DXLV
Il y a bien des amours où le cœur n'a point de part, il y en a plus de ceux-là que d'autres même, et dans le fond c'est sur eux que roule la nature, et non pas sur nos délicatesses de sentiments qui ne lui servent de rien. C'est nous le plus souvent qui nous rendons tendres, pour orner nos passions; mais c'est la nature qui nous rend amoureux; nous tenons d'elle l'utile que nous enjolivons de l'honnôle, j'appelle ainsi le sentiment; on n'enjolive pourtant plus guère; la mode en est assez passée dans ce temps où j'écris. (Marivaux.)
DXLVl
Il est un jeu divertissant sur tous,
Jeu dont l'ardeur souvent se renouvelle;
Il divertit et la laide et la belle;
Soit jour, soit nuit, à toute heure il est doux.
Or, devinez commeot ce jeu s'appelle?
Le beau du jeu n'est connu Je l'époux; C'est chez l'amant que ce plaisir excelle; De regardants, pour y juger des coups, 11 n'en faut point; jamais on n'y querelle; Or, devinez comment ce jeu s'appelle?
(La Fontaine.)