites pour courir ; quand elle fuient, c'est pour être atteintes. J.-J. Rousseau.
— Il y a des beautés si engageantes, que si on ne fuit san hésiter, on ne fuit pas loin. On ne peut aller tout au plus qu de la longueur de ses chaînes. Rochebrunb.
aRCÉ.
Sur un rocher désert, l'efitroi de la nature, Dont Taride sommet semble toucher les deux, Circé, pâle, interdite et la mort dans les yeux, Pleurait sa funeste aventure.
Là, ses yeux errants sur les flots, D'Ulysse fugitif semblaient suivre la trace. Elle croit voir encor son volage héros; Et cette illusion soulageant sa disgrâce. Elle le rappelle en ces mots»
Qu'interrompent cent fois ses nieurs et ses sanglots:
f Cruel aatear des troubles de mon Ame, Qae la pitié retarde un peu tes pas ; Tourue un moment tes yeux sur ces climatf ; Et si ce n'est pour partager ma flamme, Reviens du moins pour hAter mon trépas.
» Ce triste coeur, devenu ta victime, Chérit encor Tamour qui Ta surpris :
Fatal amour ta haine en est le prix ! Tant de tendresse, 6 dieux, est-elle un crime Pour mériter de si cruels mépris ! »
Cest ainsi qu*en regrets sa douleur se déclare; Hais bientôt de son art employant le secours, Pour rappeler Fobjet de ses tristes amours, Elle invoque à grands cris tous les dieux du Ténare
Inutiles eflbrts ! amante infortunée.
D'an dieu plus fort que toi dépend ta destinée : Tu peux faire trembler la terre sous tes pas. Des enfers déchaînés allumer la colère,
Mais tes fureurs ne feront pas
Ce que tes attraits n*ont pu faire.
Ce n*est point par effort qu'on aime; L*amour ost jaloux des ses droits ; II ne dépend que de lui-même ; On ne l'obtient que de son choix.
Tout reconnaît sa loi suprême ; Lui seul ne connaît point de lois.
Dans les champs que Thiver désole
Flore vient rétablir sa cour :
L'alcyon fuit devant Éole,
Éole le fuit à son tour ;
Mais 8ii6i que PAmour s'envole.
Il ne connaît plus de retour. J.-B. Rousskau.
"* L'amour est déjà bien loin quand on pense à le retenir.
Bruts.
"^ Les femmes sont comme Tombre qui marche à nos côtés : ^^"^^ après, elles vous fuient; fuyez, elles courent après vous.
D^Aelincourt.
/^ Le premier mouvement de l'amour est de fuir ce qu'il *^he, et le second de regretter ce qu'il a fui. M"" de Gieabd». "^ L'amour s*en va conune il Vient, malgré nous.
GAIiASTr.
— Le moindre défaut des femmes galantes est la galanterie.
La Rochefoucauld.
— Les femmes galantes se conduisent avec ceux qu^elles prétendent aimer, comme les buveurs avec un broc rempli de vin : tant quMl contient encore un peu de liqueur, ils le caresseat avec plaisir; ils le jettent à terre aussitôt qu*il est vide.
ROGHEBRUME.
— Une femme galante traite les hommes comme un habile Joueur d'échecs en use avec ses pions. Elle ne s'attache pas assez k un seul pour n*avoir pas l'œil sur un autre qui pourrait lui procurer de plus grands avantages. Pope.
— Une femme galante veut qu*on Taime; il suffît à une coquette d'être trouvée aimable et de passer pour belle. Celle* là cherche à engager; celle-ci se contente de plaire. La première passe successivement d'un engagement à un autre; 1* •econde a plusieurs amusements tout à la fois. Ce qui domina dans l'une, c'est la passion et le plaisir ; et dans l'autre, c'est la vanité et la légèreté. La galanterie est un faible du coeur oo peut-être un vice de la complexion : la coquetterie est un dé" règlement de l'esprit. La femme galante se fait craindre, et \B coquette se fait haïr. L'on peut tirer de ces deux caractères d€ quoi en faire un troisième, le pire de tous. La Bruyère.
— Une femme galante est un anneau qui circule dans IJ société, et que chacun peut mettre à son doigt. Sophie ÀRNOULD^i
— C'est un recueil d'historiettes dont la préface est le plut Joli chapitre; on se le prête, on s'en amuse ; mais le livre trouve tant de curieux, il est sitôt lu, qu'enfin il se délabre, et bientôt il ne reste aux derniers lecteurs que l'errata. La même.
— C'est un billet en circulation qui a d'autant plus de valeoi qu'on y lit plus de signatures. Arsène Hoiissate.
— Ce sont des chiens de chasse qui ne suivent que le fusil
Charles Lemeslg.
— Une femme galante soupçonne toutes les autres de l'être.
M*"* DE PUISIBUX.
