DXLVII
C'est un des miracles de I'amour de nous faire trouver du plaisir à souffrir ; et de vrais amants regarderaient comme It»
pire des malheurs un élat d'indifférence et d'oubli qui leur
ôterait tout le sentiment de leurs peines. (J. J. Rousseau.)
DXLVIll
Une femme refuse souvent ce dont elle a le plus envie
Ne désespérez jamais de réussir; car de premiers dédains ne rendent que plus vif I'amour qui leur succède. Si elle vous montre un front sévère, ce n'est pas qu'elle vous déteste, c'est uniquement pour augmenter votre amour; si elle vous parle avec aigreui', ce n'est pas pour se délivrer de votre présence, car rien ne dépite les femmes comme la solitude ; c'est à les rendre folles. Quoi qu'elle puisse vous dire, ne la prenez pas au mot. Sortez, dans sa bouche, ne veut pas dire Allez-vousen. Flattez, louez, vantez, exaltez ses attraits ; fût-elle noire, dites qu'elle a une figure d'ange. Je le maintiens, l'iiommc qui a une langue n'est pas homme, s'il ne peut avec cela conquérir une femme. (Shakspeare.)
DXLJX
L'amour aime à varier les emportements de la passion par Id molle langueur de ces repos où les âmes sont lancées si haut dans l'extase, qu'elles semblent y oublier l'union corporelle. (Balzac.)
DL
Bien que tout le mal que l'on dit des femmes soit toujours fondé par quelque point, il est néanmoins difficile aux hommes de garder le sang-froid nécessaire pour bien les 'railler, et il y a souvent bien de I'amour dans leurs invectives. J'ai remarqué que ce sont les plus tendres, et ceux qui avaient le plus le sentiment de la femme, qui les traitaient plus mal que tous les autres, et qui revenaient à ce sujetavecun acliarnement tout particulier, comme s'ils leur eussent gardé une mortelle rancune de n'être point telles qu'ils les souhaitaient,
en laisanl mentir la bonne opinion qu'ils en avaient conçue d'abord. (Théophile Gautier,)
DLl
Quand l'on aime, on se persuade que l'on découvrirait la passion d'un autre : ainsi l'on a peur. (Pascal.)
DLli
L'amour est une passion violente et piperesse. Il se faut gendarmer contre elle, et se gaider de ses appas ; plus elle vous mignarde, plus elle est traîtresse, car elle nous veut embrasser pour nous estrangler, et nous appaster de miel pour nous saouler de fiel. (Chairon.)
DLlll
Quand on aime, les plus grands sujets de rupture ne tiennent point contre une passion violente; ils deviennent plus faibles que les moindres préteites. On en souflfre, on s'en plaint; mais I'amour toujours plus fort, ou les adoucit, ou les surmonte. Quand on n'aime plus, les prétextes les plus légers deviennent des raisons sérieuses; on affecte, en cessant d'aimer, les mêmes délicatesses et les mêmes soupçons que l'on avait accoutumé d'avoir en aimant. On donne un mauvais sens auï actions les plus sincères; et ramenant tout au dessein de rompre un commerce qui cesse d'être agréable, on feint d'être rebuté de souffrir, quand on ne trouve plus de plaisir à aimer. (Saint-Évremont.)
DUV
L'*MO0lt, par ses doacenrs et ses farenrs étranges. Offre aux amants le ciel et l'enfer tour à tour:
La jalousie est la sœur de I'ahour,
Gomme le diable est le frète des anges.
(Boufflers.)