DXXXIX
L'amour, môme le plus pur, naît des sen?, et cependant la femme y cherche moins .sa propre satisfaction que celle de l'objet aimé. Souvent elle cède pour donner la dernière et la plus grande preuve de sa tendresse. Ce sacrifice ajoute à son AMOUR tout le prix qu'elle attachait à sa vertu. L'homme, au contraire, est dévoré de désirs, tant qu'il n'a pas tout obtenu. Chaque faveur n'est pour lui qu'un droit de plus à une entière possession; mais, dès qu'il y est parvenu, son ardeur se calme et le plus ordinairemeal s'éteint. La nature, en exigeant
de lui une exaltation et une énergie physiques qu'elle ne demande pas à la femme, semble avoir voulu réserver plus spécialement à l'un l'enivrement des sens , à l'autre les vives émotions de l'âme. Aussi I'amour est-il presque toujours, dans l'homme, égoïste et sensuel; dans la femme, dévoué, tendre et délicat; et la jouissance, qui détache l'un, enchaîne l'autre.
(Laténa.) DXL
L'amour feint est plus parfait que I'amour Véritable : voilà pourquoi tant de femmes s'y trompent. (Balzac.)