DCCX
Quoi de plus sot dans nos mœurs actuelles, que la préscnlalion officielle et presque sentimentale du fulm- à la j Mine fille! Cette prostitution légal*3 va jusqu'à choquer li [.u.Jcur. « Je viens de voir, celle après-midi, 17 février 1700, — dit Champfort, — une cérémonie de rainille, comme on di'.c'cïlà-dire des hommes réputés honnêtes, une société reypet table, applaudir au bonheur de mademoiselle de Marille, jeune per-
sonne belle, spirituelle , qui obtient l'avantage de devenir l'épouse de M. R..., vieillard malsain, repoussant, malhonnête, imbécile, mais riche, et qu'elle a vu pour la troisième fois aujourd'hui en signant le contrat. »
Si quelque chose caractérise un siècle infâme, c'est un pareil sujet de triomphe, c'est le ridicule d'une telle joie; et, dans la perspective, la cruauté prude avec laquelle la môme société versera le mépris à pleines mains sur la moindre imprudence d'une pauvre femme amoureuse.
Tout ce qui est cérémonie, par son essence d'être une chose affectée et prévue d'avance, dans laquelle il s'agit de se comporter d'une manière convenable , paralyse l'imagination et ne la laisse éveillée que pour ce qui est contraire au but de la cérémonie et ridicule. Une pauvre jeune fille, comblée de timidité et de pudeur, souffrante durant la présentation officielle du futur, ne peut songer qu'au rûle qu'elle joue; c'est une manière sûre d'étouffer l'imagination. (Stendhal.)
DCCXI
Lorsque l'ivresse de I'amour est passée, on rit souvent des comparaisons qu'elle nous a fait faire. (Ninon de l'Enclos.)