‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 90 sur 228 · FORCE · texte numérisé non relu

FORCE

-^ Il n^est pas possible que des personnes qui se m tans se connaître vivent longtemps fort unies. Vous feri pendant un de ces mariages , mademoiselle, et vous comme les autres. Vous épouserez dans la ferme réso d'être sage; vous ne penserez jamais qu'une fenmie cesser de l'être, même avec un mari qu'elle n'aime Puissiez-vous conserver toujours ce préjugé, et n'éprouv mais de quel courage et de quelle vertu il faut être • pour ne pas céder à roccasion, et combien il est difficile pas se laisser entraîner par l'exemple ! Une jeune femme butte aux sollicitations, aux empressements de presque te hommes qui la voient. Dans le nombre, il peut s'en reno fin qui lui plaise ; et alors, adieu les résolutions. On s'éto et l'on apprend bientêt aux dépens de sa vertu, qu'il ne fa trop compter sur ses forces. M"* de Rnux

— Dans une officialité.

Ces jours passés, une soubrette

Passablement belle et bien faite.

Et d'une robuste santé, Avec la bienséance ayant fait plein divorce. Dit qu'un vieux médecin l'avait prise par force. Qu'il fallait ou le pendre, ou qu'il fût son mari. — «Mais comment, dit le juge, a-t-il pu vous y pre Vous êtes vigoureuse; U fallait vous défendre,

L'ayoir égratigné, dévisagé, meurtri...

— Oai da! monsieur, répondit-elle, Pai d*Ia force quand je querelle^ Mais je n*en ai pas quand je ri. Booraadlt.

~ Oo D*e8t jamais absolument vaincu par I*amour quand on Teat loi résister fortement, et cette passion n*a d*autre force ^e celle qu*on lui donne. M"* de Scudéri.

— De notre volonté Tamour tient son pouvoir,

Et pour ne plus aimer il suffit de vouloir. Quinâult.

'-- On ne connaît la force de Tamour qu*au moment qu*on l*éproave. L*abbé Prévost.

-- La passion de Tamour est comme la vapeur : plus elle est ttioiprimée, plus elle a de force.

— n est triste d^aimer sans une grande fortune qui nous donnerait les moyens de combler ce que Ton aime, et de le RiMlre si heureux qu'il n'ait plus de souhaits à faire.

La Brdvère.

«— On a de la fortune sans bonheur, comme on a des femmes uns amour. Rivârol.

— Si Ton veut être heureux par la fortune, en se mariant, il ftent la donner ou la recevoir ; on gagne en ceci tout ce qu*on perd, quand toutefois on choisit bien, ce qui n'est pas toujours fidie. J. Joubert.

— Là où les violons se font entendre, les femmes y courent : qoaod on a la fortune pour soi, on a toujours de son côté celles ipn lai ressemblent. Adolphe Ricard.

-» Les femmes n'ont ni goût ni dégoût. Il n'est pas de noDstre de sottise ou de laideur qui en soit réduit à mourir vierge et célibataire s'il a 200,000 livres de rente. Stahl.

— La fortune dédaigne les vertus, comme par droit de représailles. Un moyen presque sûr de la trouver, c'est de se détacher de ce qu'elle dédaigne. Une belle femme furt sage ^te avec sa vertu et la fortune avec laquelle elle est née. Veut-elle l'augmenter? Ce n'est qu'au moyeu d'un sacrifice 406 les femmes galantes connaissent bien. On nous a ôté tous ^ moyens de nous élever avec décence ; il ne nous en reste <iu'an, qui, même en nous élevant, nous avilit. M*"* de Rieox.

— EDorgueillis par de faciles conquêtes, sans vertus et sans ^lents, les hommes à bonnes fortunes séduisent les femmes Perdes travers, se font un plaisir de leur désespoir, et mettent

toute leur gloire & les tromper. Ces fiers conquérants du se sont presque toujours les plus petits du nôtre. Quelques agr ments dans la figure, un air folâtre, un continuel badinag voilà ce qui leur tient lieu de vertus auprès des femmes, qi d'ordinaire aiment à se retrouver dans leurs amants, ( ne font que continuer à s'aimer dans la personne de leurs adc rateurs. Ajoutez que ces hommes, espèce d'oiseleurs qui foc crier les oiseaux qu'ils ont pris pour en appeler d'autres, a hommes semblent, par les indiscrétions, les infidélités et le ruptures, tourner la tête à toutes les femmes, et augmente , chaque jour le nombre de leurs conquêtes. C'est que les fem mes, semblables à ces sauvages qui n'estiment un des leurs qu* mesure qu'il est couvert de cicatrices aflfreuses, les femme n^aiment un homme qu'à proportion du nombre de femmes qa' a déshonorées. Rochebsune.