— Les femmes galantes ressemblent à ces torrents qu changent très souvent de lit, et que les hasards grossissent dam leur course. M. os BitvtB
— Une femme galante soutenait effrontément devant le philosophe Aristippe qu'il était le père de l'enfant qu'elle portai dans son sein. — Si vous aviez maiché longtemps à traven un buisson d'épines, est-ce que par hasard, lui demanda l'élèvi de Socrate, vous pourriez me dire quelle est celle qui, eotn
toutes, TOUS a piquée? — Non assurément, répondit la courtisane. — Eh bien ! feprit le philosophe, pourquoi donc m^attribaez-Tous entre tous la paternité de votre enfant? A. R.
— La dévotion est Tasile le plus honnête pour les femmei galantes; mais il en est peu qui puissent passer de Tamour dei bdmmes à Tamour de Dieu; et qui, pleurant de regret, sachent te persuader que c'est de repentir. Hesharis.
— Le cceur d'une femme galante est comme une rose dont chaque amant emporte une feuille; il ne reste bientôt plus que répine au mari. Sophie Arnocld.
-- Les femmes galantes ressemblent à ces chiens mal appris qii aiment mieux les os que ceux qui les leur Jettent.
Adrien Dupot.
— Lorsque la beauté, ce principal outil de leur métier, OMoqoe aux femmes galantes, il leur reste encore quelque cboK gui fait leur force, c'est la bêtise des hommes.
Jules Lecoktb.
—Les femmes galantes s'enorgueillissent des extravagances de leur toilette, comme les laquais des dorures de leur livrée.
Adolphe Ricard.
— Ce qui se trouve le moins dans la galanterie, c'est de rimoor. La Rochefoucauld.
^ 11 y a peu de galanteries secrètes : bien des femmes ne tODt pas mieux désignées par le nom de leurs maris que par tthii de leurs amants. La Bhuyère.
-- On ne compte d'ordinaire la première galanterie des femmes que lorsqu'elles en ont eu une seconde.
La Rochefoucauld.
^ C'est le point le plus important de la morale des femmes, ^de douter de tout ce qu'on leur dit en galanterie.
M"* DE Sartort.
. •» La galanterie est l'art de dire poliment aux femmes le confire de ce qu'on pense à leur égard. Que celte galanterie leur fiitde tort! Mais la plupart d'entre elles trouvent qu'un homme galant est un homme poli ; et qu'un homme seulement poli est un grossier qui ne sait pas vivre. Rocherrune.
— Notre liaison avec les femmes est fondée sur le bonheur attaché aux plaisirs des sens, sur le charme d'aimer et d*étre *iiné, et encore sur le désir de leur plaire, parce que ce sont ^ Juges très éclairés sur une partie des choses qui constituent ^ mérite personnel. Ce désir général de plaire produit la gi*
lanterie, qui n'est point l'amour, mais le léger, mais le perpétuel mensonge de l'amour. Montesquieu.
— On peut trouver des femmes qui n'ont jamais eu de galanteries, mais il est rare d*en trouver qui n'en aient jamais ea qu'une. La Rocbefuccauld.
— Madame Brisard, célèbre par ses galanteries, étant à Plombières, plusieurs dames de la cour ne voulaient point la voir. La duchesse de Gisors était du nombre ; et, comme elle était très dévote, les amis de madame Brisard comprirept que si madame de Gisors la recevait, les autres n'en feraient an^ cune difficulté. Ils entreprirent cette négociation et réussirent. Comme madame Brisard était aimable, elle plut bientôt à la dévote, et elles en vinrent à l'intimité. Un jour, madame de Gisors lui fit entendre que, tout en concevant très bien qu'on eût une faiblesse, elle ne comprenait pas qu'une femme vint à multiplier à un certain point le nombre de ses amants. -^
' « Hélas! lui dit madame Brisard, cl^st qu'à chaque fois j'i|i cru que celui-là serait le dernier! » Châhpfort.
— On a mis tant d'importance à la galanterie, qu'il semble qu'il ne reste plus aucune vertu à celle qui a franchi ce pas. C'est comme la fausse dévote et le mauvais prêtre, en qui Tincrédalité est presque le sceau de la di^pravation. Après avoir commis le grand crime, ils ne peuvent avoir horreur de rien. Diderot.
— Les sens, la curiosité, la paresse et la vanité sont les quatre colonnes du temple de la galanterie.
— La galanterie est un jeu où tout le monde triche : les hommes y jouent la sincérité, et les femmes la pudeur.
J.-B. Sav.
— A soixante-dix ans, Fontcnelle avait de mauvais yeux que la lumière incommodait beaucoup. Une jeune personne qui ne l'ignorait pas, lui dit un soir : — Je vais faire enlever les flambeaux. Monsieur, car je sais que vous aimez l'obscurité. — Non pas où vous êtes, Mademoiselle, lui répondit le galant vieillard. A. R.
GAITTS.
— Quand femme et galant se tiennent, l'amour passe le gant. Proverbe.
— Une jeune femme dont le carrosse venait de verser sur les bords de la Seine, appelait à son secours et poussait des cris de détresse. Duclos, l'auteur des Mœurs, se baignait à peu de distance. Il entend ces cris, et sans prendre le temps de passer sa chemise, il accourt, nu comme un ^er, près de la belle éplo-
— Madame, lui dit-il avec la plus exquise politesse, et i tendant la main pour la relever, pardonnez-moi de ir pas de gants. A. R.