‹ L'amour médecinChapitre 4 sur 19 · AMINTE · texte numérisé non relu

AMINTE

Pour moy, ie ne ferois point tant de façon, et ie la marirois fort bien, et le plustost que ie pourrois , auec cette personne qui vous la fit, dit-on, demander, il y a quelque temps.

LVCRECE.

Et moy, ie tiens que vostre fille n'est point du tout propre pour le Mariage. Elle est dVne complexion trop délicate et trop peu saine, et c'est la vouloir enuoyer bien-tost en l'autre

Comédie. 5

monde, que de l'exposer comme elle est à faire des enfans. Le monde n'est point du tout son fait, et ie vous conseille de la mettre dans vn couuent, où elle trouuera des diuertissemens qui seront mieux de son humeur.

SGANARELLE

Tous ces conseils sont admirables asseurément : mais ie les tiens vn peu intéressez,, et trouue que vous me conseillez fort bien pour vous. Vous estes Orfèvre, Monsieur Iosse, et vostre conseil sent son homme qui a enuie de se défaire de sa marchandise.. Vous vendez des tapisseries, Monsieur Guillaume, et vous auez la mine d'auoir quelque tenture qui vous incommode. Celui que vous aymez, ma voisine, a, dit-on, quelque

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inclination pour ma fille, et vous ne seriez pas faschée de la voir la femme dVn autre. Et quant à vous, ma chère nièce, ce n'est pas mon dessein, comme on sçait, de marier ma fille auec qui que ce soit, et i'ai mes raisons pour cela. Mais le conseil que vous me donnez de la faire Religieuse, est dVne femme qui pourroit bien souhaitter charitablement d'estre mon héritière vniuerselle.

Ainsi, Messieurs et Mesdames, quoy que tous vos conseils soient les meilleurs du monde, vous trouuerez bon, s'il vous plaist, que ie n'en suiue aucun. Voila de mes donneurs de conseils à la mode.

Comédie. 7

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