— Les femmes se jugent avec tant d'équité, que les res pecter serait être indigne de leur plaire ; et la première qaalil de rhomme à bonnes fortunes est d'être souverainement im pertinent. J.-J. Rousseau.

— Il y a un démon qui entraîne les femmes vers les homme à bonnes fortunes. Soit caprice, soit ennui des fadeurs, elk prennent goût à l'insolent qui les réveille. Les Noirs sacec avec avidité des dragées de sel ; et nous, si l'on nous ouvre a Jardin, nous courons aux fruits verts. Lemontet.

— Les hommes à bonnes fortunes sont de petits persoi nages qui, sans avoir les qualités de leur sexe, ont tous les vic( ie Tautre. Adrien Duput.

— Il en est de certains hommes à bonnes fortunes, coma de ces chasseurs qui s'imaginent avoir tué le gibier qu'ils ach tent. Achille Poincelot.

— Tous les hommes sont portés à être fourbes avec 1 femmes. Cela vient, je crois, de la mauvaise opinion qu'ils o d'elles. Cependant je ne vois rien de si ordinaire que des fei mes dupes de leurs choix, et se repentir de les avoir faits, suis persuadée que de cent commerces galants, il n'y en a peu être pas dix qui soient rompus par la faute des femmes. Ri n'est si commun que des hommes infidèles, et peu de femm ont manqué les premières. La plupart de celles qui ont oubi leur devoir, ont fait les premiers pas par vengeance, et les a' très par goût. M"* de Rieux,

FBJLGlLITi,

— Les femmes sont d'autant plus disposées & la jalousie, : qu'elles saveut par expérience que c'est la fragilité de leur sexe

qui fait VincoDStaDce du nôtre. Adolphe Ricabd.

— - Oui, femmes, quoi qu'on puisse dire, Vous avez le fatal pouvoir De nous jeter par un sourire Dans rivresse ou le désespoir.

Oui, deux mots, le silence même, Un regard distrait ou moqueur, Peuvent donner à qui vous aime Un coup de poignard dans le cœur.

Oui, votre orgueil doit être immense,

Car, grAce à notre lâcheté.

Bien n'égale votre puissance.

Sinon votre fragilité. Alfred de Musset.

FAANCHISX.

[ . ^^ franchise chez les femmes n'est presque jamais qu'une ^ incoDséqaence. Charles Lemesle.

^Les hommes, pour la plupart, ont si peu de foi à la franchise des femmes, que c'est presque pour elles une vertu de dupe. Aduien Dupuy.

— La femme galante a sur la prude l'avantage de la francbise. Fëuçhères.

— Il n'est pas aisé de se sauver de certains mots qu'on ha- 5arde souvent sans y penser, ou de propos délibéré, et qui déplaisent. Si Ton disait, par exemple, à une femme qui a les dents laides, qu'on ne peut être jolie sans de belles dents ; ou à une femme sur le retour, qu'il faut renoncer à plaire à quarante 3Qi; quelque présence d'esprit qu'on eût, elle ne servirait de nea contre de telles imprudences, et aucun compliment ne serait capable de pallier des vérités si dures. Un homme qui tombe dans de pareilles fautes, et qui s'en aperçoit, n'a d'autre Wi à prendre que de gagner la porte sans rien dire.

M"* DE RlEUX.

FROIBSUR.

— Les froideurs et les relâchements dans l'amitié ont lean causes; en amour, il n'y a guère d'autre raison de ne s'aimer plus, que de s'être trop aimés. Là Bruyère.

— Dans les liaisons de cœur, comme dans les saisons, les premiers froids sont les plus sensibles. M"' de Coulànges.

— La recette contre le refroidissement de Tamour dans le mariage est simple et facile ; c'est de continuer d*étre amants quand on est époux. Les nœuds qu*on veut trop serrer, rompent. Voilà ce qui arrive à celui du mariage, quand on Teat lui donner plus de force qu'il n'en doit avoir. La fidélité qu'il impose aux deux époux est le plus saint de tous les droits; mais le pouvoir qi^il donne à chacun des deux sur l'autre est de trop. La contrainte et l'amour vont mal ensemble, et le plaisir ne se commande pas. Ce n'est pas tant la possession qui rassasie, que l'assujettissement. Voulez-vous donc être l'amant de votre femme? Qu'elle soit toujours votre maîtresse et la sienne. Soyez amant heureux, mais respectueux ; obtenez toat de l'amour sans rien exiger du devoir ; et que les moindres faveurs ne soient jamais pour vous des droits, mais des grâces; souvenez-vous toujours que, même dans le mariage, le plaisir n'est légitime que quand le désir est partagé. J.-J. Rousseau.

» Les femmes qu'on croit les plus froides ne sont qaelqaeroîs que les plus timides. .Lâbodisse.

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